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Crise de la zone euro : coup de projecteur sur l'Irlande, la Grèce et la France

Revue de presse 16.12.2013

Si l'Irlande connaît une embellie en devenant, dimanche 15 décembre, le premier Etat membre de la zone euro à s'affranchir d'un plan d'aide international, l'heure n'est pas à la fête dans ce pays où la demande intérieure est déprimée par un chômage élevé.

La Grèce réclame pour sa part une réduction de sa dette tandis qu'en France, Mario Draghi estime que, bien que le pays fait de "gros efforts", il doit "continuer sur le chemin des réformes"

 

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L'Irlande est devenue officiellement dimanche le premier pays de la zone euro sous assistance financière à s'affranchir de l'aide de ses partenaires. Une étape dont s'est félicité Dublin tout en avertissant que l'austérité continuera, rapporte Challenges.

"L'Irlande sort du plan d'aide UE-FMI ce soir", a annoncé le Premier ministre irlandais Enda Kenny, ajoutant qu'il présenterait cette semaine un programme économique sur sept ans, destiné à "garantir que jamais plus la stabilité de l'Irlande ne soit menacée par la spéculation et l'avidité". "Nous ne renouerons jamais avec cette culture" a-t-il insisté, tout en ajoutant que la vie de la population, éprouvée par une cure d'austérité drastique, ne changera "pas du jour au lendemain" [Le Monde].

Dublin avait été contraint d'accepter un plan d'aide de l'Union européenne et du Fonds monétaire international de 85 milliards d'euros en 2010, quand l'explosion de la bulle immobilière menaçait son système bancaire d'une faillite totale.

Trois ans plus tard, la sortie de ce plan de sauvetage international "est une étape importante, mais ce n'est pas une fin en soi" a prévenu le chef du gouvernement.
Saluant les "sacrifices" consentis par la population irlandaise, il a souligné que "pour beaucoup, les récentes améliorations de la situation économique ne se sont pas encore fait sentir dans la vie quotidienne".

Mais il a indiqué que "ce n'était pas le moment de changer de direction", et qu'il fallait "poursuivre des politiques budgétaires prudentes". Le pays de 4,6 millions d'habitants, qui a reçu ses dernières tranches d'aide de la zone euro et du FMI cette semaine, fait désormais figure d'exemple pour les trois autres Etats européens encore sous assistance financière : Chypre, la Grèce et le Portugal [L'Express].

En Grèce justement, le Premier ministre Antonis Samaras a exhorté la zone euro à confirmer au début de l'année prochaine une nouvelle réduction d'une partie de l'énorme dette de son pays, dans une interview dimanche au quotidien libéral Kathimerini. "Nous insistons pour que la décision d'une autre réduction de notre dette soit prise au printemps, dès que le montant de l'excédent primaire aura été annoncé", a déclaré Samaras, cité par La Tribune.

En novembre 2012, les ministres des Finances de la zone euro avaient convenu qu'une nouvelle réduction de la dette de la Grèce serait possible, si le pays respectait les modalités de son plan de sauvetage et réalisait un excédent primaire (hors coûts du service de la dette).

Après six années de récession continue, le pays espère réaliser un léger excédent primaire en 2014, tandis que le budget approuvé la semaine dernière par le parlement prévoit une croissance du PIB de 0,6%. Mais la République hellénique est toujours en négociation avec la troïka des créanciers (BCE, UE et FMI), pour surmonter les désaccords sur le besoin des financements en 2014 et les mesures à prendre pour débloquer une nouvelle tranche d'aide d'un milliard d'euros [Le Figaro].

Du côté français, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, donne crédit à l'Hexagone d’avoir engagé "de gros efforts", mais estime qu’il doit "continuer sur le chemin des réformes. Le gouvernement et les Français le savent" [Libération (abonnés)].

M. Draghi l’assure dans le Journal du dimanche : "La compétitivité reste insuffisante et le redressement des comptes publics ne peut plus reposer sur la hausse des impôts. La France a besoin de retrouver une stabilité fiscale pour que les entreprises recommencent à investir".

Interrogé a contrario sur la bonne santé de l’Allemagne, Draghi a souligné que la première économie européenne va mieux que ses voisins parce qu’"elle s’est donné les moyens d’être plus compétitive grâce à des reformes structurelles courageuses".

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