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Crise agricole : Manuel Valls interpelle la Commission européenne

Revue de presse 09.02.2016

"Ce lundi, dans plusieurs régions françaises, les agriculteurs [se sont mobilisés] quelques heures avant le début de la réunion à Matignon : plus d'une centaine de tracteurs d'agriculteurs ont ainsi bloqué dans la matinée les accès à Saintes (Charente-Maritime) […] en Bretagne ou dans le Pas-de-Calais [et] à Arras" [La Tribune]. Alors que la crise agricole ne semble pas en finir, hier Manuel Valls a tancé l'inactivité de la Commission européenne. Depuis plus d'un an et demi, les agriculteurs européens doivent faire face à l'embargo alimentaire russe.

Crise agricole : Manuel Valls interpelle la Commission européenne

Valls accuse la Commission européenne de faire "trop peu ou trop tard"

"Manuel Valls a accusé lundi la Commission européenne de 'faire trop peu ou trop tard' pour résoudre la crise agricole en France, marquée par des baisses de cours, à l'issue d'une rencontre avec les représentants de la grande distribution" [La Croix / AFP]. "Entre levée de l’embargo sanitaire russe sur le porc, fonds de soutien pour la viande porcine et participation des producteurs aux négociations tarifaires, M. Valls a envoyé un message acerbe à la Commission européenne", rapporte Libération qui résume : "Manuel Valls est en colère".

"'Nous avons débloqué des mesures d'urgence depuis le début de la crise mais la crise est aussi européenne', a fait valoir le Premier ministre, demandant à la Commission 'd'activer les pouvoirs dont elle dispose en cas de crise" [La Croix / AFP]. La crise est européenne, une opinion partagée par Marc Dufumier, professeur à AgroParisTech, qui explique dans les colonnes du Monde que "la France et l’Union européenne sont désormais déficitaires pour plus des deux tiers en protéines végétales pour l’alimentation humaine et animale".

Crise européenne, crise française, où va l'agriculture ?

D'après Les Echos, "Manuel Valls en appelle à l’Europe mais aussi à la responsabilité de tous".

"Concrètement, la Commission pourrait acheter ou stocker des produits agricoles (boeuf et poudre de lait...) pour faire remonter les cours. Conscients que la crise est grave et structurelle, François Hollande et Angela Merkel seraient résolus à agir. Même si un porte-parole de la Commission a déjà rappelé qu’'un paquet d’urgence a été approuvé à la fin de l’année passée, d’un demi-milliard d’euros, dont une enveloppe de 420 millions euros à distribuer dans les Etats-membres'", précise le quotidien économique.

Cela ne semble pas suffisant pour la France, dont Le Figaro résume les cinq propositions faites à la Commission européenne. Tout d'abord "la levée de l'embargo russe", suivi de "plus de régulation et un soutien aux marchés". Les exportations devraient également être soutenues, tandis que le mode de fonctionnement du marché laitier devrait être révisé. Enfin, la France appelle à l'étiquetage des produits transformés, une réforme demandée par les consommateurs et les producteurs. A ce sujet, Challenges met en exergue une étude de l'UFC Que Choisir "montrant le peu de transparence des industriels de l'agroalimentaire sur la provenance des viandes" et s'inquiétant du poids des lobbys de l'agroalimentaire dans les enceintes bruxelloises.

La Croix donne la parole à plusieurs spécialistes de la politique européenne de l'agriculture. Pour Michel Barnier, ancien commissaire européen et ex-ministre de l'Agriculture, "les consommateurs devront accepter de payer plus". Une vision peu enthousiaste qui se retrouve dans les propos de José Bové, député européen (EELV), pour qui le modèle est "à bout de souffle car nous avons perdu de vue ce qui devait être l'objectif de l'agriculture : l'autosuffisance alimentaire européenne".

Euractiv reste circonspect : "de l’avis général, l’influence de la France sur les questions agricoles n’est pas au beau fixe depuis l’arrivée de l’Irlandais Phil Hogan aux manettes du portefeuille agriculture à la Commission européenne".

L'ami russe

A la sortie de sa réunion avec les distributeurs, "Manuel Valls a ajouté qu'il rencontrerait samedi le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, et qu'il évoquerait avec lui la levée de l'embargo sanitaire russe sur la viande porcine" [L'Obs / Reuters].

"Bras de fer en vue sur l'embargo russe sur les produits agricoles" résume Euractiv. "Après l’embargo décidé par la Russie sur le porc des régions limitrophes comme la Pologne et l’Allemagne, la Commission européenne a décidé de négocier en bloc, pour l’ensemble des 28 pays. L’excuse de la peste porcine mise en avant par Moscou ne concerne en rien les porcs français et surtout pas bretons. Mais ce faisant, le Premier ministre entame un bras de fer avec la Commission, qui refuse d’ouvrir des négociations pays par pays".

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