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Corps européen de gardes-frontières : la "bombe" de Bruxelles

Revue de presse 16.12.2015

Mardi 15 décembre, la Commission européenne a présenté son projet de création d'un corps de gardes-frontières. "Une véritable bombe", selon Le Monde. "La Commission a l’intention de proposer un règlement visant à créer une véritable agence européenne de gardes-côtes et de gardes-frontières, constituée de milliers de personnels mobilisables rapidement, et qui aurait la capacité de s’autosaisir en cas de menace jugée grave à une frontière de l’Union", rapporte le quotidien.

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Une proposition que Dimitris Avramopoulos, commissaire européen aux Migrations, qualifie de "très sensible", mais également "indispensable pour sauver Schengen, pour sauver la libre circulation des citoyens", rapporte l'envoyée spéciale de RFI.

"Les mesures dévoilées mardi par l'exécutif européen 'vont augmenter la sécurité pour nos citoyens', a souligné M. Avramopoulos, après la présentation de cette nouvelle agence, qui compterait des effectifs permanents de quelque 1.000 personnes" [Le Point / AFP].  L'agence dispose actuellement d'un personnel permanent de 400 personnes.

Il serait également possible pour cette agence Frontex rénovée, dans l'état actuel du texte, d'intervenir "même là où il n'y a pas de demande d'aide de l'Etat membre concerné ou lorsque cet Etat membre estime qu'il n'y a pas besoin d'une intervention" [L'Express / AFP].

Selon Le Monde, "ce projet […] marquerait une avancée considérable vers une gestion commune des frontières de l’Union. Il suppose toutefois des abandons de souveraineté qui ne manqueront pas de faire débat".

"Soutenu par Berlin et Paris, le projet devra être examiné par le Parlement et le Conseil de l'UE, regroupant les Etats membres" [L'Express / AFP]. Or, "les pays gouvernés par des majorités très nationalistes (Pologne, Hongrie) seraient déjà critiques, comme leurs partenaires tchèques et slovaques. L’Espagne et Chypre confient également leur scepticisme" [Le Monde].

Pour rappel, la procédure législative requise lors de l'adoption d'un tel texte est un "processus qui peut prendre de longs mois", la probabilité que le texte soit adopté en l'état est donc faible [Libération / AFP].

A côté de l'agence Frontex, la Commission a également présenté un projet de "modification du code Schengen pour instaurer des contrôles systématiques des ressortissants européens aux frontières de l’espace de libre circulation" [RFI].

"Désormais, tous les citoyens entrant et sortant du territoire Schengen [seraient] systématiquement contrôlés". De plus, "pour faciliter le retour des migrants illégaux, un autre objectif central des Européens, Bruxelles propose la généralisation d’un "document de voyage européen'", rapportent Les Echos.

Par la même occasion, Bruxelles dresse son bilan des solutions proposées afin d'endiguer la crise migratoire. Un bilan "très mitigé, […] 1,5 million de réfugiés sont entrés 'illégalement' en Europe depuis janvier". Le mécanisme de relocalisation "démarre très lentement" : à ce jour, seuls 64 réfugiés ont été relocalisés [Le Monde].

Conséquence directe de ce constat, "ces annonces ont également été l’occasion pour la Commission de relancer le dossier délicat des 'réinstallations'" [Les Echos].

En effet, "répondant à l'appel pressant de Berlin, la commission Juncker vient d'inviter les pays de l'UE à accueillir davantage de réfugiés de guerre parvenus en Turquie, après avoir fui la Syrie. Il s'agit d'une simple recommandation européenne, texte sans valeur contraignante ni objectif chiffré", explique le correspondant du Figaro à Bruxelles.

Pour débattre de cette question, "huit chefs de gouvernement de l'UE, emmenés par Angela Merkel, doivent rencontrer jeudi à Bruxelles le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu" [Le Figaro].

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