Derniers articles publiés

Contentieux halieutique franco-britannique, sur fond de négociation du Brexit

Revue de presse 03.09.2018

Alors que les négociations sur le Brexit patinent entre Londres et Bruxelles, la pêche de la coquille Saint-Jacques fait l'objet d'un contentieux entre Français et Britanniques dans la Manche. Les ministres de l'Agriculture des deux pays annoncent une rencontre bilatérale entre les pêcheurs mercredi 5 septembre, suite à des altercations la semaine dernière. 

Un navire de pêche français rentrant dans le port de Barfleur, en Normandie

Un navire de pêche français rentrant dans le port de Barfleur, en Normandie - Crédits : lilly3 / iStock

Coquille de la discorde dans la Manche

"Des coquillards grondant dans la houle et se jetant proues baissées les uns sur le flanc des autres ; des fumigènes, de la tension et de la colère écumante". L'Humanité décrit, non sans un certain sens du vers, la bataille de la coquille Saint-Jacques qui anime pêcheurs français et britanniques dans la Manche depuis plusieurs jours. "Les dernières altercations, mardi 28 août, se sont déroulées au sud d’une ligne allant de Barfleur au cap d’Antifer", précise La Croix.

Cette opposition n'a pourtant rien de vraiment nouveau : "ce conflit, né il y a plus de quinze ans, s’est envenimé ces dernières années" [La Croix]. Derrière ces accrochages maritimes réguliers entre les pêcheurs français et britanniques se cache un défaut d'harmonisation des règles de pêche. Ainsi, selon Les Échos, les marins français "se sont imposés des règles pour la préservation du précieux mollusque, dont l'interdiction de pêcher entre le 15 mai et le 1er octobre". Cette interdiction ne concerne pas les pêcheurs britanniques, d'autant plus que "la réglementation européenne les autorise à pêcher la Saint-Jacques à proximité des côtes normandes".

Un accord avait déjà été trouvé entre marins français et britanniques en 2013, ces derniers "s’engageaient, en échange de [quotas] de pêche supplémentaires, à ne pas venir pêcher la coquille en Manche-Est avant le 1er octobre" [La Croix].

Mais, comme l'indique L'Humanité, "la concurrence n’en reste pas moins déloyale au regard des pêcheurs français : l’interdit estival ne vaut que pour les bateaux britanniques de plus de 15 mètres et ne limite pas leur taille le reste du temps". Catherine Paul, chargée de mission au comité régional des pêches de Normandie affirme dans La Croix qu'en 2013, "trois ou quatre bateaux inférieurs à cette taille venaient pêcher dans cette zone. Aujourd’hui, ils sont plus de quarante, ce n’est plus tenable".

"Le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert s’est entretenu avec son homologue britannique", ajoute La Croix, et "une réunion doit se tenir mercredi [5 septembre] à Londres entre les pêcheurs des deux pays et avec les industriels". Sur fond de Brexit, la Commission européenne "prône de son côté un règlement à l’amiable entre les deux pays". Cette dispute de la coquille Saint-Jacques apparaît en outre représentative de la bataille du Brexit dans son ensemble, vue par certains comme un affrontement à remporter.

Pour Boris Johnson, le Royaume-Uni va perdre la bataille du Brexit

Dans une tribune publiée par le quotidien britannique The Daily Telegraph, "l’ancien ministre des Affaires étrangères britannique, Boris Johnson, a dénoncé une fois de plus les propositions de Theresa May pour le Brexit," rapporte Ouest France. Il estime que "Bruxelles sortira 'victorieuse' des négociations avec Londres".

"Le scandale du Brexit, ce n'est pas que nous avons échoué, c'est que nous n'avons pas essayé", a également déclaré M. Johnson, cité par Les Echos. Selon lui, "et alors même que les pourparlers s'intensifient à Bruxelles, le Royaume-Uni a pratiquement baissé les bras dès le départ", poursuit le quotidien économique.

Sa principale cible : le "plan Chequers", une proposition de la Première ministre Theresa May, "qui prévoit le maintien d’une relation commerciale étroite entre le Royaume-Uni et l’UE après le Brexit", explique Ouest France. Mais "pour ce fervent 'Brexiter', avec les propositions de Chequers, Londres s’est lancé dans la bataille 'en agitant un drapeau blanc'", rapporte également le quotidien. Au bout du compte, M. Johnson déclare craindre "que le résultat inévitable soit une victoire pour l'UE, avec le Royaume-Uni mis au tapis, 12 étoiles tournant symboliquement autour de notre tête à moitié étourdie", [Les Echos].