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Conseil européen : les 27 parviennent à un accord sur la défense

Revue de presse 23.06.2017

Réunis jeudi 22 juin à l'occasion de la première journée du Conseil européen, les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 sont parvenus à un accord sur un fonds européen de défense. Dans un climat de confiance retrouvée, la journée était propice aux discussions constructives, bien que de nombreux sujets restent encore à traiter.

Macron Conseil européen 22 juin 2017

Emmanuel Macron - Conférence de presse à l'issue du Conseil européen 22 juin 2017

Premier conseil d'Emmanuel Macron dans un "rare contexte d'apaisement"

"C'est un fait : il a de la chance", assènent Les Echos à propos du nouveau président de la République. Lors des autres sommets européens, les dirigeants peinaient à dissimuler leurs différends, mais cette fois-ci, "Emmanuel Macron a bénéficié non seulement d'une météo exceptionnellement radieuse, mais aussi d'un rare contexte d'apaisement". Et pour cause, "le scénario europhobe, enclenché il y a tout juste un an avec le Brexit et conforté par l'élection de Trump, semblait inéluctable en décembre. Or, il s'est arrêté net aux portes de Paris. Cela procure au nouveau président un élan, une sorte d'état de grâce européen. Éphémère, certes, mais réel", avance Ouest France.

"Jusqu’à présent, dans sa 'séquence' de politique étrangère, (…) Emmanuel Macron a pratiquement fait un sans-faute", souligne Le JDD, qui se questionne cependant : "Est-ce qu’il a les outils pour y arriver ?". Car "François Hollande et Nicolas Sarkozy avaient été [aussi] très ambitieux au départ et leurs espoirs avaient été déçus", rappelle l'hebdomadaire.

Fort d'une très bonne entente avec la chancelière allemande et d'un rééquilibrage des forces politiques grâce au Brexit, Emmanuel Macron pourrait bien y arriver, note Ouest France. D'autant plus que le nouveau président semble avoir une bonne gestion de sa communication. Lui qui avait mis l'Europe au cœur de sa campagne a ainsi "soigné sa venue à Bruxelles, accordant [cette semaine] une longue interview à un groupe de journaux européens sur son projet d’'Europe qui protège'" [Le Monde].

Du côté européen, la communication a également été revue lors de ce Conseil. "Décidant de manière très inhabituelle d’interrompre leur réunion à 17 h 30 alors qu’elle venait à peine de commencer, Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel, mais aussi les présidents du Conseil, Donald Tusk, et de la Commission de Bruxelles, Jean-Claude Juncker, ont tenu des conférences de presse simultanées pour vanter les 'décisions conséquentes de l’Union européenne'", relate Le Monde. Or, "d’habitude, ces échanges avec la presse n’ont lieu qu’à la fin des discussions entre dirigeants, à une heure trop tardive pour les 'directs' TV et radio". Un timing qui a permis aux dirigeants de bénéficier d'une "belle exposition médiatique" tout en escamotant "les potentiels sujets de discorde", tels que la migration ou la Turquie [Le Monde].

Accord sur la défense

Lors de ces conférences de presse, les dirigeants ont notamment pu annoncer un accord sur la défense. "Alors que Donald Trump veut rebattre les cartes de l’Otan, et que le Royaume-Uni, historiquement rétif à l’instauration d’une défense commune, s’apprête à sortir de l’UE (…), l’idée déjà bien avancée d’instaurer à Bruxelles une 'capacité civile et militaire de planification et de conduite' pour les opérations de l’UE" a fait un grand pas en avant lors de cette première journée de Conseil [La Croix].

"Le Président français a parlé hier 'd'avancées historiques' en matière d'Europe de la défense", rapporte Ouest France. Les 27 se sont en effet mis d'accord sur le financement d'un fonds européen de défense, un montant qui s'élève à 5,5 milliards d’euros, selon la Commission européenne. "Cette somme servirait à financer la recherche et l’innovation mais aussi à mettre de l’ordre dans les commandes en armement, en effectuant des achats groupés", indique La Croix. Ouest France nuance cependant : "Politiquement, oui. L'engagement pris est inédit, mais il faut rester mesuré". En effet, "l'armée européenne, ce n'est pas pour demain. Les 5,5 milliards par an annoncés dans le fonds européen de défense ne représentent qu'1 % du budget américain de la défense".

"Le projet du président de la République serait d’ajouter à cette logique la possibilité d’aller plus loin avec les États membres volontaires. Les moyens et le champ d’intervention de cette 'coopération structurée permanente' restent à définir, précise La Croix. Des projets bilatéraux avec l'Allemagne sont déjà enclenchés et d'autres pays ont également manifesté leur intérêt. Le projet pourrait effectivement voir le jour, rappelle le journal, car "tous les outils existent pour créer une Europe de la défense, depuis le traité de Lisbonne en 2009".

Parmi les autres sujets à l'agenda ce jeudi, les États membres "ont décidé de mieux lutter contre les discours de haine sur internet" dans la lutte anti-terroriste [Les Echos], ils ont également "jugé indispensable de prolonger de six mois les sanctions économiques contre la Russie" [RFI].

Les 27, "preuve de leur unité, selon eux", sont également tombés d'accord sur un sujet "potentiellement conflictuel : la procédure de sélection des villes qui accueilleront après le Brexit l'Autorité bancaire et l'Agence des médicaments européennes", dont la décision finale sera prise lors d'un vote ministériel des 27 en novembre, a précisé Donald Tusk [La Croix].

Des défis restent à être relevés par les 27

Malgré des avancées notables ce jeudi, des sujets brûlants restent sur la table des dirigeants européens. Parmi ceux-là, celui du Brexit, qui risque d'être encore présent pendant plusieurs mois. Mais preuve de la bonne dynamique de ce Conseil, Theresa May, qui n'a pas participé aux réunions, a présenté pour la première fois lors du dîner du Conseil européen des positions concrètes sur le sort des ressortissants européens au Royaume-Uni. Ainsi, "aucun citoyen européen demeurant légalement au Royaume-Uni ne sera forcé de le quitter après le départ effectif de la Grande-Bretagne de l’Union européenne". Les modalités restent à définir, mais la Première ministre britannique a d'ores et déjà prévenu qu'en cas de litige, seule la Cour suprême britannique sera en capacité de trancher, excluant toute compétence de la Cour de justice de l'Union européenne [RFI].

Sur ce sujet, Angela Merkel a réaffirmé sa volonté de travailler au futur de l'Union européenne plutôt que de s'attarder sur la question du Brexit. "Pour moi, façonner l'avenir à 27 membres est prioritaire par rapport à la question des négociations avec la Grande-Bretagne sur sa sortie". Sur la même ligne, Donald Tusk a affirmé qu'"il doit être clair que le sommet européen n'est pas un forum pour les négociations du Brexit", rapporte La Croix.

"Après avoir abordé les questions de défense jeudi 22 juin, Emmanuel Macron doit aborder vendredi le commerce, le marché intérieur, et la gestion migratoire", indique La Croix. Des sujets importants, sur lesquels la France devra défendre ses positions.