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Conseil européen : le budget, un sujet "explosif"

Revue de presse 26.02.2018

Vendredi 23 février, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, exceptée la Première ministre britannique, se sont réunis à Bruxelles dans le cadre d'un Conseil européen informel. Ont été discutés : le Brexit, le budget de l'Union européenne une fois le retrait britannique acté et les élections européennes 2019.

Donald Tusk

Le président du Conseil européen Donald Tusk, lors d'une conférence de presse le 23 février 2018 - Crédits : Union européenne

Vendredi 23 février, les Vingt-Sept se sont réunis, sans le Royaume-Uni, pour un sommet informel sur l'avenir de l'Union européenne. Les dirigeants européens ont principalement évoqué le Brexit, le budget de l'Union après le retrait de Royaume-Uni et des questions institutionnelles. 

"Une pure illusion"

A l'issue du Conseil, lors de la traditionnelle conférence de presse, le président du Conseil européen Donald Tusk a "hauss[é] le ton" face au Royaume-Uni sur le Brexit [L'Express]. M. Tusk s'est déclaré "heureux que le gouvernement britannique semble aller vers une position plus détaillée", mais a mis en garde Londres contre une position qui "ne soit basée [que] sur une pure illusion". A ses côtés se trouvait Jean-Claude Juncker. Ironique comme à son habitude, le président de la Commission européenne a déclaré à la presse : "vous avez vos gros titres pour demain" [Le Soir].

Outre-Manche, on "chercherait à s'aligner sur les règles de l'UE dans certains secteurs de l'économie, [tout en conservant] un droit pour s'en écarter", ce que fustige M. Tusk. Ce dernier a rappelé qu'il ne peut y avoir de "cherry-picking, de marché unique à la carte" [Politico].

Le média bruxellois rapporte que le président du Conseil européen "doit rencontrer Theresa May à Londres jeudi", avant que cette dernière ne fasse un discours vendredi 2 mars sur les "positions du Royaume-Uni" quant à sa relation future avec l'UE.

Un sujet potentiellement explosif

Le Brexit pose également d'importantes questions financières. La Dépêche rappelle que le retrait britannique de l'Union européenne va entraîner "une perte de 10 milliards d'euros au budget de l'Union", tandis que dans le même temps "elle doit faire face à de nouveaux défis comme l'accueil des réfugiés". A cet égard, le Conseil du 23 février était destiné à lancer la "discussion politique" et à "fournir des pistes à la Commission". Cette dernière doit faire "une proposition législative (…) attendue le 2 mai", au sujet du "futur cadre financier pluriannuel".

Or, le futur budget de l'Union est un sujet potentiellement "explosif". Des "petites phrases lâchées çà et là le démontrent" et d'après Les Echos "la confrontation au fil des prochains mois risque d'être violente".

Alors que la question de l'augmentation de la contribution des Etats membres est sur la table, le chancelier autrichien Sebastian Kurz "a cassé l'ambiance à son arrivée au Conseil européen", en déclarant ne pas vouloir que l'UE ait "un poids (…) en constante augmentation, qui pèse sur les contributeurs nets". Parmi les autres opposants à une hausse de la participation des Etats on retrouve "le Danemark, la Suède et les Pays-Bas", précise le quotidien économique.

Pour convaincre les récalcitrants, "les partisans de l'augmentation des contributions" sont dans l'obligation de "déployer [des] arguments", dont le "sujet de la 'conditionnalité'". La France souhaiterait par exemple conditionner la distribution des fonds de cohésion au respect de l'Etat de droit, afin de faire "face à la dérive illibérale de plusieurs pays du bloc de l'Est" [Les Echos]. Quant à l'Allemagne, le pays serait favorable à conditionner "certains financements à l'accueil de migrants" ou encore "au respect des règles économiques". Autant de pistes qui promettent un "grand débat" et "une belle foire d'empoigne", annonce le journal.

"Se lier les mains"

Enfin, les évolutions institutionnelles de l'Union ont aussi été au cœur des discussions. Comme le rapporte Le Monde, les Vingt-Sept ont rejeté "la procédure du candidat 'tête de liste'", afin d'éviter "de se lier les mains s’agissant du mode de désignation du futur président de la Commission européenne". Au contraire, le Parlement européen plaide pour l'application de ce système qui avait prévalu pour l'élection de Jean-Claude Juncker en 2014.

Comment est "élu" le président de la Commission européenne ?

Par ailleurs, Donald Tusk a indiqué que les dirigeants européens "reviendront plus tard" sur la question des listes transnationales, n'écartant pas cette idée du président français que le Parlement européen a rejeté pour le scrutin de 2019. D'après Emmanuel Macron, les chefs d'Etat et de gouvernement ont "conven[u] de poursuivre la discussion, le travail technique et juridique, pour qu’en 2024 ces listes transnationales soient possibles".