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Conseil européen : l'UE fait face à des tensions internes

Revue de presse 23.03.2018

Les discussions urgentes et les décisions importantes ne manquent pas à l'agenda du Conseil européen des jeudi 22 et vendredi 23 mars. L'annonce de l'exonération de la taxe protectionniste des Etats-Unis sur l'Europe et le soutien des gouvernements européens à Theresa May dans l'affaire Skripal sont autant d'événements déterminants de ces derniers jours. Ont aussi été abordées les questions de l'après Brexit, de la réforme de la zone euro et de la fiscalité sur le numérique.

Donald Tusk

Le président du Conseil européen, Donald Tusk. Crédits : Union européenne

Exonération de taxes sur l'acier et l'aluminium pour l'Union européenne

Le Monde a annoncé jeudi 22 mars que la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, revenue de deux jours de discussions intenses avec l'administration de Donald Trump, "a décroché une exemption totale [de taxes sur l'acier et l'aluminium] pour l’Union européenne". Le 8 mars dernier, "Donald Trump avait brandi cette menace (…) et donné 15 jours à Bruxelles pour négocier une exemption". Toutefois, les tensions entre les Etats-Unis et l'Union européenne ne se relâchent que temporairement. Contexte précise que "cette dérogation n’est valable que jusqu’au 1er mai". De son côté, Washington insiste pour obtenir l'ouverture de "discussions commerciales". De quoi inquiéter un diplomate européen interrogé par Contexte. Selon lui, "accepter serait un aveu de faiblesse"."Nous voulons bien travailler à des choses ponctuelles avec les États-Unis (...) mais il ne faut pas glisser vers autre chose" précise-t-il.

La commissaire a réussi sa délicate mission : Cecilia Malmström a convaincu les Etats-Unis que les exportations européennes ne sont pas "la cause des difficultés de l’industrie américaine", comme expliqué dans un document confidentiel que s'est procuré Le Monde. Donald Trump maintient néanmoins les taxes pour la Chine. A ce sujet, la commissaire européenne convient que "la pression sur les prix aux Etats-Unis provient des surcapacités liées aux subventions chinoises à son industrie".

Soutien à Theresa May face à la Russie

Donald Tusk, le président du Conseil européen, a fait état jeudi 22 mars au soir de la position ferme adoptée par les Etats Membres envers la Russie dans l'affaire Skripal.  "Les dirigeants de l’Union européenne se sont entendus pour considérer (…) que la Russie est très probablement derrière l’attaque de Salisbury et qu’il n’y a pas d’autre explication possible", a-t-il déclaré [La Croix]. Le journal  rapporte que "l’UE a décidé de rappeler son ambassadeur en Russie pour consultations" et que "certains dirigeants européens envisagent [eux aussi] d’expulser des diplomates russes ou de rappeler leur ambassadeur". Une manière pour les dirigeants européens "d'adresser un message fort et dissuasif à la Russie", commente La Croix.

Interrogé par RTBF, un diplomate s'interroge sur la suite à donner à ces événements : "comment réagir face à ce qui ressemble à du harcèlement, mais qui demeure toujours en dessous du seuil ?", questionne-t-il. "La réponse sera-t-elle de type sécurité collective, ou chacun pour soi, avec le risque de jouer les uns contre les autres ?". Autant de questions concernant les futures relations entre l'UE et la Russie qui restent en suspens.

Négociation pour l'après Brexit

Quant au dossier épineux du Brexit, Donald Tusk a annoncé qu'il "demanderait  "un feu vert de principe à l'accord de transition présenté en début de semaine par les négociateurs" [Challenges]. Dans le même temps, Theresa May reconnait que les conséquences du divorce entre les Britanniques et l'Union européenne "seront coûteuses pour le Royaume-Uni, mais aussi pour l’UE" [Euractiv]. L'Europe quant à elle  se veut toujours ferme face à Londres, selon Challenges. Le message est clair : "un pays à l'extérieur de l'UE ne saurait bénéficier des mêmes avantages qu'à l'intérieur du bloc". En effet, "tout accord commercial ne pourra être signé qu'une fois que le Royaume-Uni [sera] devenu un pays tiers".

De nombreuses questions doivent encore être élucidées, dont celle relative à "la frontière irlandaise" [Challenges]. Si "les Britanniques ont accepté d'intégrer (…) l'option d'un espace réglementaire commun incluant l'UE et la province britannique d'Irlande du Nord", rien n'est encore arrêté sur le futur de la relation.

Réforme de la zone euro

"Le président français Emmanuel Macron tente de convaincre ses partenaires réunis à Bruxelles [pour deux jours] de l'intérêt de réformer la zone euro", annonce RFI. Une volonté qui rencontre déjà quelques  obstacles, notamment de la part de "certains pays comme les Pays-Bas". L'Elysée rappelle de son côté que "la France est prête à contribuer plus au budget européen" mais seulement "si le projet est toujours d’organiser la convergence des économies les unes vers les autres, avec des stratégies fiscales et sociales communes" [Euractiv].

Fiscalité numérique

Contexte rappelle que le projet de taxer les géants du numérique ne sera pas adopté immédiatement : "la fiscalité numérique reviendra sur la table du Conseil européen en juin". Si le projet reçoit l'approbation et le soutien actif de "l’Allemagne, l’Italie, la France, le Royaume-Uni et l’Espagne", les "plus petits pays idéologiquement proches des Etats-Unis, comme l’Europe de l’Est et les Etats baltes" sont dans une "opposition farouche" [Euractiv]. Le Parisien prédit que "la France va privilégier le scénario de court-terme" pour pouvoir "brandir le trophée des GAFA lors des élections européennes de 2019".