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Conseil européen des 26 et 27 juin : Angela Merkel en arbitre

Revue de presse 26.06.2014

A Ypres puis à Bruxelles, aujourd'hui et demain, se tient un nouveau Conseil européen qui s'annonce décisif pour l'avenir de l'UE. En dépit du refus de Londres, Jean-Claude Juncker devrait être majoritairement investi par les chefs d'Etat et de gouvernement. En parallèle, la gauche européenne tentera d'infléchir les politiques d'austérité.

Angela Merkel - dîner informel des chefs d'Etat et de gouvernement à Bruxelles - 27/05/2014

A Ypres puis à Bruxelles, le voyage de David Cameron en Belgique à l'occasion du Conseil européen pourrait être un désastre. Le Premier ministre britannique mène en effet un combat sans concession pour bloquer l'accession de Jean-Claude Juncker, le candidat des conservateurs européens arrivés en tête des élections européennes, à la présidence de la Commission. Or l'intense travail de lobbying de M. Cameron auprès d'Angela Merkel et des chefs d'Etat et de gouvernement est en passe de se solder par un échec. Un vote à la majorité qualifiée ne "serait pas un drame", a ainsi déclaré la chancelière, comme le rapporte Libération.

Pire pour le dirigeant britannique, la radicalité de ses positions sur le cas Juncker est en train de le conduire à l'isolement en Europe. David Cameron a refusé les propositions de compromis, comme un poste important au sein de la prochaine Commission, et pourrait donc voir sa position affaiblie et son image humiliée. Une situation inconfortable que tâchera d'éviter Angela Merkel, soucieuse de ménager son allié britannique, souvent utile dans ses relations avec la France et l'Italie [Les Echos].

En effet, François Hollande a reçu à Paris, le 21 juin, l'ensemble des dirigeants européens sociaux-démocrates dans le but de préparer le Conseil européen et de formuler des propositions, notamment concernant la politique économique européenne. Pour Paris, l'enjeu est d'importance : se relancer après la défaite des Européennes et assouplir la cure d'austérité pour, éventuellement, gagner un délai supplémentaire pour respecter le pacte de stabilité. Sur ce dernier point, La Tribune estime qu'un fléchissement de l'Allemagne est peu probable.

Il n'en reste pas moins que la réunion des dirigeants de gauche a fait grand bruit et est prise très au sérieux par Angela Merkel, d'autant que Matteo Renzi, président de centre-gauche du Conseil italien s'apprête à prendre la présidence tournante. "Personne n'a demandé de changement de règles concernant les déficits et personne ne le demandera", a martelé la chancelière devant le Bundestag, afin de contrecarrer l'offensive franco-italienne. Toutefois, indique Slate, si l'entente des sociaux-démocrates se maintient en Europe, un assouplissement de la politique économique européenne pourrait s'imposer à l'Allemagne. La position de Sigmar Gabriel, principal dirigeant du SPD allemand au sein de la grande coalition allemande sera à cet égard particulièrement déterminante. Et pour Steve Ohana, professeur de finance à l'ESCP Europe, interrogé par la Tribune, un tel basculement serait tout à fait salutaire : "il faut que la France et l'Italie s'opposent à l'Allemagne", a-t-il déclaré.

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