Derniers articles publiés

Conférence des ambassadeurs : rentrée européenne pour Emmanuel Macron

Revue de presse 27.08.2018

Emmanuel Macron prononce, aujourd'hui lundi 27 août, le discours d'ouverture de la traditionnelle conférence des ambassadeurs de France. L'occasion pour le président français de réitérer son programme pour l'Europe, en vue de bâtir un "arc progressiste" contre le populisme.

Conférence des Ambassadeurs 2018.

Conférence des Ambassadeurs 2018. Photo : Twitter officiel Sabine Thillaye ‏

La conférence des ambassadeurs de France, qui se tient toute la semaine à Paris, marque la rentrée européenne et internationale du gouvernement et d'Emmanuel Macron. Le chef de l'Etat doit prononcer, lundi 27 août, le discours d'ouverture de l'événement. "Une manière de prendre date à neuf mois des élections européennes", résument Les Echos.

Selon Le Point, Emmanuel Macron devrait à nouveau plaider "pour une Europe plus intégrée et pour le multilatéralisme, à contre-courant d'une vague mondiale de repli nationaliste". M. Macron "rappellera ses objectifs pour l'Union européenne : un budget pour la zone euro, une Europe de la défense, une taxation européenne des géants du numérique ou encore une politique commune pour les migrants", poursuit Challenges. Toutefois, indique l'hebdomadaire, le ton a changé en comparaison de la conférence de 2017, qui était la première d'Emmanuel Macron en tant que président de la République.

Ambitions européennes contrariées

En 2017, rappelle Le Monde, Emmanuel Macron "bénéficiait d’un alignement de planètes extraordinairement favorable". "Le jeune président français, élu par surprise trois mois plus tôt, représentait une figure de référence sur la scène internationale", profitant du repli américain, des difficultés britanniques dans le cadre du Brexit et de la baisse de poids d'Angela Merkel en Allemagne. Mais il "a vu ses ambitions diluées dans l'inertie d'une union de pays aux intérêts souvent divergents" [L'Obs]. Particulièrement en Europe, ses "projets se heurtent aux gouvernements populistes et nationalistes, depuis l'Europe de l'Est jusqu'à l'Italie, au refus des riches pays du Nord de payer pour les autres, à la concurrence fiscale entre les 28 et à la crainte d'un afflux de migrants, sans oublier les difficiles négociations du Brexit".

L'Elysée le reconnaît : "la crise du multilatéralisme et la montée des nationalismes en Europe avec ce clivage toujours plus évident entre forces de repli et forces progressistes rendent à la fois encore plus nécessaires et plus difficiles les initiatives" [Le Monde]. De plus, "l’unilatéralisme toujours plus tonitruant de Washington malgré les efforts appuyés d’Emmanuel Macron pour le contenir en jouant de ses bonnes relations personnelles avec Donald Trump" isole l'Europe. Le Point dresse ainsi un bilan des dégâts : "Donald Trump a sabordé le G7 et l'accord sur le nucléaire iranien, déclenché une guerre commerciale mondiale et réclame aux Européens des sommes massives pour maintenir l'OTAN".

Iran : les Etats-Unis mettent la pression sur les entreprises européennes

Construire un "arc progressiste"

Le Point rappelle également qu'au "sein même de l'Europe, la Hongrie, la Pologne et maintenant l'Italie mènent une politique eurosceptique et anti-migrants". "Cet été, une dizaine d'États membres ont dû en urgence se répartir des migrants que Rome refusait", écrit le journal. Avant d'ajouter que "les discussions sur un mécanisme coordonné pérenne achoppent sur le refus de l'Italie", qui menace de surcroît "de suspendre sa contribution au budget de l'UE", si elle n'obtient pas davantage de soutien de la part des Européens.

Pour Richard Ferrand, patron des députés LREM à l'Assemblée nationale, les élections européennes de 2019 seront donc binaires. Il y aura d'un côté "Macron, Merkel, et (Pedro) Sanchez en Espagne, c'est à dire ceux qui se disent que nous avons un avenir européen d'éducation", contre "ceux qui disent non, il faut se recroqueviller sur soi parce que tout seul on va y arriver mieux", en l'occurrence, "Orban et Salvini" [Challenges].

Paris compte ainsi former un "arc progressiste" pour renforcer l'Europe. A cet égard, afin de rassembler des alliés, "M. Macron repart en mini-tournée européenne, en s'envolant mardi [28 août] pour trois jours au Danemark et en Finlande". Challenges fait le compte : le président français aura "rendu visite à plus de la moitié de ses homologues européens en un an". Pour Manuel Lafont-Rapnouil, de l'institut de recherche European Council on Foreign Relations, le temps presse néanmoins. Dans Challenges, M. Lafont-Rapnouil affirme en effet qu'Emmanuel Macron "a besoin de résultats et pas seulement d'ambitions pour arriver armé aux élections européennes" notamment sur l'immigration et l'Europe qui protège.

Et alors que le chef de l'Etat a placé le couple franco-allemand au cœur de sa stratégie européenne, cette dernière, à en croire François Heisbourg, président de l'IISS (International Institute for Strategic Studies) de Londres, pourrait ne pas suffire. Selon M. Heisbourg, interrogé par Le Point, Emmanuel Macron est "le seul leader en Europe aujourd'hui. Angela Merkel a des marges de manœuvre limitées et l'Europe ne peut avancer que si la France et l'Allemagne marchent ensemble. Macron ne peut pas être leader tout seul". De plus "cela fait longtemps que le tandem franco-allemand ne suffit plus à entraîner toute l'Europe", estime-t-il.

Migrants du Diciotti : l'Italie lance un ultimatum à la Commission européenne