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Compréhensive sur le déficit, l'Europe hésite à aller plus loin dans son soutien à Paris

Revue de presse 18.11.2015

Devant le Parlement réuni en congrès à Versailles lundi, François Hollande avait lancé un appel aux pays européens en invoquant la clause de solidarité. L'aide européenne a été demandée sur le terrain budgétaire : la France ne respectera pas la règle des 3% de déficit, ce que Bruxelles accueille avec indulgence. Sur le volet militaire en revanche, la France fait toujours cavalier seul.

Conférence de presse conjointe de Valdis Dombrovskis et Pierre Moscovici sur des projets de plans budgétaires 2016

"François Hollande a clairement défini ses nouvelles priorités", estime Challenges, citant le discours du chef d'Etat ce lundi : "Le pacte de sécurité l'emporte sur le pacte de stabilité".

Cela se traduit par "5000 postes de policiers, 2500 pour les justices et les prisons, 1000 pour le contrôle des frontières, [la] suspension des suppressions de postes dans l’armée, [la] création d’une 'garde nationale', sans compter un renforcement des moyens des services de sécurité...", résume Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles.

Au regard du projet de budget, "Bruxelles affiche une bienveillance budgétaire sur les dépenses de sécurité de Paris" [Euractiv].

"Pierre Moscovici a été le premier à réagir aux propos tenus […] par le président de la République" rapporte Contexte. Pour le commissaire aux affaires économiques et financières, "la Commission tout comme l’Union européenne comprennent parfaitement que sa priorité des priorités aujourd’hui, soit la sécurité des citoyens et des personnes. Le pacte de stabilité n’est ni rigide, ni stupide", cite l'Opinion.

Lors de son discours, François Hollande a également appelé au soutien de ses partenaires européens, invoquant pour la première fois depuis son instauration la clause de défense mutuelle de l'Union européenne.

Il s'agit selon Challenges d'un "acte politique important", qui signifie pour Euractiv que la France parie "sur le soutien de l’UE plutôt que sur celui de l’OTAN".

Euronews rapporte les propos tenus mardi par Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne :"Aujourd’hui la France demande l’aide et l’assistance de toute l’Europe et aujourd’hui toute l’Europe, unie, lui répond oui".

La Croix interroge ses sources au Conseil, pour lesquelles le soutien européen pourrait "prendre la forme d’un appui militaire, d’une mise à disposition de matériel militaire ou de transport, d’un soutien logistique. On peut aussi imaginer qu’un pays prenne en charge le volet humanitaire d’une intervention pour que la France se concentre sur les aspects militaires".

Le quotidien fait état par la même occasion d'un "besoin d’un partage des renseignements [qui] ne se traduit pas par une pratique concrète", même après les évènements de janvier, ainsi que de "l’hostilité d’une partie des eurodéputés" à la mise en place d'un PNR souhaité par une partie des Européens, dont la France.

Toutefois, "aucune décision formelle n’a été prise mardi par les ministres de la Défense européens réunis à Bruxelles pour un conseil de l’UE" [Libération].

En effet, l'Opinion évoque une "Europe solidaire mais pas jusqu’à la guerre", la clause approuvée "ne les oblige [pas] à grand-chose. Et surtout pas à faire la guerre".

La Tribune insiste dans cette voie : "A l'exception de la France et de la Grande-Bretagne, très peu de pays européens sont prêts à aller se battre sur des théâtres d'opérations contre Daech. Londres et Paris sont en première ligne contre le terrorisme international".

Le Monde
illustre cette analyse et évoque les "trois cavaliers seuls", autour du trio formé par "'l'exemption' française", "la chancelière incomprise" et "les 'lignes rouges' du Royaume-Uni". En effet, "Angela Merkel refuse de se voir en cheffe de guerre" [Le Monde].

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