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Commission européenne : le candidat français Michel Barnier en campagne sur les ondes

Revue de presse 17.02.2014

Michel Barnier poursuit sa campagne pour la présidence de la Commission. A trois semaines du Congrès de Dublin qui élira le candidat PPE au pour prendre la succession de José Manuel Barroso, le Français multiplie les interviews et les déclarations sur l'actualité européenne.

Michel Barnier (c) Europa

Invité sur RFI, le commissaire européen a commenté le résultat du référendum suisse de la semaine dernière. "Il faut respecter ce vote et en tirer les leçons", estime-t-il tout en insistant sur le fait que l'on ne peut toutefois pas imaginer qu'on remette en cause la liberté de circulation en Europe. Au sujet des événements en Ukraine, Michel Barnier souhaite que l'accord de coopération avec l'UE soit signé, tout en respectant les liens historiques qui existent entre l'Ukraine et la Russie.

Sur France info, le commissaire est également revenu sur les ravages de la tempête au Royaume-Uni. Alors que la demande aux fonds de solidarité de M. Cameron est critiquée dans les médias, M. Barnier affirme qu'elle est "absolument légitime", car "le Royaume-Uni est membre de l’Union Européenne à part entière". Selon l'éditorial de L'Humanité, la bienveillance de M. Barnier s'est heurtée à des déclarations d'Angela Merkel et de José Manuel Barroso. La chancelière allemande a averti le gouvernement grec qu'il ne pourra compter sur aucune aide nouvelle durant les prochains mois, et de son côté, le président de la Commission européenne a "mis l'Écosse en garde à vue", annonçant d'avance qu'un vote en faveur de l'autodétermination, le 18 septembre prochain, exclurait "la nation au chardon" de l'UE.

Mais c'est surtout sur sa dernière proposition de séparation d'activités des banques pour éviter toute future spéculation, que le commissaire européen au Marché intérieur est sollicité par les médias. Dans son interview à France Info, Michel Barnier remet les pendules à l'heure sur ce sujet qui agite depuis fin janvier les acteurs économiques et politiques. "Les contribuables doivent savoir que l'on a tiré les leçons de la crise : on a remis de la transparence, de la stabilité, de la responsabilité, de la morale, de l'éthique [sur les marchés financiers]", explique M. Barnier. "Je ne veux pas - et je n'ai pas le droit - d'avoir la mémoire courte sur ce qui a provoqué la crise, à savoir l'absence de règles, la spéculation non maîtrisée [...]", ajoute-t-il. "Une des leçons de la crise est qu'aucun marché financier ne peut fonctionner s'il n'y a pas de règles claires", a rappelé le commissaire. Le candidat a insisté sur la trentaine de lois de régulation qu'il a fait voter depuis quatre ans au niveau européen et défendu la nécessité de supervision en évoquant notamment les manipulations "scandaleuses" du Libor.

Michel Barnier a également tenté de calmer le jeu en revenant sur les propos du président de la Banque de France, qui a récemment critiqué son projet. Dans une interview à I-Télé, le commissaire affirme qu’il ne veut pas polémiquer avec Christian Noyer. Barnier doit également faire face aux critiques du ministre de l'Economie. Selon le journal Marianne, "d’habitude, c’est le commissaire européen au marché intérieur, Michel Barnier, qui endosse le rôle du méchant ultralibéral et c’est le ministre de l’économie, Pierre Moscovici, qui revêt l’habit du chevalier blanc, mais cette fois-ci les rôles sont inversés". Un rôle qui ne plaît guère au ministre français, qui reste attaché au point d'équilibre auquel était parvenue la loi de séparation et de régulation des activités bancaires du 26 juillet 2013.

Alors que les derniers résultats d’une étude OpinionWay réalisée pour Le Figaro et LCI [Le Figaro] montrent que l’euroscepticisme progresse en France, Michel Barnier n'a pas fini de parler d'Europe. Dans son éditorial, Philippe Gélie estime qu’étant donné que la majorité des eurosceptiques est déçue par l’Europe et non pas anti-européenne, il est nécessaire de "rendre l’Europe aux Européens", comme le prône le commissaire européen Michel Barnier, qui appelle à une Europe moins régulatrice et plus politique. Sa candidature devrait être officialisée dans les prochains jours, avant le choix du candidat définitif du PPE le 7 mars. 

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