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Climat : un accord européen exemplaire ?

Revue de presse 24.10.2014

Les attentes étaient nombreuses au sujet du sommet européen d'hier sur le climat, à Bruxelles. Il visait à prendre des engagements forts pour montrer l'exemple avant la conférence Paris climat 2015 (COP21). Les 28 sont arrivés à un accord, à l'unanimité, dans la nuit. La presse est divisée sur sa portée.

Accord sur le climat

Selon RFI, l'Union européenne a fait le choix "du minimum" avec l'accord qui a abouti cette nuit. La radio estime que c'est "un signal plutôt ambigu envoyé aux partenaires internationaux, un an avant la Conférence mondiale sur le climat organisée à Paris". Au contraire, Les Échos parlent d'un " plan de lutte contre le réchauffement climatique 'exemplaire', afin de persuader leurs partenaires internationaux de prendre des engagements similaires".

Ce "Paquet énergie-climat pour 2030" contient trois objectifs clefs : réduire les émissions de gaz à effet de serre "d'au moins 40 %" d'ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990 ; élever la part des énergies renouvelables à 27 % du "mix énergétique" de chaque Etat membre ; réduire la consommation d'énergie dans l'Union de 27 % (contre 30 % initialement envisagés) [Le Figaro].

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a publié un nouveau rapport cette année, plus pessimiste que celui de 2009. Mediapart explique qu'en "se mettant d'accord sur un très faible objectif de réduction d'émissions et en abandonnant toute ambition d'amélioration significative de l'efficacité énergétique et du déploiement des énergies renouvelables, les Etats membres de l'UE tournent le dos aux recommandations du GIEC et à leurs propres engagements visant à rester en deçà des 2°C de réchauffement climatique global", allant jusqu’à parler de "sale nuit pour le climat".

Du côté espagnol, l'Expansion estime que "la rédaction est suffisamment ambiguë pour qu'au final, tout le monde puisse vendre à son public national que l'accord est satisfaisant". L'Espagne voulait résoudre son déficit d'interconnexion avec le reste de l'Europe, dû en partie à la France, et a réussi à obtenir cinq projets avec celle-ci. Le quotidien espagnol estime néanmoins qu'en pratique "si Paris est prêt à supporter la pression politique, elle pourrait retarder les projets, bien que cela soit de plus en plus difficile à justifier".

Autre point de difficulté de l'accord : le partage de l'effort au sein de l'UE entre les pays les plus pauvres qui dépendent encore largement du charbon et les plus riches. " Les premiers ont obtenu des compensations pour les efforts qu'ils devront consentir, avec notamment la création d'un fonds alimenté par une petite partie des ventes de certificats du système des quotas européens d'émission de CO2", rapporte Le Monde.
 

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