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Climat : les propositions de la Commission européenne déçoivent les ONG et les entreprises

Revue de presse 01.12.2016

La Commission européenne a présenté mercredi 30 novembre son "paquet énergie" 2020-2030. Un plan d’action pour favoriser les énergies renouvelables, de même que les économies énergétiques, dans le cadre de l’application de l’accord de Paris sur le climat. Les objectifs de l’exécutif européen sont toutefois jugés bien peu ambitieux par les ONG engagées dans la lutte contre le réchauffement climatique, ainsi que par de nombreuses entreprises. Dans le même temps, les maires des plus grandes villes du monde se réunissent à Mexico. Leur but est de partager des solutions pour rendre leurs villes plus écoresponsables.

Champ d'éoliennes

Des propositions pour développer les énergies renouvelables

Deux grands objectifs ont été établis par la Commission européenne dans son "paquet énergie" : "atteindre 27% d'énergies renouvelables dans la consommation totale d'énergie (l'objectif actuel, 20% en 2020, est en bonne voie) et améliorer l'efficacité énergétique de 30% par rapport aux chiffres de 1990", résument Les Echos. Ce cap est fixé pour 2030. Le quotidien économique rapporte que la Commission souhaite soutenir les énergies vertes par un renforcement des investissements dans le secteur, tout en facilitant l'accès au marché et aux réseaux.

Les investissements dans le secteur des énergies vertes ont chuté depuis 2011, a déploré Miguel Arias Cañete, commissaire européen chargé de l'Action pour le climat [L’Echo (Belgique) avec l’AFP]. L'exécutif européen entend ainsi remédier à cette situation.

Des objectifs peu ambitieux

Les mesures préconisées par la Commission européenne sont "encore très insuffisantes pour atteindre [l']objectif" de limiter le réchauffement climatique en-deçà de 2°C, estime malgré tout Le Figaro. "Si on ne faisait rien, la part du renouvelable dans le mix énergétique européen atteindrait 24% en 2030", regrette ainsi Célia Gautier, responsable des politiques européennes au Réseau action climat France, interrogée par le quotidien, jugeant que la Commission européenne aurait pu proposer un pourcentage bien plus élevé que 27%.

La politique prônée en termes d'économie d'énergie ne satisfait pas non plus les ONG, de même que le Parlement européen. Ce dernier propose en effet d'atteindre 40% d'économie par rapport aux chiffres de 1990, soit 10 points de plus que la Commission européenne.

Un des aspects les plus controversés du projet de l'exécutif européen concerne par ailleurs la mise en place au niveau communautaire d'un "mécanisme de capacité". Cela permettrait de maintenir en fonctionnement des centrales à charbon ou à gaz pour faire face aux pics de demande. Bruxelles veut établir une limite de 550 grammes de CO2 par kilowattheure. "Une limite qualifiée de 'mauvaise blague' par Christian Schaible, du Bureau européen de l’environnement, une ONG basée à Bruxelles. Selon lui, elle n'affectera 'pratiquement aucune centrale charbon européenne'" [TV5 Monde]

Des entreprises jugent également le plan de la Commission européenne insuffisant. Des entrepreneurs issus de "secteurs aussi variés que l’ameublement, les télécoms, la chimie ou le bricolage ", membres de la fondation du Prince de Galles, ont rédigé un rapport appelant à des mesures plus contraignantes en termes de lutte contre le réchauffement climatique de la part de l'Europe, relate Euractiv. "Nous avons voulu faire un tour d’horizon de l’expérience des entreprises européennes. Le message fort qui en ressort, c’est qu’il faut être plus ambitieux ; ne pas l’être n’est pas un atout", estime Jill Duggan, présidente du groupe d'entrepreneurs, interviewée par le média européen.

Les maires des plus grandes villes du monde ensemble pour le climat

Depuis mercredi 30 novembre, plus de soixante maires des villes les plus importantes du monde se réunissent à Mexico. L’objectif de cette rencontre ? "Tenter de lutter contre le dérèglement climatique et faire front face au climatosceptique président américain élu Donald Trump", résume Libération. Les maires vont partager leurs solutions pour rendre leurs villes plus écoresponsables au sein d'une organisation commune, le Cities Climate Leadership Group (C40).

Concrètement, il s'agit "de mettre en place des moyens d’influence et de s’imposer comme le G20 des grandes villes souhaitant mettre en commun leurs expériences pour résoudre les problèmes auxquels toutes les métropoles sont confrontées : trafic automobile, efficience énergétique des bâtiments, gestion des déchets, etc", explique Libération. Ces femmes et hommes politiques veulent, par leur action conjointe, influencer les politiques des gouvernements et lutter contre les positions défendues par les climatosceptiques. La maire de Paris, Anne Hidalgo, présidera pour la première fois le C40, succédant à Eduardo Paes, maire de Rio de Janeiro.