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Chypre : une île bientôt réunifiée ?

Revue de presse 10.01.2017

Du 9 au 11 janvier, les dirigeants chypriotes grec et turc sont réunis à Genève pour tenter de faire avancer le processus de réunification de Chypre, divisée depuis 40 ans. Si les représentants des deux camps se montrent volontiers optimistes, l'issue de ces négociations demeure incertaine.

Le président chypriote grec Nicos Anastasiades (à gauche) accueilli par Micheal Møller, directeur de l'ONU à Genève

Un contentieux historique

"C'est l'heure de Chypre à Genève" traduit le Courrier International, reprenant la Une du journal grec Kathimerini. L'île de Chypre, peuplée d'à peine 1 million d'habitants se trouve en effet "scindée en deux, figée dans le passé" depuis près de 40 ans, déplore Le Monde.

Une partition qui remonte au 20 juillet 1974, lorsque l'armée turque a envahi le nord de l'île après un coup d'État des Chypriotes grecs qui réclamaient le rattachement du territoire à la Grèce. Depuis, la partie sud de l'île, habitée par les Chypriotes grecs et dénommée République de Chypre, "est devenue membre de l'Union européenne en 2004". La République turque de Chypre du Nord (RTCN), occupée quant à elle par les Chypriotes turcs, "n'est reconnue que par Ankara", rappelle Le Figaro.

Orchestrés sous l'égide de l'Organisation des nations unies, ces pourparlers s'inscrivent dans le cadre d'un processus de négociation ouvert en mai 2015.  "L'ONU n'a en effet pas ménagé ses efforts pour remettre sur les rails" des négociations qui ont amené le dirigeant de la partie nord, Mustafa Akinci, et celui de la partie sud, Nicos Anastasiades, "à se retrouver pour la troisième fois depuis novembre en Suisse" [L'Express]. En effet, deux séries de discussions ont eu lieu en novembre dernier, à Mont-Pèlerin en Suisse, "mais n'ont pas abouti à une réelle avancée (…), les deux responsables s'étant quittés sur un désaccord", rappelle Le Figaro.

Des divergences de fond persistent

La reconnaissance unique de la partie grecque par la communauté internationale est "un abcès de fixation, doublé d’un casse-tête politico-diplomatique." rappelle Le Monde. Les chances d'aboutir à la création d'un État fédéral composé de deux entités, l'une chypriote grecque et l'autre chypriote turque, "est très mince", déplorent des experts du dossier interrogés par Le Monde.

"Chypre et Athènes devraient alors se garder de toute dramatisation intempestive" car "sans Chypre, la Turquie se noierait", déclare le professeur d’histoire Ilber Ortayli au quotidien. Pour Espen Barth Eide, chargé du dossier chypriote à l'ONU, les deux parties ne "peuvent pas prendre pour acquis le fait que les conflits gelés restent gelés pour toujours" [L'Express].

A l'issue de ces trois jours de discussion, une conférence sera organisée avec la participation des trois "garants de la sécurité de l'île" : la Grèce, la Turquie et le Royaume-Uni, "ancienne puissance coloniale, qui y dispose de bases militaires". Pour M. Eide, "la Conférence du 12 (janvier) ne sera efficace que si nous obtenons des succès entre le 9 et le 11" [L'Express].

Des pourparlers qui ne font pas l'unanimité sur l'île

Si un compromis sur le sort de l'île était trouvé, ce dernier serait soumis au vote par referendum dans chacune des deux parties de l'île, où "ces pourparlers de paix sont loin de faire l'unanimité". "Ces scrutins pourraient avoir lieu au printemps 2017" [Le Figaro, AFP].

"Le peuple est à nouveau devant un défi. Il est sous pression (…) avec un agenda des plus serrés et des menaces parlant d’une dernière chance de réunification, ornée de chantage pour une partition de jure de l’île”, confie l’avocat chypriote Gerasimos Panagiotatos-Tzakis dans une tribune publiée dans le quotidien chypriote Phileleftheros, reprise par Courrier International.

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