Derniers articles publiés

Charlie Hebdo : quelles réponses européennes ?

Revue de presse 09.01.2015

Les réactions se poursuivent suite à l'attentat contre Charlie Hebdo. Exécutifs nationaux et de l'Union européenne réfléchissent à un renforcement de leurs législations anti-terroristes, tandis que certains en profitent pour justifier l'islamophobie et que plusieurs agressions ont eu lieu contre des lieux de culte musulmans en France.

Jean-Claude Juncker

"Après la douleur, la réplique", commente Le Figaro. Jean-Claude Juncker a annoncé hier "un renforcement de la lutte contre le terrorisme, avec la mise à jour imminente de sa stratégie de sécurité à l'intérieur des frontières, comme à l'extérieur", rapporte le site du quotidien. Le Figaro ajoute qu'"à la différence des États-Unis, les frontières communes restent poreuses, les 'services' nationaux jaloux de leur souveraineté et la surveillance centralisée inexistante".

Le Monde rappelle qu'"en juin 2014, l’attaque contre le Musée juif de Bruxelles (trois personnes assassinées) a constitué une première alerte prise très au sérieux (…). Le coordinateur européen de l’antiterrorisme, Gilles de Kerchove, avait alors évoqué 'une menace majeure, un phénomène qui va sans doute persister au cours des prochaines années '". Federica Mogherini, la haute représentante pour la diplomatie commune, a indiqué que le prochain conseil des ministres des Affaires étrangères se saisirait du dossier du terrorisme, lundi 19 janvier. Le site du quotidien souligne  qu'"en France, mais aussi au Royaume-Uni, au Danemark ou en Belgique, de nombreuses tentatives d’attentat ont été déjouées au cours des derniers mois".

Pendant ce temps, "L'extrême-droite résurgente en Europe cherche à capitaliser sur la peur de Paris", titre The Financial Times, qui cite plusieurs exemples dans les pays européens. Le site du quotidien britannique explique qu'"avant même l'attaque de mercredi, des groupes politiques populistes et de l'aile droite ont été en forte hausse en Europe, aidés par le ressentiment sur la mondialisation, les économies chancelantes et l'augmentation de l'immigration - en provenance de l'UE ainsi que de plusieurs pays musulmans déchirées par la guerre".

Au Royaume-Uni,  l'attaque contre Charlie Hebdo constitue "une occasion supplémentaire de justifier l'arsenal de mesures antiterroristes controversées" qui prévoient "la privation de passeport pour les djihadistes de retour de zones de combat, leur bannissement du territoire jusqu'à deux ans, ainsi qu'un renforcement général de la surveillance des citoyens", rapporte Le Figaro. Courrier International explique que, comme pour ce qui s'est passé aux Pays-Bas après le meurtre de Theo van Gogh, "une nouvelle bouffée de haine menace de se produire contre les musulmans en France et peut-être ailleurs en Europe". Le site de l'hebdomadaire observe qu'en "Allemagne, le mouvement anti-islamique Pegida, connaît une forte expansion, en Suède on met le feu à des mosquées, en France le Front national a le vent en poupe". En France d'ailleurs, "un impressionnant dispositif de sécurité [a été] déployé notamment dans la capitale, mais cela n’a pas empêché un homme de tuer une policière et de blesser un agent de voirie", constate Euronews. Le site internet partage la même crainte de la montée de l'islamophobie, alors que plusieurs "incidents à caractère islamophobe" ont été reportés ce jeudi : "dans plusieurs communes, des lieux de culte musulmans ont été pris pour cible, sans pour autant faire de blessés".

"Certains pensent que le problème vient du fait de l’ouverture des frontières et de la libre circulation avec les pays de l’Union européenne membres de la zone de Schengen (…). Il faudrait fermer les frontières, reconduire à la frontière tous les étrangers. (...) 
L’analyse me parait encore trop simpliste et rappelle l’antisémitisme du XIXe siècle et du début du XXe siècle en Europe", estime le consultant en management Yves Cavarec, dans Les Échos.

Les autres sujets du jour

Asile, migrations, Schengen