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Ce qu'il faut retenir du Conseil européen du 15 décembre

Revue de presse 16.12.2016

Hier, les chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Bruxelles pour le Conseil européen ont eu une journée des plus chargées. Dans un contexte de montée des tensions internationales, les sujets de débat entre les Vingt-Huit ne manquaient pas. La Russie a, bien évidemment, fortement occupé les dirigeants européens, qui se sont illustrés par leur impuissance dans le dossier syrien, même si les sanctions contre Moscou ont été prolongées dans le cadre du conflit ukrainien. Les Européens ont également réussi à s'entendre concernant le Brexit et l'accélération de la mise en place d'une Europe de la défense. En revanche, la crise grecque a de nouveau divisé les Etats membres.

Table ronde du Conseil européen du 15 décembre

L'ombre de la Russie à Bruxelles

Dans une déclaration commune à l'issue du sommet de jeudi, les Européens ont insisté sur la nécessité d'aider urgemment la population d'Alep-Est, dont le maire était présent à Bruxelles, et de permettre leur évacuation sous contrôle onusien. "Une déclaration qui ne devrait pas changer grand-chose sur le terrain tant la voix de l’UE est devenue inaudible surtout depuis que la Russie, en soutenant le régime de Bachar el-Assad, est devenue maîtresse du jeu", estime Le Monde. Les Vingt-Huit ne sont par ailleurs pas parvenus à trouver de compromis quant à des sanctions contre Moscou pour son attitude dans le conflit syrien.

"Nous ne sommes pas aussi utiles que nous aimerions l’être, mais nous ne sommes pas indifférents à la souffrance du peuple syrien", a déclaré le président du Conseil européen Donald Tusk, cité par Euractiv, reconnaissant ainsi l'impuissance de l'Europe. "Donald Tusk a admis qu’un obstacle majeur aux sanctions économiques contre la Russie était l’incertitude causée par l’élection du président américain Donald Trump", rapporte le média européen.

Les sanctions contre la Russie concernant la guerre en Ukraine, qui devaient prendre fin en janvier, ont en revanche été prolongées de 6 mois. L'élection de Donald Trump n'est encore une fois pas étrangère à cette décision. "La prolongation des sanctions est un signal adressé au futur président américain, Donald Trump, qui a promis d’œuvrer au rapprochement de Washington et Moscou" [Europe 1].

Les dirigeants européens se sont toutefois montrés prudents à l'égard du successeur de Barack Obama. "La chancelière allemande a ainsi expliqué que le renouvellement des sanctions était fondé sur l'analyse de 'la situation actuelle' et non par rapport à ce que fera le futur président américain. François Hollande a de son côté insisté sur la nécessité pour toutes les parties concernées de respecter les accords de Minsk, censés définir une issue au conflit dans l'est de l'Ukraine", relate Europe 1.

Des avancées pour l'Europe de la défense

Face aux menaces de Donald Trump de ne pas respecter les engagements de défense des alliés des Etats-Unis au sein de l'OTAN et à la montée des tensions avec la Russie, les Européens se sont mis d'accord pour donner un coup de pouce au projet d'Europe de la défense. "Un objectif : rendre l’Union européenne moins dépendante des États-Unis et de l’OTAN", explique France Info. La France et l'Allemagne sont à l'initiative de ce pas en faveur d'une défense commune européenne, précise le média.

"Les Européens doivent prendre davantage de responsabilité pour assurer leur sécurité", ont déclaré les chefs d'Etat et de gouvernement, rapportent Les Echos. "Sous l'impulsion des quatre grands : Allemagne, France, Italie et Espagne, les dirigeants ont donc donné leur feu vert aux propositions de la Commission européenne de consacrer désormais une partie de son budget à encourager la recherche dans la défense, ainsi qu'à faciliter des achats groupés de matériel entre différents pays", détaille le média économique.

Une position commune sur le Brexit

S'agissant du Brexit, "les dirigeants européens se sont accordés jeudi sur l’approche qu’ils ont choisi de retenir pour les négociations à venir sur le Brexit, s’engageant à aller vite et à rester unis pour éviter que Londres n’arrache un accord trop favorable susceptible d’inspirer d’autres départs", fait savoir Euractiv.

Si Theresa May a joué la carte de l'apaisement en arrivant à Bruxelles jeudi matin, déclarant souhaiter une sortie "aussi en douceur et ordonnée que possible" [Le Point avec l'AFP], les Vingt-Sept ont réaffirmé leur intransigeance quant à la volonté des Britanniques de rester dans le marché commun tout en restreignant la liberté de circulation. "Tout accord devra toutefois reposer sur un équilibre de droits et d’obligations", ont-ils inscrit dans leur déclaration commune, coupant court à toute demande britannique en ce sens [Euractiv].

La crise grecque invitée surprise à Bruxelles

Enfin, l'annonce par la présidence de l'Eurogroupe mercredi de la suspension de l'allègement de la dette grecque, pourtant acté le 5 décembre, à la suite de l'annonce de mesures sociales de la part du chef du gouvernement grec Alexis Tsipras, a ravivé les tensions entre Etats membres à ce sujet.

Le choix de l'Eurogroupe, dans lequel la voix de l'Allemagne a fortement pesé, "a provoqué des réactions indignées, jeudi, dans le clan français entre Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, et François Hollande qui ne voient 'aucune raison' à cette décision" [L'Opinion]. A Bruxelles, Alexis Tsipras a fustigé le "chantage" des créanciers d'Athènes et les a appelés à la raison "en ces temps très incertains pour l'Europe". "Un clin d'œil à peine appuyé alors que la Grèce s'estime en position de force du fait du rôle qu'elle est amenée à jouer dans la crise des réfugiés", analyse le média.

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