Derniers articles publiés

Catalogne : vers la suspension de l'autonomie ?

Revue de presse 27.10.2017

Vendredi 27 octobre, le Sénat espagnol a voté l'activation de l'article 155 qui suspend l'autonomie catalane. En parallèle, le Parlement de Catalogne a décidé de la réponse à donner à ce vote : une déclaration unilatérale d'indépendance.

indépendance catalogne

Unes de La Vanguardia, quotidien catalan et d'El País, basé à Madrid

"Dénouement final" ?

D'après Le Monde, "le dénouement final" de la crise catalane pourrait avoir lieu vendredi 27 octobre. Le gouvernement madrilène devrait en effet "obtenir le feu vert du Sénat" afin de suspendre l'autonomie de la Catalogne [L'Obs]. Ainsi le gouvernement de Mariano Rajoy pourra activer l'article 155 de la Constitution, un événement "sans précédent en 40 ans de démocratie", rappelle Europe 1.

Selon L'Obs, il s'agit de mesures "drastiques" consistant en la "destitution de l'exécutif indépendantiste de la région, mise sous tutelle de sa police, de son Parlement et de ses médias publics pendant une période pouvant durer six mois, avant des élections régionales en 2018". Selon la porte-parole du gouvernement espagnol Soraya Saenz de Santamaria, le but de l'application de l'article 155 est de "préserver la reprise économique, l'emploi, la tranquillité des familles, qui sont en danger du fait de décisions capricieuses, unilatérales et illégales du gouvernement".

Jeudi 26 octobre, El País explique qu'au Sénat, "la journée parlementaire s'est conclue dans la nuit avec l'approbation d'un avis en commission devant être débattu ce matin, une fois les amendements des groupes [parlementaires] inclus". Le quotidien espagnol relate que le Parti socialiste espagnol (PSOE) voulait donner une voie de sortie à l'exécutif catalan, en retirant l'article "155 si Carles Puigdemont convoquait des élections", ce que le gouvernement conservateur a refusé. C'est à 10h aujourd'hui vendredi 27 octobre qu'a débuté la "la séance cruciale de débats au Sénat" [L'Obs].

Affronter l'article 155

C'est également aujourd'hui que le Parlement catalan décidera "comment affronter l'application de l'article 155", explique La Vanguardia. Pour le quotidien catalan, "la réponse se situe sur le terrain de la déclaration d'indépendance". Dans un autre article, La Vanguardia annonce que la coalition indépendantiste va soumettre au vote une résolution mentionnant dans son texte la constitution d'une "République catalane comme Etat indépendant et souverain de droit démocratique et social".

Selon Isabelle Piquer, envoyée spéciale à Barcelone pour Le Monde, "les débats, et la tension, devraient durer tout l’après-midi". La journaliste explique qu'"il suffit de cinq défections pour faire couler une éventuelle déclaration d’indépendance", or "certains membres de la coalition [indépendantiste] ne sont pas sûrs de vouloir aller jusqu’au bout", notamment de peur de "possibles poursuites judiciaires".

 A "360 degrés"

Pour Le Monde, la journée du jeudi 26 octobre a été "particulièrement chaotique". Carles Puigdemont, président de la Catalogne, avait prévu une allocution à 13h30, qui a finalement été repoussée deux fois. Selon La Vanguardia, le chef de l'exécutif catalan travaillait "depuis la nuit de mercredi à une proposition de convocation d'élections autonomiques". El País ajoute que "le message s'est propagé rapidement, pour la satisfaction des indépendantistes plus modérés (…) pour le désespoir des plus radicaux". 

Mais finalement, face à la menace de la dislocation de la coalition indépendantiste et faute de "garanties suffisantes" de la part de Madrid, Carles Puigdemont a pris la parole à 17h pour annoncer qu'il renonçait à ces élections et laissait le "Parlement régional se prononcer sur 'les conséquences de l’application contre la Catalogne de l’article 155'" et donc probablement procéder à une déclaration d'indépendance [Le Monde]. Au fond, ironise le quotidien catalan Ara, Carles Puigdemont a opéré un virage à "360 degrés", allant de la déclaration d'indépendance à… la déclaration d'indépendance après avoir envisagé un temps "[de passer] par des élections autonomiques".