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Catalogne : fin d'une étrange campagne

Revue de presse 20.12.2017

La campagne officielle pour les élections régionales en Catalogne s'est terminée mardi 19 décembre dans la plus grande incertitude quant à l'issue du scrutin, qui se tient demain jeudi 21 décembre. A l'approche du vote, la tension est à son comble dans la région et dans le reste de l'Espagne.

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Carles Puigdemont, le "candidat online" et tête de liste de Junts per Catalunya, a tenu un meeting virtuel depuis Bruxelles, où il est exilé - Crédits : Junts per Catalunya (Twitter)

"Pour le moins cocasse"

Mardi 19 décembre, s'est achevée en Catalogne une campagne électorale "pour le moins cocasse" [BFMTV]. Le scrutin, qui se tient jeudi 21 décembre, doit permettre d'"élire les 135 députés du Parlement (…) dominé depuis 2015 par les indépendantistes". Pour la chaine de télévision, cette campagne est "sans précédent" car certains candidats "sont soit exilés, soit derrière les barreaux". En effet, parmi les principaux protagonistes de ces élections, Carles Puigdemont à la tête de la liste Junts per Catalunya (Ensemble pour la Catalogne) est à Bruxelles, et Oriol Junqueras de Esquerra Republicana de Catalunya (ERC, Gauche républicaine de Catalogne) est en prison près de Madrid.

Le Parisien rapporte que le sondage publié par El País dimanche 17 décembre indique que "le centre-droit 'unioniste' de Ciudadanos (23,3%) devance les indépendantistes de l’ERC (22,2%) et l’alliance 'Junts per Catalunya' (17,7%)". Néanmoins, BFMTV rappelle que "les indépendantistes pourraient gagner en termes de sièges", car leur répartition est plus favorable aux zones rurales, où les indépendantistes sont majoritaires. Ainsi, les intentions de vote prévoient "33 sièges pour les indépendantistes de ERC, contre 31 ou 32 pour Ciudadanos et 27 pour la liste de M. Puigdemont".

Or à en croire ces chiffres, une coalition constitutionaliste (unioniste) ou indépendantiste pourrait ne pas obtenir la majorité absolue de 68 sièges. C'est pour cela que la liste de gauche radicale En Comú Podem, affiliée à Podemos, pourrait bien être le faiseur de roi. Avec "8 à 9 sièges", cette coalition de plusieurs formations politiques "pourrait faire la différence entre le bloc des indépendantistes et celui des unionistes", estime RFI. Sa tête de liste, Xavier Domènech, qui "refuse le bipartisme", serait "prêt à faire une alliance avec deux partis de gauche", les indépendantistes de Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) et les unionistes du Parti socialiste catalan. Un alliage qui reste à ce jour improbable dans la mesure où ces "deux [derniers] partis ont d'ores et déjà annoncé qu'ils ne voulaient pas travailler ensemble".

Manichéisme électoral

Sur le terrain, les indépendantistes martèlent leur volonté de "construire la république", même si cette promesse est jugée "vague" par Le Monde. Pour eux, le scrutin est "comme un nouveau référendum sur l’indépendance, voire un plébiscite pour ou contre le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy". Malgré cet enjeu, les deux principaux candidats indépendantistes, Oriol Junqueras  et Carles Puigdemont, "s'envoient des piques par médias interposés", alors qu'ils auraient "tout à gagner à conserver de bonnes relations s'ils souhaitent être majoritaires au Parlement", relate BFMTV.

Pour La Vanguardia, quotidien catalan, le président destitué Carles Puigdemont, exilé à Bruxelles, est devenu "un candidat online". En effet, ce dernier effectue tous ses meetings de campagne, comme celui du 19 décembre, par visio-conférence depuis la capitale belge. Oriol Junqueras en "détention provisoire", est quant à lui remplacé pour la campagne par "Marta Rovira, la numéro 2 du parti" [BFMTV].

De son côté, le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy était en Catalogne dimanche 17 décembre afin de "sauver les perspectives électorales de son parti, qui étaient tombées au plus bas" [La Vanguardia]. Effectivement, dans le bloc constitutionnaliste, qui veut "tourner la page de cinq ans de processus sécessionniste", c'est Inès Arrimadas, la tête de liste de Ciudadanos, qui représente l'alternative la plus sérieuse aux indépendantistes. La Vanguardia explique que cette dernière "aspire à gagner jeudi" mais "sans promettre plus que la fin du processus indépendantiste".

Le quotidien Le Monde souligne que sur "les réseaux sociaux, les insultes fusent entre entre les uns et les autres qui s’insultent réciproquement de 'nazis' et de 'fascistes'".

Pour reprendre les mots d'Inès Arrimadas, l'élection peut donc "se jouer à quelques voix près" [Le Parisien]. Le Monde rapporte que "dans les médias, les analystes se demandent si la Catalogne, déchirée, sera gouvernable". Et BFMTV de conclure : "la complexité du dossier catalan n'est pas prête d'être résolue".

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