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Catalogne : Carles Puigdemont renonce à la présidence catalane

Revue de presse 02.03.2018

Réfugié à Bruxelles, l'ancien président catalan Carles Puigdemont a finalement annoncé, dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, qu'il renonçait à briguer un nouveau mandat. Un retrait toutefois annoncé comme temporaire, et qui ne résout en rien le conflit entre les séparatistes et le gouvernement espagnol.

Carles Puigdemont

Capture de la vidéo diffusée sur Youtube, dans laquelle Carles Puigdemont renonce à briguer la présidence catalane - Crédits : Carles Puigdemont, Youtube

Un renoncement provisoire et sous conditions

Le président destitué Carles Puigdemont a annoncé jeudi 1er mars "dans un discours posté sur les réseaux sociaux qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat à la présidence de la Catalogne" [L'Express]. Le dirigeant indépendantiste a déclaré avoir "informé le président du Parlement catalan que, de manière provisoire, il ne présente pas [sa] candidature à l'investiture comme président". 

D'après lui, ce retrait est "la seule manière de pouvoir former le plus vite possible un gouvernement" en Catalogne, rapporte la RTBF. Suite à cette décision, Madrid n'aurait ainsi "plus aucune excuse pour maintenir sa politique d’occupation de nos institutions [et] imposer sa vision colonialiste de notre futur", estime M. Puigdemont.  

"Devant les seuls drapeaux catalan et européen", M. Puigdemont a également dénoncé "les abus de l'Etat espagnol, qui cherche selon lui à 'criminaliser l'indépendantisme'" [L'Express]. C'est à ce titre qu'une plainte a été déposée "contre l'Etat espagnol devant le comité des droits de l'homme de l'ONU", au motif que "ses droits de député" ont été violés [El diario].

C'est toutefois "sous certaines conditions" que l'ancien chef de l'exécutif catalan a "finalement accepté de faire un pas en arrière" [Le Monde]. "Quelques heures plus tôt, il a obtenu la reconnaissance symbolique de sa légitimité" à travers le vote au Parlement catalan d'une résolution rejetant sa "destitution illégale et illégitime", relève le quotidien.

"Enfin et surtout, il entend maintenir un certain contrôle sur la politique de la région autonome" [Le Monde] : "dans les prochains jours", un "Conseil de la République" sera ainsi mis sur pied à Bruxelles, sous sa probable présidence, pour conduire la "République catalane" sur le "chemin de l’indépendance effective".

L'impossible succession ?

Pour le remplacer au Parlement catalan, M. Puigdemont a proposé "la candidature de Jordi Sànchez, président de la puissante association indépendantiste Assemblée nationale catalane (ANC) et numéro deux sur sa liste" [Le Monde]. Or ce dernier "est en détention préventive, et ne devrait pas non plus pouvoir être investi président", rappelle Libération. En effet, "Jordi Sànchez n’obtiendra pas l’autorisation de la justice pour participer à la session d’investiture" [RTBF]. La RTBF ironise ainsi : "un détenu pour remplacer un exilé, voilà qui annonce un nouveau conflit politico-judiciaire".

Pour Libération, un tel "bras de fer", qui "va se prolonger avec la tentative d’élection de Jordi Sanchez", permet d'envisager "un retour aux urnes". Une option à éviter pour le camp séparatiste, vis-à-vis duquel l'adhésion de l'opinion catalane semble aujourd'hui "en forte baisse, autour de 40%".

Néanmoins, "l'entourage de M. Puigdemont a également dessiné un plan C", relate El diario. Il s'agirait de nommer Jordi Turull, ancien ministre catalan… également menacé "d'être déclaré inéligible". Une stratégie qui, d'après le quotidien espagnol, vise "précisément [à] maintenir la pression sur l'Etat" espagnol. "Nous ne renoncerons pas, nous ne nous rendrons pas", a ainsi martelé Carles Puigdemont lors de son discours.

De son côté, le gouvernement de Mariano Rajoy s'est félicité de ce retrait, y voyant le résultat de sa détermination "à utiliser tous les recours à sa portée pour empêcher ce contournement de la légalité" [La Vanguardia].