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Calais : François Hollande promet la disparition du campement de la "jungle" d'ici la fin de l'année

Revue de presse 27.09.2016

En visite à Calais pour la première fois depuis le début de son quinquennat, le Président de la République a promis hier un démantèlement complet de la "Jungle", surnom du tristement célèbre camp de migrants de la ville, d'ici la fin de l'année. Cette promesse s'inscrit dans un contexte de campagne présidentielle déjà bien entamée, où la question migratoire s'annonce incontournable, sur fond de montée des populismes et de délitement de l'Union européenne.

François Hollande

Un démantèlement difficile à mettre en œuvre

Selon La Croix, "Affirmer, comme l’a fait François Hollande lundi 26 septembre à Calais, qu’il sera possible de démanteler ce camp 'définitivement, entièrement, rapidement, c’est-à-dire d’ici à la fin de l’année' apparaît donc comme un défi extrêmement difficile à relever." Les nombreux témoignages de militants associatifs et agents de l'Etat, s'évertuant à convaincre les migrants de quitter la Jungle pour rejoindre des centres d'accueil ailleurs en France, l'attestent, d'après le quotidien. Le défi ne semble néanmoins pas démesurément inquiéter le chef de l'Etat, qui s'est engagé à revenir à Calais une fois le démantèlement du camp achevé, comme l'ont relevé Les Echos.

François Guennoc, bénévole à l'association l'Auberge des migrants, interrogé par Libération, estime quant à lui qu'il faudra "prendre son temps […], au moins trois mois, sinon on s’expose à la création de petites jungles dans les environs".

Dans une tribune du Figaro, Xavier Saincol, juriste, revient sur le "désastre historique de Calais de François Mitterrand à François Hollande". Selon lui, "il faut se rappeler que l'aveuglement politique date du début des années 1990 avec les Accords de Schengen".

Calais, un symbole dans la course à la présidentielle de 2017

La visite de François Hollande à Calais, une semaine après celle de Nicolas Sarkozy, ne doit rien au hasard, d'après plusieurs médias. Selon Les Echos, François Hollande a voulu faire taire les critiques de la droite quant à son supposé laxisme, tout en mettant en avant la fibre humanitaire censée caractériser la gauche : "D'un côté une 'vraie fermeté' pour lutter contre l'immigration irrégulière et 'assurer l'ordre public', l'Etat devant, selon lui, être 'capable de se faire respecter'. De l'autre, 'l'humanité' et la 'solidarité' envers des populations fragiles 'qui fuient leurs pays pour échapper aux persécutions'".

Le journal note également que son discours lui a permis de critiquer l'attitude de l'opposition de droite dénonçant la création de "minicampements" après les annonces de relocalisation des migrants dans des centres à travers la France. Selon le président, il ne s'agit là que d'"instrumentalisations", de "polémiques" qui "tournent le dos aux principes des valeurs de la République". Une "manière d'accuser une fois de plus la droite de menacer l'Etat de droit" selon le journal.

Le Deutsche Welle dans sa version anglophone, va également dans le sens des Echos, citant Jens Althoff, directeur du bureau parisien de la Fondation Heinrich Böll, estimant à propos de la visite du chef de l'Etat à Calais, qu'il "s'agit clairement d'une politique symbolique à l'approche de la campagne".

Libération qualifie le ton du chef de l'Etat de "très sarkozien". Le journal revient notamment sur les réactions de la maire de Calais qui a donné rendez-vous au chef de l'Etat en janvier prochain. Selon Le Figaro, Natacha Bouchart s'est dite "pleine d'espoir" après la venue  de François Hollande dans sa ville. Selon le journal, "le chef de l'Etat lui aurait également assuré que l'important dispositif policier mobilisé sur le Calaisis, quelque 2100 hommes, un record, 'restera en place' après le démantèlement puisque le gouvernement 'n'acceptera pas qu'un seul campement puisse se réinstaller'".

Bras de fer entre le Royaume-Uni et la France

Au-delà des manœuvres politiciennes de la campagne présidentielle française, Calais est aussi une importante source de tensions entre Britanniques et Français. François Hollande n'a pas hésité à rappeler le Royaume-Uni à l'ordre dans la gestion de ses frontières : "Je voudrais exprimer ma détermination à voir les autorités britanniques jouer leur rôle dans l'effort humanitaire que la France est en train de mener ici", a-t-il déclaré lors de son discours à Calais, ajoutant que le fait que le "Royaume-Uni [ait] pris une décision souveraine [en voulant sortir de l'UE] ne l'absout pas de ses obligations envers la France" [The Guardian]. A l'inverse, analyse le journal britannique, le gouvernement britannique, défend une position diamétralement opposée, affirmant que "le démantèlement du camp de Calais relève de la responsabilité du gouvernement français".

"Aujourd'hui, la question de la renégociation de ces accords est dans tous les esprits" note le Huffington Post. Nicolas Sarkozy a fait savoir début septembre sa volonté de "négocier les conditions d’un nouvel accord du Touquet" en cas de victoire aux élections présidentielles, rappelle le journal. "Je veux que nos amis britanniques assument désormais le traitement des demandes de ceux qui veulent l’asile chez eux, dans un centre fermé, en Grande-Bretagne, et assument également le retour de ceux qui seront déboutés", avait-il alors souhaité, position partagée par l'ensemble des candidats à la primaire des Républicains, explique le Huffington Post. Toutefois, le Royaume-Uni est très satisfait de ces accords, note le journal. "Rien ne garantit donc que le rappel de François Hollande soit entendu, et encore moins écouté, côté britannique", conclut-il.

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