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Budget français : la tension monte d'un cran en Europe

Revue de presse 14.10.2014

C'est le parcours du combattant pour le gouvernement français. Cette semaine, ses membres doivent défendre le projet de budget de la France à Paris et à Bruxelles. Le budget était commenté hier, en réunion des ministres des Finances de l'Eurogroupe. Même chose ce matin, mais avec l'ensemble des ministres des Finances de l'Union européenne (Ecofin). Également aujourd'hui, le projet sera discuté à l'Assemblée nationale. Demain, Michel Sapin devra rendre sa copie à la Commission européenne et il n'a pas l'intention de la modifier, malgré les critiques.

Michel Sapin

Les échanges se corsent entre le gouvernement français et ses homologues européens. France info rapporte que "le président de l'Eurogroupe a montré son importance et son influence en critiquant la France qui souhaite un nouveau délai pour respecter les règles sur les déficits publics". Les Échos précisent que "la manière dont Paris déclare unilatéralement qu'il ne modifiera pas son budget irrite bien des Etats membres de la zone euro" et que "pour beaucoup de pays européens, au nord comme au sud, l'attitude du gouvernement français est cavalière et met en cause la crédibilité du Pacte de stabilité".

"Il faut respecter la France, c'est un grand pays. Je n'accepte pas de leçons de bonne gestion", a riposté Manuel Valls  face aux attaques de ses partenaires européens [Le Nouvel Observateur]. Le journal rappelle la situation délicate de Pierre Moscovici, qui "montre patte blanche à Bruxelles, où il a été surnommé 'le braconnier devenu garde-chasse', parce qu'il avait lui-même obtenu un délai de deux ans pour la France".

Michel Sapin n'est pas en reste. Dans une interview aux Echos, le ministre réexplique quels sont les vrais pouvoirs de l'institution européenne  : "la Commission,  je le rappelle, n’a absolument pas le pouvoir de 'rejeter', 'retoquer' ou 'censurer' un budget, comme j’ai pu le lire. Ici, comme ailleurs, la souveraineté appartient au Parlement français". Le Figaro, quant à lui tempère et rappelle que " la Commission peut toujours rappeler la France à ses engagements si celle-ci n'a pas respecté les normes budgétaires imposées au sein de l'Union européenne".

Le Monde se demande si le gouvernement français est dans le "déni de réalité, optimisme de façade ou pragmatisme raisonnable tempéré". L'opposition entre les positions allemandes et françaises divise plus que ces deux pays et le débat commence à tourner. Challenges rapporte les propos de journalistes européens. "L'Allemagne se proclame modèle du monde, mais l'orgueil précède la chute", lance Olaf Gersemann, rédacteur en chef des pages économiques du journal allemand Die Welt. Dans le Daily Telegraph, Marcel Fratzscher, va plus loin et affirme que "dans 10 ans, la France sera la première puissance de l’Europe continentale".

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