Derniers articles publiés

Bruxelles se réveille au lendemain des pires attaques de son histoire

Revue de presse 23.03.2016

Frappée en plein cœur, la capitale de la Belgique et de l'Union européenne se réveille difficilement ce matin, après les attaques d'une ampleur historique à l'aéroport de Zaventem et dans une station de métro du centre-ville. Le point sur la situation et le début de l'enquête alors que le bilan provisoire fait état d'une trentaine de morts et de plus de 200 blessés.

commission européenne

Trois explosions successives dans la matinée

La Belgique est sous le choc. "Les autorités ont décrété un deuil national de trois jours après les attentats perpétrés à l’aéroport et dans une station de métro de Bruxelles, qui ont fait au moins 31 morts et plus de 200 blessés" indique Le Monde. Le Quai d'Orsay a par ailleurs indiqué que parmi les blessés se trouvent huit Français, "dont trois sont grièvement touchés".

"Il était environ 8 heures du matin lorsque deux explosions successives ont tout d’abord retenti à l’aéroport, semant la panique et le chaos" racontent Les Echos. De plus, "une troisième [bombe] était prévue, puisque les enquêteurs ont retrouvé, plus tard, un engin explosif intact".

Libération rapporte les premiers témoignages selon lesquels "des tirs auraient d’abord été entendus dans le hall des départs, avant qu’une personne ne lance des cris en arabe et qu’on entende deux explosions." Le bilan humain est lourd, 11 morts et plusieurs blessés graves, ainsi que des dégâts matériels dans le hall d'enregistrement : "les façades ont été brisées et les plafonds éventrés. Des témoins ont aussi décrit une odeur de poudre et beaucoup de poussière" [Le Monde].

On sait d'ores et déjà que l'aéroport de Zaventem, fermé juste après les attaques, n'ouvrira pas mercredi et que le trafic y est suspendu [Libération].

Hier, à peine une heure après l'attentat à l'aéroport, à 9h11, une troisième explosion est survenue à la station de métro Maelbeek "non loin des institutions européennes" et "selon le dernier bilan du ministère des Affaires étrangères, au moins 20 personnes sont mortes". Le ministère de l'Intérieur compte lui "130 personnes blessées" [Le Monde].

Les attaques ont rapidement été revendiquées par l'Etat islamique qui "a évoqué dans les deux cas, l'intervention de kamikazes" [Le Monde].

Les kamikazes déjà identifiés par la police belge

C'est la RTBF qui a confirmé cette information dans la matinée de mercredi: "les frères El Bakraoui, deux Bruxellois, ont été identifiés parmi les kamikazes présumés des attentats". Brahim El Bakraoui "aurait servi de bombe humaine lors de l'attentat contre l'aéroport" et son frère Khalid "serait le kamikaze qui a perpétré le carnage dans le métro".

La télévision belge y voit un "lien direct avec la cellule de Paris", c’est-à-dire l'équipe qui a commis les attentats du 13 novembre dans la capitale française. Khalid El Bakraoui aurait notamment "loué la planque de Charleroi qui avait servi à la préparation des attentats de Paris". Une piste qui confirmerait le lien entre ces attaques et "l'arrestation de Salah Abdeslam vendredi 18 mars" [RTBF].

Par ailleurs, un homme est toujours activement recherché. C'est celui qui apparaît aux côtés des deux kamikazes de l'aéroport sur des images de vidéosurveillance quelques minutes avant l'attaque. "Sur la photo diffusée par la police, on voit un homme portant une veste et une chemise claires, ainsi que des lunettes sous un chapeau noir et poussant un chariot avec un gros sac noir" [Le Monde].

"Des perquisitions ont par ailleurs été menées dans le cadre de l'enquête ouverte mardi matin après les attentats" indique Le Monde. "Un engin explosif contenant entre autres des clous ainsi que des produits chimiques et un drapeau de l'Etat islamique ont été découverts à Schaerbeek, selon le parquet fédéral belge".

Des réactions partout en Europe

Les évènements ont rapidement fait réagir les dirigeants et politiques européens, comme le rapporte le blog Bruxelles2, qui titre par ailleurs "L'Europe solidaire. Une attaque contre les valeurs démocratique et de tolérance".

Une déclaration commune des chefs d'Etats et de gouvernement de l'UE dénonce "une attaque contre notre société démocratique ouverte". Donald Tusk, le président du Conseil européen, a souligné le lien historique et politique de Bruxelles avec l'UE : "Bruxelles nous accueille, nous aiderons Bruxelles".  Alors que la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères Federica Mogherini, en déplacement en Jordanie, a fait un parallèle avec l'instabilité qui touche le Proche-Orient : "les racines de notre peine sont les mêmes dans nos régions" avant d'être submergée par l'émotion.

François Hollande a de son côté rappelé qu'"à travers les attentats de Bruxelles, c'est toute l'Europe qui est touchée". Le Premier ministre britannique David Cameron a dénoncé des terroristes qui "attaquent notre mode de vie et nous attaquent pour ce que nous sommes. Nous ne les laisserons jamais gagner". Enfin, le Premier ministre danois Lars Løkke Rasmussen a déclaré : "la colère, le dégoût et la tristesse me remplissent à part égale".

Les réactions et premières analyses sont également nombreuses dans la presse européenne. Le journal allemand Die Zeit détaille les mesures d'urgence prises à la suite des attentats : "Pour les secouristes et les médecins en Belgique, la terreur n'est plus un scénario. C'est la réalité. On peut maintenant juger de l'efficacité des plans d'urgence. Une question qui se pose également au sein des cliniques allemandes".

Le Frankfurter Allgemeine Zeitung s'interroge : "encore et toujours la Belgique se démarque comme un foyer de terroristes islamistes. Pourquoi y a-t-il là tant de djihadistes ?".

En Italie, une tribune du journaliste et écrivain Roberto Napoletano dans Il Sole 24 Ore appelle "les quatre puissances (Etats-Unis, Europe, Chine et Russie) à ne pas fermer les yeux, arrêter d'envoyer de l'argent et des armes au terrorisme, utiliser les dépenses publiques pour faire face aux craintes des citoyens et réduire les inégalités, renforcer l'intelligence et la défense et redonner un sens à la politique étrangère".

En Espagne, El Mundo s'interroge sur de possibles attaques dans le pays, même si pour les analystes "il n'y a pas de risque imminent en Espagne, pas de nouvelle information mais le pays maintient tout de même son niveau d'alerte 4".

Les médias parlent également beaucoup des réactions outre-Atlantique, en particulier celle du candidat républicain à la présidentielle Donald Trump : "Nous ne permettrons pas que cela se produise dans notre pays. Si cela venait à se produire, nous trouverions les responsables et ils souffriraient grandement" [Le Vif]. En réponse à ses propos sur le fait que l'ouverture des frontières en Europe avait fait passer Bruxelles de "ville sans crime" à "un enfer", Amana Fontanella-Khan, éditorialiste pour le Guardian, répond que "Donald Trump ne croit peut-être plus en l'Europe après Bruxelles. Moi, si".

Enfin, l'éditorial du journal belge Le Soir, qui titre "ce n'est pas la fin, c'est le début" rappelle que "comme c’est souvent le cas face à des attentats aussi meurtriers, le meilleur de l’âme humaine s’est aussi rapidement manifesté : les marques de solidarité, le besoin de partager, l’envie de rendre hommage. Le beau en réponse à l’horreur. L’humanité en réponse à la barbarie".