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Brexit : un dîner sans avancées

Revue de presse 17.10.2017

Hier lundi 16 octobre, la Première ministre britannique Theresa May a rencontré le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker lors d'un dîner de travail sur le Brexit. Cette entrevue s'est déroulée alors que les négociations sur le retrait britannique de l'UE piétinent, à quelques jours d'un Sommet européen en partie consacré à ce dossier.

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Theresa May et Jean-Claude Juncker à Bruxelles - crédits : Tom Evans (Crown Copyright)

"Vous verrez à l'autopsie"

Selon le gouvernement britannique, le dîner d'hier entre Theresa May et Jean-Claude Juncker "était prévu de longue date, même s’il n’était inscrit sur aucun des agendas officiels" [Libération]. Quelques heures auparavant, le président de la Commission européenne s'était amusé en répondant à une question d'un journaliste sur l'objectif de cette rencontre : "je verrai Mme May ce soir, on discutera, et vous verrez à l'autopsie" [FranceInfo].

Car il s'agit là, selon Libération, d'un "coup de poker" de Theresa May pour "décoincer la situation", à quelques jours d'un Sommet européen et alors que les négociations entreprises depuis plusieurs mois patinent. Une tentative visant à "enrôler Juncker et son négociateur en chef, Michel Barnier, comme nouveaux alliés à Bruxelles du Royaume-Uni", confirme Politico.

Mais "l'autopsie" reste peu convaincante. De fait, la déclaration commune publiée après le dîner "élud[e] les détails clés qui posent encore problèmes dans des négociations de plus en plus tendues" [L'Expansion]. Les échanges, poursuit le magazine, ont porté sur "les avancées faites jusqu'ici" mais aussi sur les "défis européens et mondiaux actuels". Les deux dirigeants ont par ailleurs convenu d'"accélérer dans les prochains mois" [Ouest France]. Mais selon Politico, cette déclaration montre à quel point "les négociations sont mal parties" entre Londres et Bruxelles.

Des négociations au point mort

Pour l'instant les négociations stagnent, comme le montre "le dernier cycle de discussions la semaine dernière [qui] n’a permis aucune avancée significative" [Ouest France]. Pour l'UE "il n'y a pas eu de progrès suffisants dans les trois domaines clefs des discussions (…) – les droits des citoyens, la frontière irlandaise et la facture du divorce", rappelle The Guardian. Au contraire, "Londres estime avoir déjà proposé des compromis conséquents, exposés notamment dans le discours de Florence prononcé fin septembre par Theresa May" [Libération].

Or, pour démarrer de nouvelles discussions sur la future relation commerciale entre l'UE et le Royaume-Uni, les Vingt-Sept veulent des "progrès suffisants (…) sur les conditions du divorce" [L'Expansion]. A quelques jours d'un Conseil européen les 19 et 20 octobre, "le Royaume-Uni espérait que les 27 utiliseraient ce sommet pour (…) passer à la phase suivante : le futur accord commercial" [The Guardian]. Cependant pour les Européens le compte n'y est pas, même si "des discussions internes préparatoires" pourraient tout de même être lancées en guise de main tendue [Ouest France].

Un échec des discussions en perspective ?

Selon Ouest France, "face aux semaines qui s’écoulent sans résultat, la perspective d’un échec des négociations est peu à peu intégrée dans les scénarios des principaux acteurs". Ces incertitudes concernant les discussions ont "pesé lundi sur la livre sterling" [Ouest France].

De son côté, Theresa May doit aussi faire face à "une grogne de plus en plus perceptible chez les députés [britanniques] de tous bords" [Libération]. Car, comme le souligne le quotidien, "de plus en plus de parlementaires estiment qu’une sortie de l’Union européenne sans accord serait une catastrophe pour l’économie du pays et envisagent de voter un amendement rejetant une telle option". Une éventualité prônée par les partisans d'un Brexit "le plus dur possible", avec lesquels doit aussi composer la Première ministre [The Guardian].

D'après The Guardian, la Première ministre était accompagnée de son conseiller pour le Brexit Ollie Robbins et de son ministre pour le Brexit David Davis, tandis que M. Juncker est venu avec son directeur de cabinet Martin Selmayr.

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