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Brexit : Theresa May évite de justesse un camouflet face au Parlement britannique

Revue de presse 13.06.2018

A Londres, un vote crucial sur le Brexit se tenait mardi 12 juin à la Chambre des communes. In extremis, la Première ministre Theresa May a obtenu l'abandon d'un amendement, qui aurait donné aux députés le dernier mot sur l'accord de divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.

La Première ministre britannique, Theresa May

La Première ministre britannique, Theresa May - Source : Flickr - Crédits : Gouvernement du Royaume-Uni

Ce mardi, Theresa May a remporté une première victoire face aux députés britanniques pro-UE. Alors que la Chambre des communes examine les 12 et 13 juin la loi sur le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, la Première ministre a obtenu l'abandon de l'amendement 19 sur le "vote significatif" ("meaningful vote"). Une disposition qui aurait "accordé aux députés un vote sur l’accord final" avec l'UE et à laquelle s'oppose le gouvernement, résume Courrier International.

Vote décisif

Pour la BBC, ce vote était "probablement le plus dangereux" pour Theresa May, compte tenu du pouvoir considérable qu'il accordait aux députés britanniques. Dans le cas où les conditions du futur accord avec l'UE étaient rejetées par le Parlement, ou en cas d'absence d'accord ("no deal"), les députés auraient obtenu le pouvoir de décider de la stratégie à suivre pour la suite des négociations avec Bruxelles. Une prérogative d'ordinaire détenue par le gouvernement.

Or, Theresa May ne dispose que d'une courte majorité au sein de la Chambre des communes, notent Les Echos. Même dans son camp conservateur ("Tories") la Première ministre fait "face à des récalcitrants contre la ligne qu'elle a tracée", ajoute le quotidien. Des frondeurs conservateurs, pro-UE, comptaient se joindre aux partis d'opposition pour voter en faveur de l'amendement. Finalement, rapporte le journal britannique The Guardian, Theresa May les a convoqués juste avant le vote dans son bureau afin de négocier leur soutien en échange de concessions. Elle a ainsi remporté le vote in extremis, puisque seulement 324 députés ont voté en faveur d'un rejet de l'amendement et 298 contre.

Concessions

D'après The Independant, le gouvernement de Theresa May devrait détailler, dans les jours à venir, les compromis accordés. Interrogée par le journal britannique, une source gouvernementale explique que les ministres seraient susceptibles de céder sur certains points : "l'instauration d'une échéance en novembre pour un accord avec l'UE", ainsi qu'un "droit de veto" au Parlement britannique. Toutefois, selon cette source, le gouvernement ne pourrait accepter l'idée que les députés dictent directement les termes de la stratégie à suivre sur le Brexit.

Pour les conservateurs fidèles à Theresa May, la position des frondeurs est inacceptable. Le sous-secrétaire d'État parlementaire chargé du Brexit,  Steve Baker, a ainsi fustigé leur décision dans les colonnes du Guardian : "vous ne pouvez pas avoir 650 députés qui mènent les négociations". Dans un communiqué, le secrétaire d'État au Brexit, David Davis a également déclaré : "nous n'avons pas accepté, et n'accepterons pas, que la Chambre des communes lie les mains du gouvernement dans les négociations". En effet, la perspective d'un non-accord avec l'UE constitue une arme essentielle pour Londres. 

Le Monde précise que Theresa May menaçait Bruxelles d'arrêter complètement les négociations "si elle n’obtenait pas satisfaction, en répétant que 'pas d’accord du tout vaut mieux qu’un mauvais accord'". Elle "se verra[it] privée de ce chantage ultime si elle [tenait] les promesses faites mardi soir aux rebelles". Par ce biais, les députés ont obtenu une victoire importante, se félicite ainsi le quotidien : celui d'éviter "un défaut d’accord qui, en hérissant le pays de barrières douanières, provoquerait une catastrophe économique pour Londres mais aussi, dans une moindre mesure, pour le continent".

Mercredi 13 juin, d'autres amendements sont examinés par la Chambre des communes sur la loi de retrait. Encore une fois, l'étape est cruciale pour le départ du Royaume-Uni de l'UE, puisque "le but premier du texte est de transposer les lois européennes dans le droit britannique, afin d’éviter une pagaille juridique au lendemain du Brexit", expliquent Les Echos.