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Brexit : Theresa May à Bruxelles pour une réunion décisive

Revue de presse 04.12.2017

La Première ministre britannique se rend lundi 4 décembre à Bruxelles pour déjeuner avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Le Royaume-Uni ayant fait des concessions notamment sur la question financière, un compromis pourrait être trouvé.

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Theresa May et Jean-Claude Juncker, à la Commission européenne - crédits : Union européenne, 2016

Une "séquence décisive"

La Première ministre britannique déjeune lundi à Bruxelles avec le président de la Commission Jean-Claude Juncker. La locataire du 10 Downing Street est accompagnée de son ministre en charge du Brexit David Davis, tandis que M. Juncker la reçoit avec "son chef de cabinet, Martin Selmayr, et [le] négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier" [Politico]. Selon Europe 1, il s'agit d'une "séquence décisive", car Theresa May va devoir "convaincre les Européens que ses promesses sont désormais 'suffisantes' pour qu'ils acceptent d'ouvrir les discussions commerciales réclamées avec insistance" par son gouvernement.

Ce week-end les négociations n'ont pas cessé. D'après RFI "les deux équipes de négociateurs ne se seront pratiquement pas quittées". Comme le rappelle Le Vif, le président du Conseil européen Donald Tusk a posé comme date limite à Theresa May le 4 décembre afin de "formuler des propositions constructives".

Avant son déjeuner avec la locataire du 10 Downing Street, M. Juncker va rencontrer Guy Verhofstadt, "qui suit les discussions pour le Parlement européen", au sujet du statut des citoyens de l'Union européenne résidant au Royaume-Uni [Le Vif].  

La frontière irlandaise

Après sa rencontre avec M. Juncker à 13h15, Theresa May doit avoir un entretien avec Donald Tusk à 16h. C'est ce dernier qui, d'après Politico, "détermine (…) si et quand" le processus d'ouverture de la seconde phase de négociations peut s'ouvrir. Car, comme l'explique le média, c'est Donald Tusk qui envoie "à chaque capitale nationale le projet portant sur les conclusions" du Conseil européen.

Or, l'obtention d'un accord ne semble pas acquise. Le président du Conseil européen était à Dublin vendredi, s'affichant avec le Premier ministre irlandais Leo Varadkar "dans un geste d'unité très fort" [Les Echos]. Au sujet de la frontière irlandaise, M. Tusk a déclaré que toute proposition britannique "inacceptable pour l'Irlande" le serait "aussi pour l'Union européenne".

Car "l'avenir de la frontière irlandaise (…) semble être devenu ces dernières semaines la question la plus complexe", indique Europe 1. L'Eire réclame "des garanties pour éviter le retour d'une frontière physique entre les deux Irlande" [RFI]. Toutefois, The Guardian rapporte que malgré les intenses négociations de ce week-end, des "fonctionnaires irlandais ont révélé à minuit dimanche 'qu'il y a toujours du chemin à parcourir' pour atteindre" un accord sur le sujet.

Des avancées

Alors qu'auparavant la facture du divorce était le point d'achoppement des discussions, ce dossier semble avoir avancé. En effet, le commissaire européen à l'Agriculture Phil Hogan "a laissé savoir que la proposition du Royaume-Uni à ce sujet était 'très proche' des attentes européennes" [Le Vif]. L'hebdomadaire belge affirme que "les médias britanniques sont persuadés que le deal est entériné".

Mais des doutes persistent sur la question des droits des citoyens européens résidant sur le sol britannique. Car les Européens exigent "la supervision de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE)", ce que Theresa May refuse pour "des raisons de souveraineté" [Les Echos].

"Brexit OMC"

Mercredi, les propositions de Theresa May devraient être débattues au sein de la Commission, "lors d'une réunion de ses membres avec le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier" [Europe 1]. Ce dernier "livrera son verdict à l'issue de cette rencontre pour le soumettre aux diplomates des 27, avant la décision finale du sommet européen de décembre". En cas d'échec des négociations, Politico estime que Mme May pourrait être contrainte par les partisans du Brexit "d'abandonner les discussions" et de se diriger vers un "Brexit OMC" sans accord.

En effet, la Première ministre britannique est sous pression à Londres, car comme l'explique The Guardian des conservateurs pro-brexit ont établi "de nouvelles lignes rouges pour May dans ses discussions avec l'UE". Ce qui, explique le quotidien britannique, "réduit significativement les chances d'obtenir un accord acceptable par l'ensemble de son parti".