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Brexit : Theresa May à Bruxelles pour débloquer la situation, sur fond de perspectives économiques en baisse pour le Royaume-Uni

Revue de presse 24.11.2017

La Première ministre britannique rencontre le président du Conseil européen Donald Tusk vendredi 24 novembre pour tenter de débloquer les négociations sur le Brexit. Un rendez-vous qui survient alors que les dernières prévisions économiques du pays sont peu enthousiasmantes.

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Theresa May et Donald Tusk, à l'occasion du Conseil européen d'octobre 2017 - crédits : Union européenne

"Abattre ses cartes d’ici début décembre"

Theresa May rencontre le président du Conseil européen Donald Tusk à Bruxelles, à l'occasion "d’un tête-à-tête" [Libération]. Cette entrevue est organisée "en marge d'un sommet de l'Union européenne avec des pays de l'ex-URSS" [La Libre].

Car les négociations sur le Brexit sont au point mort. La semaine précédente, Donald Tusk a "pressé la dirigeante britannique d’abattre ses cartes d’ici début décembre si elle voulait obtenir avant Noël un feu vert pour l’ouverture de tractations commerciales post-Brexit" [Libération].

Alors que le gouvernement britannique espère l'ouverture au plus vite des discussions sur ses futures relations avec l'Union européenne, le parlement britannique s'apprête à voter le projet de loi sur le Brexit, pour "définir les nouvelles relations entre la Grande-Bretagne et l'UE", selon Europe 1. La radio explique que celui-ci sera "débattu le 4 décembre (…) puis pendant quatre autres jours durant le mois".

Mais ce second volet des négociations n'est pas encore à l'ordre du jour : "la situation n’est pas telle que je puisse dire maintenant que nous avons fait des progrès suffisants", a ainsi déclaré le président de la Commission Jean-Claude Juncker [Libération]. Les Vingt-Sept attendent en effet des "engagements clairs pour boucler la première phase des tractations", qui porte sur le "retrait britannique fin mars 2019" [La Libre]. Un autre entretien est par ailleurs prévu "le 4 décembre à Bruxelles entre Mme May et le président de la Commission européenne".

Peur du retour de la frontière

Libération rappelle que les discussions achoppent sur la question de la facture que doit payer Londres, mais également sur "la question des droits des Européens vivant au Royaume-Uni après le Brexit, [ainsi que] sur les conséquences du divorce sur la frontière entre l’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord".

Et depuis quelques semaines, "la tension est montée d’un cran" sur cette dernière question, rapporte La Libre. Car Dublin craint un retour des frontières physiques avec l'Irlande du Nord, et réclame de Londres des "engagements clairs", sans quoi elle pourrait opposer son veto à toute négociation sur un futur accord [Libération].

"La frontière, autrefois hérissée de barbelés et de miradors, a été démantelée après l’accord de paix de 1998 et elle est aujourd’hui invisible" [Le Monde]. Et les Irlandais ont peur que "cette ligne de démarcation quasi oubliée" se transforme "en frontière extérieure de l’UE". Bien que Londres ait promis qu'il n'y aurait pas de retour à une "frontière dure" et assuré que "des contrôles automatisés des plaques d’immatriculation fer[aient] l’affaire", il s'agit pour le gouvernement irlandais d'"un leurre qui n’empêchera ni le retour des trafics et de la violence, ni le chaos économique provoqué par des réglementations divergentes au Nord et au Sud".

Des perspectives économiques sombres

Tandis que l'incertitude règne sur l'avenir des relations avec l'Union européenne, les pouvoirs publics britanniques ont "nettement abaissé leurs prévisions économiques pour le pays jusqu'en 2021", annonce RFI. La croissance pour ces prochaines années se situerait "entre 1,3 et 1,5 %", tandis que "jusque-là, les prévisions outre-Manche tournaient plutôt autour de 2 % du PIB".

Pour l'éditorialiste de The Guardian Larry Elliott, cité par Le Point, "la crise de Suez en 1956 fut le moment où le Royaume-Uni se rendit compte qu'il n'était plus aussi puissant qu'avant. Le budget 2017 est son équivalent économique". L'hebdomadaire souligne que "ces prévisions peu reluisantes contrastent avec le dynamisme affiché par le pays depuis la crise financière de 2008-2009".

A cette annonce s'ajoute la prédiction par "deux des plus importants think thanks du pays" que le Royaume-Uni va "langui[r] au milieu de deux décennies de perte de croissance des salaires et d'une chute des standards de vie à long terme" [The Independent].

"L’Écosse se fait de nouveau avoir"

Face à ces perspectives, le ministre des Finances britannique Philip Hammond "se bat contre la morosité", en "mis[ant] sur l’investissement, avec notamment 50 milliards d'euros pour le logement ou l’augmentation des dépenses de santé, afin de relancer la machine et calmer (…) l'opinion" [RFI].

Néanmoins, les mesures annoncées par le chancelier de l'Echiquier sont loin de faire l'unanimité.

Le journal écossais The National, par exemple, les qualifie de "grosse arnaque", jugeant que "l’Écosse se fait de nouveau avoir" et que "certains services publics, comme la police et les sapeurs-pompiers, sont appelés à payer davantage d’impôts" [Courrier international]. La Première ministre écossaise a quant à elle qualifié la promesse d'aide financière de deux milliards de livres, faite à l'Ecosse par Philip Hammond, de "poudre aux yeux".

Et Courrier international de conclure qu'"il est de plus en plus question de l’organisation d’un nouveau référendum sur l’indépendance" en Ecosse, à la suite du résultat du référendum sur le Brexit contre lequel "62% des Ecossais ont voté".