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Brexit : si le Royaume-Uni se prépare, de nombreux doutes subsistent

Revue de presse 22.08.2018

Michel Barnier et Dominic Raab, les négociateurs de l’Union européenne et du Royaume-Uni sur le Brexit, sont apparus ensemble mardi 21 août lors d’une conférence de presse commune sur l’avancement des négociations. Dans le même temps, le ministre du Commerce international Liam Fox affiche ses ambitions quant à l’après Brexit.

Dominic Raab (à gauche) et Michel Barnier (à droite), le 21 août 2018

Dominic Raab (à gauche) et Michel Barnier (à droite), le 21 août 2018 - Crédits : Lukasz Kobus / Commission européenne

Une seule certitude : les négociations vont se poursuivre

Le négociateur en chef de l’Union européenne Michel Barnier s’est voulu rassurant : "les négociations entrent maintenant dans leur phase finale", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse qui s'est tenue le mardi 21 août, avec son homologue britannique Dominic Raab [Le Monde]. Ce dernier, nommé il y a un peu plus d’un mois, "évoque, lui, une ‘intensification’ des discussions et ‘l’engagement renouvelé’ de Londres pour les poursuivre », poursuit le quotidien. Cité par Europe 1, M. Raab s'est voulu rassurant déclarant que "nos actes parlent plus que nos paroles. Nous sommes là, je vois de nouveau Michel Barnier la semaine prochaine".

Que retirer cette apparition commune ? "Peu de nouveauté à la clé" estime Le Monde, "hormis le fait qu’Européens et Britanniques vont désormais négocier ‘en continu’ avec l’espoir, peut-être, d’aboutir à un accord sur les termes de la séparation ‘au début novembre au plus tard’".

"La publication début juillet du plan de sortie de la Première ministre britannique, Theresa May, et les rencontres entre les équipes de négociation au cours de l’été n’ont pas fait avancer des négociations enlisées depuis plusieurs semaines ", constate Sud-Ouest.

Au cœur des pourparlers, "la question-clé, à savoir le fait d’éviter la création d’une frontière hermétique entre l’Irlande du Nord, province du Royaume-Uni, et le reste de l’île, membre de l’UE" [Le Monde]. À l’heure actuelle, celle-ci "n’est, en tout cas, pas réglée".

Dans un tout autre registre : "les discussions bloquent aussi sur certaines conditions du divorce comme la protection des indications géographiques", rapporte Sud-Ouest, ou encore de manière plus politique, sur la déclaration qui "doit accompagner l’accord de retrait et décrire la nature de la future relation entre l’UE et le Royaume-Uni".

Ajoutant à la tension existante, "plusieurs membres du gouvernement britannique ont brandi la menace d'un départ sans accord au cours de l'été et les deux camps ont indiqué se préparer à toute éventualité" [Europe 1]. D’ailleurs, Michel Barnier "s’est agacé des critiques outre-Manche" signale Sud-Ouest, et a ainsi déclaré : "j’entends beaucoup le débat au Royaume-Uni sur le ‘no deal’, je vois même se développer de manière un peu accentuée ce ‘blame game’ contre l’Union européenne en cas d’absence d’accord".

Ambition de devenir une "superpuissance exportatrice"

Successeur de Boris Johnson aux Affaires étrangères, Jeremy Hunt "estime que son pays s’en sortirait mieux qu’une Europe qui souffrirait plus durablement d’un échec de la négociation", rapporte Le Monde. C’est selon cette optique que "le ministre britannique du Commerce international, Liam Fox, a présenté mardi 21 août une stratégie visant à faire du Royaume-Uni une ‘superpuissance’ des exportations après le Brexit" [Challenges].

Alors que "Bruxelles a d’ores et déjà prévenu [Theresa May] que le Royaume-Uni ne pourrait pas bénéficier des avantages du marché unique sans respecter les règles sur la libre circulation des personnes entre les 28 pays" [Sud-Ouest], "les autorités veulent travailler avec les grandes entreprises pour construire un réseau complet de fournisseurs au Royaume-Uni", décrit ainsi Challenges. L'objectif : "aider les exportateurs à partager leur expérience avec les sociétés cantonnées au marché domestique et offrir des informations et conseils aux firmes".

Pour étayer ses propositions, le ministre se base sur les chiffres des années précédentes : "les exportations de biens et de services ont atteint près de 620 milliards de livres en 2017 (690 milliards d'euros)" constituant "une progression de 11% par rapport aux exportations de 2016 et de 19% par rapport à celles de 2015" [Challenges]. Cela dit, "les analystes attribuent toutefois une bonne part de cette hausse à un effet mécanique de la dégringolade de la livre sterling", conséquence du vote pour le Brexit au référendum du 23 juin 2016.