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Brexit : Madrid inflige coup sur coup deux camouflets aux Britanniques

Revue de presse 03.04.2017

Depuis le déclenchement, le 29 mars dernier, de l'article 50 devant conduire au Brexit, les Vingt-Sept affûtent leurs arguments afin de négocier à leur avantage le départ volontaire du Royaume-Uni de l'Union européenne. Contre toute attente, les premières salves européennes sont venues d'Espagne, ravivant les tensions autour de Gibraltar et de l'Ecosse. Deux attaques inattendues qui ont provoqué une onde de choc outre-Manche.

Gibraltar

"Gibraltar n'est pas à vendre, Gibraltar ne sera pas soldée"

Le Brexit choisi par 52% des Britanniques en juin dernier "pourrait bien rebattre les cartes de l'avenir de Gibraltar, au même titre que d'autres territoires britanniques comme l'Irlande du Nord ou l'Ecosse", note L'Express. Ainsi, "la petite enclave située au sud de l'Espagne cédée aux Britanniques en 1713 et revendiquée par Madrid refait parler d’elle dans le contexte des négociations sur le Brexit", note RFI.

A la suite du déclenchement officiel des négociations de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne mercredi dernier, l'UE a présenté "les grandes lignes" de son approche des négociations futures [Les Echos]. Une révélation qui déclenche l'apparition de "la première conséquence délétère du Brexit : la résurgence des conflits bilatéraux", analyse Le Monde.

Rédigé par le président du Conseil européen Donald Tusk, le document dévoilé vendredi 31 mars à La Valette reprend les grands principes exprimés depuis plusieurs semaines par les principaux leaders européens, ainsi que par Michel Barnier, le négociateur de l'UE. L'Union y propose que l'Espagne "dispose d'un droit de regard sur les futures relations entre Gibraltar et les pays du bloc communautaire lorsque le divorce avec le Royaume-Uni sera consommé" [Le Figaro]. "Cela signifie en clair que Madrid pourrait refuser que Gibraltar bénéficie de tout accord commercial conclu entre les négociateurs britanniques et européens", résume L'Express.

Cette prise de position inattendue de l'UE en faveur de l'Espagne a fait "grand bruit" outre-Manche, déclenchant des réactions en cascade dans le camp de Theresa May [Les Echos]. La Première ministre britannique a en outre déclaré qu'elle ne conclurait "jamais d'accord qui laisserait passer les habitants de Gibraltar sous une autre souveraineté sans leur volonté librement et démocratiquement exprimée". Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, a quant à lui assuré : "Gibraltar n'est pas à vendre. Gibraltar ne peut pas se marchander. Gibraltar ne sera pas soldée".

Si "la péninsule de moins de 7 km carrés" a été cédée aux Britanniques, "elle dépend de l'Espagne pour son approvisionnement", informe RFI. De plus contrairement à une majorité de Britanniques, 96% des électeurs de Gibraltar avaient voté pour rester dans le giron européen. Des arguments qui ne parviennent pas à convaincre le chef du gouvernement de Gibraltar, qui dénonce une "machination prévisible de l'Espagne", rapporte la radio. "Le statut de Gibraltar est inchangé depuis 1713. L'adhésion du Royaume-Uni au marché commun en 1973, lorsque l'Espagne n'était pas encore membre, n'a fait aucune différence. Cela ne devrait pas non plus entraîner de différence aujourd'hui", a précisé Boris Johnson dans une interview accordée au Sunday Telegraph.

A la rescousse de l'Ecosse

La deuxième pique envoyée par l'Espagne aux Britanniques concerne cette fois la demande formulée vendredi par Nicola Sturgeon, cheffe du gouvernement écossais, pour l'organisation d'un référendum sur l'indépendance de sa province.

La question "est hautement sensible en Espagne car le gouvernement redoute qu'une telle initiative alimente les revendications séparatistes de la Catalogne", mais Madrid semble avoir "assoupli sa position" [Challenges]. Alfonso Dastis, ancien représentant permanent de l’Espagne auprès de l’UE, a en effet déclaré ce dimanche que "son pays 'n’envisageait pas de bloquer' l’adhésion à l’UE d’une Ecosse indépendante" [Le Monde].

"Selon le ministre, les situations de l’Écosse et de la Catalogne ne peuvent pas être comparées, car les revendications des séparatistes catalans sont anticonstitutionnelles", précise Euractiv.