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Brexit : les 27 s'unissent en vue des négociations

Revue de presse 28.04.2017

A la veille du sommet européen sur le Brexit qui aura lieu demain à Bruxelles sans le Royaume-Uni, les 27 Etats membres souhaitent afficher un front uni. Les négociations s'annoncent en effet complexes et, déjà, apparaissent des tensions entre Londres et l'Union européenne. Theresa May assurant que "les 27 autres états sont en train de s'unir contre nous".

Theresa May

Un sommet européen sous le signe de l'unité

En prévision du sommet européen du 29 avril consacré à la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, les 27 ministres des Affaires étrangères se sont réunis à Luxembourg jeudi 27 avril. Un seul mot d'ordre régnait lors de cette rencontre :"l'unité", avec comme objectif "d'afficher un front uni face à Londres, qui pourrait être tenté de jouer sur les intérêts parfois divergents entre pays européens", affirme France 24.

Michel Barnier, négociateur en chef pour la Commission européenne, s'est félicité de la solidarité entre les 27 : “Nous avons une ligne claire et nous sommes prêts" [Euronews]. En effet, à la veille du sommet, les 27 Etats membres "ont déjà quasiment fixé leur ligne de conduite" [La Croix]. "[Il] semble qu'actuellement nous soyons complètement unis, sur tout", a affirmé le vice-Premier ministre maltais Louis Grech, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE [L'Expansion].

"La question, pourtant, est de savoir si l'unité va au-delà... du principe d'unité. Seule l'entrée dans le vif du sujet permettra véritablement de tester la cohésion du groupe", soulignent Les Echos. L'unité est fragile, et "dès jeudi, le ministre allemand des Affaires européennes, Michael Roth, mettait en garde contre la tentation de certains pays de traiter bilatéralement avec Londres, tandis que son homologue autrichien, Sebastian Kurz, prévenait que son pays ne paierait pas un euro de plus après le Brexit", ajoute le journal.

Des négociations qui s'annoncent "difficiles"

Alors que l'UE "espère entamer les négociations sur l'article 50 après les élections générales anticipées prévues au Royaume-Uni le 8 juin" et que Michel Barnier recevra son mandat de négociateur le 22 mai, les discussions s'annoncent d'ores et déjà complexes [L'Expansion]. En préparation, "Theresa May, a déjà rencontré les présidents des trois institutions européennes" [Euronews].

Les négociations se focaliseront en particulier sur trois sujets : l'accès au marché intérieur, le sort des ressortissants européens et le coût à payer pour le Royaume-Uni. Sur le premier sujet, les Etats membres "n'entendent pas, en particulier, donner à la Grande-Bretagne un accès plein et entier au marché intérieur de l'UE sans maintien d'une libre circulation des citoyens européens au Royaume-Uni. Ce que Londres refuse", note L'Expansion.

Le sort réservé aux citoyens de l’UE vivant outre-Manche préoccupe également les Européens. Le texte qui sera présenté le 29 avril, que l'AFP a pu se procurer, "exige un 'droit au séjour permanent' pour les ressortissants pouvant justifier de cinq années de résidence au 29 mars 2019, date officielle de sortie pour les Britanniques", indique La Croix.

Troisième sujet, la facture que Londres devra régler pour sortir de l'UE. "L’ardoise que l’UE voudrait laisser aux Britanniques pour solder leur relation avoisine les 60 milliards d’euros", rappelle La Croix.  L'UE entend en effet faire payer le Royaume-Uni "jusqu’au bout de la période budgétaire sur laquelle il est engagé (2014-2020)", poursuit le journal.

"Autre principe qui sera gravé dans le marbre samedi : celui de traiter d'abord le divorce avant d'évoquer les contours de la future relation avec le Royaume-Uni", précisent Les Echos.

Passe d'armes entre Angela Merkel et Theresa May

Jeudi 27 avril, Angela Merkel a clarifié devant ses députés sa position vis-à-vis du Brexit. Elle a ainsi affirmé qu'un "pays tiers ne bénéficiera pas des mêmes droits, ou de droits plus avantageux, qu'un pays membre" de l'Union européenne, avant d'ajouter :"peut-être pensez-vous que tout ceci est évident, mais je dois malheureusement le dire aussi clairement car j'ai le sentiment que certains en Grande-Bretagne se font encore des illusions à ce sujet", rapporte L'Expansion. Insistant sur les "efforts" que demanderont les négociations pour les deux parties, "la chancelière s'est efforcée de faire preuve de fermeté avant des négociations qu'elle prévoit 'difficiles'".

"Le chemin du Brexit est semé d'embûches pour les Britanniques", résume Franceinfo. "Les 27 autres pays européens sont en train de s’unir contre nous", a en effet fustigé Theresa May lors d’un discours de campagne à Leeds, une ville située au nord de l’Angleterre. Alors que la Première ministre cherche à élargir sa majorité conservatrice à l'occasion d'élections législatives anticipées, celle-ci a affirmé : "nous avons entendu Angela Merkel aujourd'hui et nous avons vu qu'il va y avoir des moments où les négociations seront difficiles. [...] Nous avons donc besoin du mandat et du leadership le plus fort possible. Chaque vote en ma faveur renforcera ma position durant les négociations sur le Brexit afin d'obtenir le meilleur accord pour la Grande-Bretagne" [RFI].