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Brexit : le Parlement britannique en plein débat

Revue de presse 01.02.2017

Le Parlement britannique a ouvert, mardi 31 janvier, les discussions sur le projet de loi visant à autoriser le gouvernement de Theresa May à lancer les négociations de sortie de l'Union européenne. Un débat qui devrait aboutir à l'accord du Parlement, mais qui se déroule dans un contexte délicat : la visite prochaine de Donald Trump au Royaume-Uni et le risque de sécession de l'Ecosse.

Palais de Westminster, le parlement britannique

Le Brexit : "un point de non-retour déjà franchi"

Depuis hier mardi 31 janvier et jusqu'à ce soir, les parlementaires britanniques débattent sur le projet de loi qui autoriserait la Première ministre britannique Theresa May à sortir son pays de l'UE. La semaine dernière, "la Cour suprême de Londres a estimé qu’il serait inconstitutionnel d’autoriser le gouvernement à sortir de l’Union sans le vote d’une loi par le Parlement", rappelle Euronews. En effet, c'est suite à "une bataille politique et judiciaire perdue", que Theresa May "a dû se résoudre à cette étape parlementaire", complète le média européen.

"Ce n'est pas un projet de loi pour savoir si le Royaume-Uni doit ou non quitter l'UE ou comment il doit le faire. Il s'agit simplement d'appliquer une décision déjà prise, un point de non-retour a déjà été franchi" a tenu à rappeler le ministre chargé du Brexit, David Davis, en ouverture des débats à Westminster [Libération].

Si le texte de loi est particulièrement court et devrait être approuvé rapidement, comme le souhaite le gouvernement, il a déjà suscité le dépôt de "cinq amendements motivés visant à le tuer dans l'œuf", relate l'Express. En effet "le leader du Labour Jeremy Corbyn fait face à une rébellion d'une partie de ses troupes", rapporte la BBC. Le chef du Labour a d'ailleurs menacé "d'exclure des fonctions de responsabilité au sein du parti tout député rebelle" [L'Express].

Selon le Guardian, "seuls les conservateurs modérés peuvent éviter un hard Brexit et ils doivent se rebeller". Le journal britannique tempère cependant immédiatement ses propos, en rappelant que "l'aile gauche du Parti conservateur est également loyale par tempérament" ce qui ne présage pas "un retournement de situation sous May".

Ces premiers amendements, et ceux qui ne manqueront pas d'arriver tout au long du processus législatif appelé à se poursuivre en février, sont notamment motivés par le fait que le projet de loi "ne garantit pas l'appartenance future du Royaume-Uni au marché unique européen" ou encore "parce que les parlements régionaux ne seront pas consultés sur l'activation de l'article 50" [L'Express].

Le secrétaire d'Etat au Brexit David Davis maintient tout de même ses positions. Selon lui, voter contre le texte serait "mal éclairé". D'après le Times, le gouvernement souhaite que "le texte de loi soit approuvé d'ici la première semaine de mars", afin que Theresa May soit en mesure de déclencher l'article 50 lors du sommet européen des 9 et 10 mars prochains.

En marge du débat : la visite de Trump et le risque de sécession de l'Ecosse

Toutefois, si l'issue de la consultation du Parlement devrait être favorable à Mme May, celle-ci s'inscrit dans un contexte délicat. La visite de Donald Trump à Londres dans le courant de l'année, proposée par la Première ministre britannique, fait d'ores et déjà l'objet de nombreux débats. Alors que Theresa May se dit "très contente de cette invitation", une pétition réclamant son annulation "a été signée par plus de 1,6 million d'internautes en quelques jours" [La Tribune]. Les Britanniques ont notamment protesté "contre les restrictions à l'immigration visant les musulmans prises par le président américain et contre la réticence de Theresa May à les condamner" [Le Figaro]. "Une future visite d'État qui n'enchante" d'ailleurs "pas du tout la Reine Elizabeth II" que l'on dit "dans l'embarras" [RTL].

En outre, l'Ecosse, qui a voté contre le Brexit en juin dernier, met elle aussi la Première ministre britannique face à ses responsabilités en donnant à "Theresa May jusqu’en mars pour présenter un plan de compromis à l’Écosse" [Euractiv]. "C’est ma dernière chance d’expliquer clairement à la Première ministre que je dois voir bouger les choses un peu de son côté aussi, et dans les semaines à venir, elle a l’occasion de démontrer qu’elle fera un pas en avant", a espéré Nicola Sturgeon.

 

 

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