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Brexit : le début du divorce se précise

Revue de presse 03.10.2016

Le Brexit démarrera avant la fin mars 2017, a annoncé hier la Première ministre britannique Theresa May, lors du congrès annuel du Parti conservateur qui se déroulait à Birmingham. Si le calendrier du Brexit commence à être défini, nombreuses sont les questions laissées en suspens. Le Brexit aura lieu, mais son issue demeure des plus incertaines.

Theresa May

Une date mais peu de précisions sur le fond

L'article 50 du traité de Lisbonne relatif au retrait  d'un Etat membre de l'Union européenne sera notifié d'ici la fin mars 2017, selon Theresa May, ce qui signifiera le début des négociations officielles pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Une "déclaration qui apporte une clarté bienvenue sur le démarrage des discussions sur le Brexit" a déclaré Donald Tusk, président du Conseil européen sur Twitter, cité par L'Obs.

Une annonce qui n'a "aucun sens" pour l'opposition travailliste, tant que la Première ministre n'aura pas proposé de plan clair de ses intentions, rapporte l'hebdomadaire. La locataire du 10 Downing Street  confirme néanmoins que le Brexit aura bel et bien lieu : "'Elle ne pouvait pas se permettre de laisser passer le congrès du parti sans rien dire, estime Simon Usherwood, politologue à l'université du Surrey. Avec cette annonce, Theresa May s'engage vis-à-vis de ses députés et des partisans du Brexit'" [Les Echos].

Theresa May a certes précisé la date du début des négociations mais n'a annoncé qu'une mesure concrète, une "grande loi d'abrogation" visant à mettre fin à la transposition automatique des lois européennes dans la législation nationale. "Geste purement symbolique" pour Le Monde car ladite loi n'entrera en vigueur qu'après la sortie effective du Royaume-Uni de l'Union européenne, à savoir pas avant 2019.

Une position demeurant particulièrement floue

La cheffe des Tories n'a pas détaillé avec précision le type de nouvelle relation qu'elle souhaite entre son pays et l'Union européenne. Néanmoins, certaines orientations se profilent.

"Ce ne sera pas un modèle norvégien, pas un modèle suisse" a-t-elle notamment affirmé, en référence au fait que ces Etats non membres de l'Union européenne ont accès au marché unique en échange de la liberté de circulation [Libération]. "Nous déciderons nous-même comment nous contrôlerons l’immigration", cite également le journal, estimant que Theresa May se dirige sans doute vers un "Brexit dur". Car la libre circulation des personnes est une condition sine qua non à l'accès au marché unique.

"'On se dirige actuellement vers un Brexit plutôt radical avec une perspective de sortie du marché unique et de l’union douanière, pense Charles Lichfield, analyste politique au sein d’Eurasia Group à Londres. Le gouvernement devrait négocier un accord de libre-échange des biens et privilégier les services.'" [L'Opinion].

Le Parti conservateur est partagé entre les partisans d'une ligne dure, souhaitant un Brexit rapide, avec un rétablissement complet des frontières et la fin de l'accès au marché unique, et ceux étant prêts à se montrer plus flexibles sur la question migratoire, en échange de la présence du Royaume-Uni sur le marché unique, explique La Croix.

Même si certains analystes pensent que la Première ministre s'oriente vers la première option, Theresa May n'a pas encore pris clairement position à propos de cette alternative. Elle s'est contentée de promettre une "transition en douceur" [FranceTv Info], avec tout le flou que cette formule comporte.

Hasard du calendrier ou pas, l'annonce de Theresa May intervient au lendemain de la prise de fonction de son principal prochain interlocuteur : Michel Barnier. L'ancien commissaire européen au Marché intérieur et aux Services financiers a officiellement pris samedi ses fonctions de négociateur en chef, au nom de l'Union européenne, en vue de préparer le Brexit [Le Figaro]. Le journal explique l'agenda de ce "vétéran des institutions bruxelloises" qui dispose d'une équipe de directeurs généraux habitués à traiter les questions qui entreront en ligne de compte dans les négociations. "Bête noire de la City", l'ancien commissaire "s'attend à des négociations 'dures' mais n'a pas l'intention de déclarer la guerre au Royaume-Uni".