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Brexit : le début du "casse-tête"

Revue de presse 29.03.2017

Mardi 28 mars, Theresa May a signé la lettre officielle qui déclenche le Brexit. Après 44 ans de relations parfois houleuses avec l'Union européenne, le Royaume-Uni ouvre donc aujourd'hui officiellement la voie à deux ans de négociations complexes pour parvenir à un accord sur sa sortie de l'Union.

Brexit

Theresa May lance le processus de négociation du Brexit

Neuf mois après le vote des Britanniques, Theresa May a donc signé hier une lettre de huit pages, "que le gouvernement britannique envoie [aujourd'hui] à l’Union européenne en guise d’adieu" [RFI]. La Première ministre va annoncer le début du processus devant les députés à Westminster à 12h30 (13h30 en France). Des extraits de son discours, publiés notamment par L'Obs ont été rendus publics mardi soir. Mme May y affirme : "Quand je vais m'asseoir à la table des négociations dans les mois à venir, je représenterai chaque personne de l'ensemble Royaume-Uni (…) et oui, les citoyens européens qui ont fait de ce pays leur maison."

A Bruxelles, il est prévu que "Sir Tim Barrow, représentant permanent du Royaume-Uni auprès de l’Union européenne aille lui-même porter la lettre au président du Conseil européen, Donald Tusk, ce mercredi vers 11 h 30" [RFI]. Ce sera seulement au moment où Donald Tusk aura la lettre en main que l'article 50 du TUE sera considéré comme activé, pour la première fois dans l'histoire de l'UE, rappelle L'Obs. "Donald Tusk pourrait faire une courte déclaration dans la journée pour acter la réception de la lettre britannique", mais on attend surtout de sa part une réaction écrite qui devrait être envoyée sous 48 heures aux 27 autres Etats membres et qui devrait tracer les lignes directrices pour les deux ans de négociations à venir [RFI].

Les prochaines échéances arriveront vite pour l'Union européenne comme pour les Britanniques. Le 29 avril, les 27, sans le Royaume-Uni, se réuniront à Bruxelles pour fixer les orientations des négociations. Celles-ci devront arriver à terme le 30 septembre 2018, date butoir que s'est fixé le négociateur en chef de l'Union européenne, le Français Michel Barnier. C'est en mai 2019 que la Grande-Bretagne devra "alors quitter officiellement l'Union européenne, après ratification du Brexit par les autres Etats membres, dans les conditions conclues par les parties" [LCI]. Ces échéances seront très difficiles à tenir, d'autant plus que l'on n'entrera "dans le vif du sujet qu’après les élections en France puis à l’automne en Allemagne", note RFI.

Des négociations tendues et complexes

Les négociations s'annoncent "titanesques, comme rarement un gouvernement n'a eu à en mettre en œuvre", souligne Le Figaro. David Davis, le ministre britannique en charge du Brexit, l’a reconnu dès le mois de septembre 2016 : les négociations seront "peut-être les plus compliquées de tous les temps "[Le Monde].

D'autant plus que les points d'achoppements sont déjà perceptibles. Tandis que la Commission européenne "estime que le divorce lui-même doit être soldé (…) avant que des discussions sur les futures négociations commerciales puissent démarrer, les Britanniques insistent pour que ces deux énormes dossiers soient discutés de front", note par exemple Le Monde. Bruxelles réclame aussi, entre autres, que le Royaume-Uni continue pour un temps au moins à contribuer au paiement des retraites des fonctionnaires européens. Le déménagement de l’Agence européenne des médicaments et de l’Autorité bancaire européenne, dont les sièges sont situés à Londres, pourrait en outre coûter à lui seul 10 milliards d’euros. Au total, le chèque britannique pourrait donc atteindre 55 à 60 milliards d’euros, même si Bruxelles ne confirme aucun chiffre pour l’instant [Le Monde].

Un des premiers sujets qui devra être traité est celui des plus de 3 millions de ressortissants des 27 Etats de l’UE établis au Royaume-Uni. "Une question pleine de complexités juridiques liées aux régimes de retraite, de santé, au droit de la famille (divorce, garde des enfants…), etc." estime Le Figaro. "'Facture' du Brexit, relocalisation d'agences européennes, droits aériens, coopération judiciaire, sort des fonctionnaires de nationalité britannique, programmes de recherche, futures relations commerciales… les sujets à régler sont innombrables, complexes et potentiellement explosifs", énumère le journal. Il va en effet falloir détricoter 44 ans de législations imbriquées les unes dans les autres, depuis que le Royaume-Uni a rejoint la Communauté économique européenne en 1973 [Le Monde].

Pour les Européens, un des enjeux sera de "ne pas laisser les Britanniques, redoutables négociateurs, diviser les Vingt-Sept pour mieux parvenir à leurs fins." Jusqu'à présent, toutefois, note un proche des discussions, cité par Les Echos, "il y a un vrai esprit d'unité parmi les Vingt-Sept au sujet du Brexit car il est unanimement perçu comme un enjeu vital".

L'hypothèse de l'absence d'accord, compte-tenu de la complexité de la négociation et du temps imparti, est dans tous les esprits. Le Monde évoque la crainte des Britanniques du "couperet prévu par l’article 50 : deux ans après la notification, le 28 mars 2019, faute d’accord et sauf prolongation accordée par le Conseil européen, le Royaume-Uni sera exclu du club". C’est le "saut de la falaise", qui rétablirait des frontières douanières pour les marchandises comme pour les personnes et ferait éclater tous les mécanismes de coopération. Mais Theresa May en brandit tout de même la menace en répétant que "pas d’accord vaut mieux qu’un mauvais accord".

Des menaces que les Européens ne prennent cependant pas "très au sérieux", écrit Le Monde. "Elles sont de fait assez classiques en début de négociations, quand les parties tentent de s’impressionner mutuellement. Ils anticipent aussi que la pression des milieux d’affaires sera suffisante pour encourager Londres à conclure avec Bruxelles".

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