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Brexit : la crainte d'une sortie sans accord agite le Royaume-Uni

Revue de presse 06.08.2018

Liam Fox, le secrétaire d'Etat britannique au Commerce international a estimé, dimanche 5 août, que l’hypothèse d’un Brexit sans accord est aujourd'hui la plus probable. M. Fox reproche à la Commission européenne son intransigeance dans les négociations.

Liam Fox, le secrétaire d'Etat britannique au Commerce international

Liam Fox, le secrétaire d'Etat britannique au Commerce international. Photo : Flickr.

"Londres a lancé une offensive diplomatique pour plaider sa cause auprès des grandes capitales européennes", annoncent Les Echos. Ainsi "la Première ministre Theresa May s'est entretenue vendredi [3 août] avec le président français Emmanuel Macron au fort de Brégançon, tandis que le ministres des Affaires étrangères Jeremy Hunt a lui rencontré ses homologues français et autrichien" [La Croix].

Reçue par Emmanuel Macron à Brégançon, Theresa May vient chercher un accord sur le Brexit

Le plan de Chequers rejeté par l'Union européenne

Sachant que "Londres et Bruxelles sont censés parvenir à un accord d'ici au sommet européen d'octobre pour organiser leur divorce", le temps presse pour les Britanniques, car de nombreuses questions restent en suspens. Les Echos rapportent les déclarations de Michel Barnier, le négociateur européen pour le Brexit. Il a souligné jeudi 2 août que si "nous sommes déjà d'accord sur 80% de l'accord de retrait (…) nous devons encore trouver un accord sur des points importants" comme la question de la frontière entre l'Irlande du Nord britannique et la République d'Irlande qui reste dans l'UE [Les Echos].

Présenté en juillet par Theresa May, le plan dit de Chequers (résidence secondaire du Premier ministre britannique) "prévoit la création d’une zone de libre-échange pour les biens et produits agricoles entre le Royaume-Uni et l’UE". Cette disposition est censée permettre la résolution de la question de la frontière irlandaise, mais elle a été rejetée par Michel Barnier [Libération].

La Croix explique que ce scénario, "qui avait provoqué la démission de deux poids lourds du gouvernement britannique", David Davis et Boris Johnson, est toujours critiqué "jusque dans les rangs de la majorité". Ainsi, l’ancienne secrétaire d’État au Développement, la conservatrice Priti Patel, a déploré samedi 4 août dans The Telegraph que le plan de Chequers "nous laissera à moitié hors et à moitié dans l’UE, encore liés aux règlementations et aux contraintes européennes – le pire des deux mondes".

Le "vrai risque d'un Brexit sans accord"

Liam Fox, le secrétaire d'Etat au Commerce international, défend pour sa part le plan Chequers. Dans un entretien au Sunday Times dimanche 5 août, M. Fox a accusé Michel Barnier d'avoir retoqué le projet "seulement parce qu'il reposait sur des solutions qui n'ont jamais été mises en place auparavant" [Challenges]. "Si les Européens n'aiment pas la proposition que nous avons mise sur la table, alors il leur revient d'en formuler une que nous pourrions accepter", a-t-il ajouté.

Selon Liam Fox, "les chances que le Royaume-Uni sorte de l'Union sans accord tournent autour d'un ratio 60-40" [Les Echos]. Libération rapporte que le ministre britannique reproche à Bruxelles de se retrancher derrière des "obsessions théologiques plutôt que de se soucier du bien-être économique des Européens". Ainsi, "il ne peut y avoir qu’une seule issue" : "je pense que l’intransigeance de la Commission européenne nous pousse vers une sortie sans accord", a-t-il affirmé.

Un avis partagé par le ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, qui s'est déclaré "préoccupé" par le "vrai risque d'un Brexit sans accord" [Les Echos]. Même son de cloche de la part du  gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, qui se dit inquiet face au risque "désagréablement élevé" d'une sortie du Royaume-Uni "sans qu'un accord ait pu être trouvé sur les relations post-Brexit entre Londres et Bruxelles".