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Brexit : l'UE détaille ses directives de négociations sur fond de discorde entre Londres et Bruxelles

Revue de presse 03.05.2017

Le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, Michel Barnier, a présenté mercredi 4 mai, les directives détaillées du camp européen pour mener à bien la première phase des négociations. Une annonce qui intervient alors que les tensions montent déjà entre Londres et Bruxelles.

Michel Barnier

"Le dîner de la discorde"

"Comme nous l'avons constaté au cours des jours passés, ce ne sera pas facile", a déclaré hier la Première ministre britannique Theresa May à propos des futures négociations de sortie de son pays de l'Union européenne, dans un journal du sud-ouest de l'Angleterre [Le Parisien]. "Tout avait pourtant bien commencé", commente le journal. Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne et Michel Barnier, négociateur en chef de l'Union européenne sur le Brexit, s'étaient rendus mercredi 26 avril à Londres pour un dîner de travail avec la cheffe du gouvernement britannique. Pour leur première entrevue depuis le déclenchement de l'article 50 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, en mars dernier, les principaux acteurs du Brexit avaient notamment salué "une rencontre constructive" [Le Monde].

"Mais ça, c’était avant que la Frankfurter Allgemeine Zeitung ne publie, le 30 [avril], 'une version bien différente' des événements", nuance le journal. Selon ce quotidien allemand, Theresa May aurait affirmé que son pays ne devait pas d'argent à l'UE, alors même que les Européens évaluent à environ 60 milliards la facture que les Britanniques devront payer pour solde de tout compte. Accusant Londres de sous-estimer les difficultés techniques d'une telle négociation, Jean-Claude Juncker aurait également reproché à Mme May de vivre dans "une autre galaxie", complète Le Monde. "J'ai quitté le 10 Downing Street plus sceptique que je ne l'avais jamais été", a même confié le président de la Commission européenne au journal allemand [Challenges].

"L’affaire paraît embarrassante pour Theresa May, qui a programmé des élections législatives anticipées le 8 juin en mettant en avant sa compétence pour négocier le Brexit", commente Le Monde. Afin de dissiper les doutes des Britanniques quant à sa capacité à mener à bien les négociations sur le Brexit, Mme May a souhaité afficher "une image de négociatrice exigeante" lors d'une interview télévisée accordée hier à la chaîne d'information britannique BBC News [Les Echos]. A quelques semaines des élections législatives anticipées, la Première ministre axe en effet "toute sa campagne sur la nécessité, pour les Britanniques, d'élire un leader 'fort' pour obtenir le meilleur accord possible pour le Royaume-Uni".

Bruxelles détaille son mandat de négociations

C'est donc en pleine polémique sur le "dîner de la discorde" que Michel Barnier, négociateur en chef pour le Brexit, a détaillé les directives de négociation de l'Union européenne lors d'une conférence de presse organisée aujourd'hui à Bruxelles. Le M. Brexit français a notamment réaffirmé la nécessité pour Londres de "solder ses comptes" [Les Echos]. "Ceux qui prétendent que quitter l'Union européenne n'a pas de conséquence ne disent pas la vérité" a-t-il déclaré.

Michel Barnier a également réaffirmé sa détermination à "obtenir un accord au nom des 27" en mettant "le droit des citoyens en priorité" et à "construire une entente cordiale dans la durée et bien au-delà du Brexit" avec le Royaume-Uni.

Tony Blair de retour contre le Brexit

Plus tôt cette semaine, un autre interlocuteur difficile pour Theresa May s'était déjà révélé. Inquiet face à la perspective d'un "hard Brexit", l'ancien Premier ministre Tony Blair est sorti de sa retraite politique pour annoncer, le 1er mai, "sa décision de replonger dans l’arène politique" lors d'une interview accordée au Daily Mirror [Euronews]. "Il veut se 'salir les mains' pour combattre le Brexit", résume L'Express.

L’ex-dirigeant travailliste de 63 ans souhaite en effet peser sur les négociations entourant la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, sans toutefois préciser comment, relate Franceinfo.  "Il ne sera pas candidat aux prochaines législatives en juin prochain. Mais en fait, beaucoup d'observateurs pensent qu'il parie sur un écroulement du Parti travailliste pour apparaître comme un sauveur potentiel à l'avenir", analyse le correspondant de la chaîne d'information à Londres.