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Brexit : coup d'envoi des tractations sur fond d'incertitude politique au Royaume-Uni

Revue de presse 20.06.2017

Un an après le séisme du référendum britannique, les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne ont officiellement débuté hier à 11h. La rencontre entre les négociateurs en chef du Brexit, David Davis et Michel Barnier, a notamment permis de fixer les priorités et le calendrier des tractations. Cependant, la situation fragile dans laquelle se trouve Theresa May outre-Manche rend les conditions de la rupture encore incertaines.

Michel Barnier et David Davis

Guide des négociations

"C'est à 11 heures, ce 19 juin, que se sont ouverts officiellement à Bruxelles les pourparlers de la décennie", annonce Challenges. Michel Barnier, négociateur en chef de l’Union européenne, et David Davis, le ministre britannique chargé du Brexit, ont en effet donné hier le coup d'envoi des négociations, près d'un an jour pour après le référendum qui a conduit 52% des Britanniques à voter en faveur d'une sortie de leur pays.

Ce premier contact formel entre "un partisan de la première heure d’un 'hard Brexit'" et l'ancien commissaire européen, choisi par l'exécutif européen pour négocier au nom des 27, a permis de finaliser le calendrier et la méthode de travail, relate Ouest France. Sous l'autorité de ces deux chefs de délégation se sont constitués trois groupes d'experts "en charge de trois dossiers chauds", commente RTL.

Le premier "se consacrera aux aspects humains" et au sort "des 3,2 millions de ressortissants de l’UE installés au Royaume-Uni et des 1,5 million de Britanniques établis dans les 27 pays de l’Union européenne", détaille RFI. Le second aura à sa charge de régler les modalités de la "facture du Brexit". Quant au troisième, "il lui appartiendra de chercher des solutions équitables pour les problèmes liés à l’apposition d’une frontière extérieure de l’UE avec l’Etat tiers que deviendra le Royaume-Uni après son retrait", ajoute le journal. Bien que directement concernée par cette problématique, l'Irlande du Nord fait "l'objet d'un dialogue séparé selon un document sur 'les termes de référence' convenus par les deux parties et communiqué lundi soir", indique Ouest France. Désormais fixé, le calendrier des négociations prévoit également de nouvelles sessions de travail les semaines du 17 juillet, du 18 septembre et du 9 octobre.

Si le Royaume-Uni et l'Union européenne se sont enfin assis à la table des négociations, il semble qu'au "bout de sept heures de discussions, les deux hommes ont confirmé des priorités déjà établies", juge Le Figaro. En effet, les turbulences politiques qui agitent le Royaume-Uni, et notamment la Première ministre Theresa May, interdisent toujours "de préciser les lignes du contrat de rupture", note le quotidien.

Theresa May fragilisée à la table des négociations

Alors que deux ans de négociations entre Londres et Bruxelles viennent de s'ouvrir, "les inconnues se multiplient" côté britannique, notamment sur le sort de la cheffe du gouvernement [Challenges].

Déjà fragilisée suite au coup de poker électoral du 8 juin, la locataire du 10 Downing Street s'est une nouvelle fois heurtée à la colère des Britanniques pour sa "gestion calamiteuse" de l'incendie de la tour de Grenfell, qui a causé la mort d'au moins 58 personnes, dans la nuit du mardi 13 juin [La Tribune]. A cela s'ajoute également l'incertitude autour de l'accord qui permettrait aux Tories de former une majorité de gouvernement avec le parti nationaliste nord-irlandais DUP, qui plonge le pays dans l'incertitude politique.

Une suite de faux pas qui vaut désormais à Theresa May le surnom de "blunder queen" ou reine des gaffes, dans la presse anglosaxonne [Challenges]. Selon le Times, les conservateurs auraient même posé un ultimatum à leur cheffe en lui donnant "10 jours" pour redresser la situation.

Enfin, si le sort de la Première ministre britannique reste des plus incertains, l'avenir du "hard Brexit" l'est également. Samedi, la Première ministre d’Irlande du Nord Arlene Foster, inquiète de voir ressurgir une frontière physique entre les deux Irlande, a réaffirmé sa volonté d'aboutir à un "sensible Brexit" ou "Brexit sensé", indique la BBC. De son côté, le patronat britannique a également enjoint à Theresa May de "revenir sur son objectif de Brexit dur" en déclarant : "Il est temps de prendre en compte les positions du business" [Challenges].

Les nombreux questionnements relatifs à la voie choisie par Londres pour orchestrer le Brexit et l'avenir politique de Theresa May devraient également "hanter" le prochain Conseil européen qui débutera jeudi 22 juin, juge Le Figaro. "La Première ministre y participera de plein droit jeudi soir, jusqu'à l'heure du café, avant que les chefs d'État et de gouvernement se retrouvent sans elle", indique le journal.