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Brexit : A un mois du référendum, la pression monte

Revue de presse 23.05.2016

Quelles seraient les conséquences d'un Brexit ? A tout juste un mois du référendum sur le Brexit, c'est l'une des principales questions que se posent les Britanniques, et de surcroît les Européens. Car l'issue du vote semble toujours très incertaine et les médias n'avancent pas les mêmes chiffres. Selon Libération, la moyenne des six derniers sondages donne un avantage, à 54%, au camp favorable au maintien au sein de l’UE tandis que pour El Mundo, les partisans du Brexit auraient une légère avance. Une campagne féroce qui oppose deux camps ultra mobilisés. Le Chancelier de l'Echiquier britannique prononcera aujourd'hui un discours attendu sur les conséquences négatives d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Georges Osborne

Quelles conséquences économiques en cas de Brexit ?

C'est un discours très attendu qui sera prononcé aujourd'hui par l'un des ministres de David Cameron, George Osborne. Selon le ministère de l'Economie qui a déjà diffusé des extraits de son analyse, "le Royaume-Uni pourrait ainsi plonger dans une année de récession s'il décide de sortir de l'Union européenne" [Ouest-France].

D'ici deux ans, l'économie se contracterait de 3,6% et les prix de l'immobilier seraient inférieurs de 10% à ceux qu'ils auraient atteint autrement. L'analyse suppose que le pays deviendrait moins ouvert au commerce et à l'investissement en dehors du marché unique de l'UE, qu'il y aurait un "effet d'incertitude" sur les dépenses des entreprises et des ménages et que le Brexit aurait un effet négatif sur les marchés financiers, rapporte le Financial Times.

Invitée de l'émission de la BBC "Today", Sajid Javid, le secrétaire d'Etat au Commerce, a souligné que "le plus inquiétant de tous était la perte de plus de 500 000 emplois".

A des milliers de kilomètres, le sujet du Brexit fait aussi débat. Réunis les 20 et 21 mai dans la station thermale d’Akiu au Japon, les ministres des Finances et banquiers centraux du G7 (Japon, Etats-Unis, Canada, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, France) ont affiché une position commune. "Nous sommes tous d’accord pour reconnaître qu’une sortie du Royaume-Uni serait un choc économique, pour le pays en premier lieu, puis pour l’Europe et le monde", a déclaré à Bloomberg le ministre français Michel Sapin. "C’est un risque que nous ne devrions pas prendre".
Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques, a ajouté qu'"il n’y [avait] pas de 'plan B' en cas de Brexit" [Le Monde].

Toutes les conséquences d'un éventuel Brexit sont également analysées par les médias européens. Qu'est-ce que cela changerait pour les citoyens dans la vie de tous les jours ?, s'interroge Il Sole 24 Ore. Pour le journal italien qui liste les changements pour les étudiants, les ouvriers et les entreprises italiennes, "beaucoup dépend de quel type de relation la Grande-Bretagne négocierait avec l'UE après sa sortie".

Pendant ce temps, la campagne bat son plein. Selon le journal espagnol El Periodico, "le référendum engendre une guerre civile au sein du Parti conservateur". "Johnson et la droite des Tories cherchent un mandat par référendum pour revenir au thatchérisme: moins de régulation du marché du travail, salaires plus bas, moins de régulation du commerce", estime Paul Manson, essayiste et journaliste économique.

Elections présidentielles en Autriche, référendum sur le Brexit… l'Europe pointée du doigt

Alors que le candidat autrichien d'extrême droite pourrait être le grand vainqueur des élections présidentielles dans la journée, plusieurs médias dressent un parallèle entre cette élection présidentielle et le référendum sur l’UE au Royaume-Uni. "Le plus frappant, dans ce double processus de déstabilisation, c’est l’incapacité de l’Europe à enrayer cette mécanique", note Nicolas Beytout dans L'Opinion. Dans Les Echos, Catherine Chatignoux rapporte que les dirigeants européens, y compris  François Hollande et Angela Merkel, hésitent à intervenir dans les débats relatifs à la campagne du référendum britannique.

Juste avant le week-end, le président de la Commission européenne, avait lui-même déclaré : "Les déserteurs ne seront pas accueillis à bras ouverts. Si les Britanniques devaient dire "non" [...], le Royaume-Uni devra accepter d'être considéré comme un Etat tiers, que l'on ne caressera pas dans le sens du poil", a-t-il fait valoir suscitant de vives réactions.

"Quelle maladresse ! Cela va donner du grain à moudre au camp du non lors du scrutin du 23 juin, a murmuré le Tout-Europe -  comme il y a le Tout-Paris", déplore Dominique Seux dans Les Echos. Le journaliste rapporte par ailleurs la colère de Sylvie Goulard à l'occasion de la publication de son dernier ouvrage. L’eurodéputée ADLE rappelle que David Cameron a refusé de participer à un simple débat public au Parlement européen. "C'est inadmissible : son pays est membre depuis 1973 de l'Union et les représentants élus des vingt-sept autres peuples n'ont même pas droit à une explication ?" s'exclame-t-elle

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