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Bratislava : un sommet pour dessiner les contours de l'Europe post-Brexit

Revue de presse 16.09.2016

Décidé fin juin, le sommet de Bratislava qui se déroule aujourd'hui s'annonce comme un "rendez-vous historique", selon le président du Conseil européen. Tous les médias commentent les enjeux ce matin de cet événement post-Brexit qui, pour la première fois, ne réunira que 27 Etats membres au lieu de 28. Un sommet préparé consciencieusement depuis le début de l'été après un véritable ballet diplomatique à travers les capitales européennes. Mercredi lors de son discours sur l'état de l'Union, Jean-Claude Juncker, en présentant les grandes lignes des priorités de l'UE, a donné un avant-goût des sujets qui seront mis sur la table. Sécurité, défense, négociations sur le Brexit, et plus largement la relance de l'Europe, alors que ces derniers mois l'Union européenne a donné l'image de la division.

Sommet de Bratislava

Un nouveau club à 27 face une situation critique

"Les dirigeants européens ne s'en cachent pas. C'est à une opération de sauvetage de l'Union europé­enne qu'ils vont se livrer ce vendredi à Bratislava. En plein doute, l'Europe veut repartir de l'avant à Bratislava", écrit Catherine Chatignoux dans Les Echos. Dès son arrivée au château de Bratislava ce matin, la chancelière allemande Angela Merkel a donné le ton : "L'Union européenne est dans une 'situation critique", a-t-elle reconnu.

Pessimiste, Le Monde annonce que "la rencontre de vendredi risque par ailleurs de ne pas être le sommet du réveil politique de l’Europe de l’Est dont certains rêvaient". Les pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Slovaquie et République tchèque) "comptent livrer à Bratislava leur propre vision de l'avenir de l'Union, dont ils estiment qu'elle est trop dominée par certains grands pays" [La Croix]. Et même au sein de ce groupe des pays de l'Est, des divisions apparaissent. Leur dernière rencontre, début septembre, s’est mal passée. Hier, "à la veille du sommet, les dirigeants de ces pays n’avaient pas communiqué de proposition détaillée pour relancer l’UE" [Le Monde].

Tout comme L'Express qui explique qu'il s'agit d'un "sommet eurosceptique" et que "la tendance de fond est au renforcement du pouvoir des Etats". "Jamais, jusqu'ici, je n'ai constaté aussi peu de points communs entre les Etats membres", a reconnu Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, dans son discours sur l'état de l'Union, mercredi, qui a présenté les sujets qui seront abordés par les 27 Etats membres aujourd'hui.

Les dirigeants européens "auront une discussion très honnête sur l'état dans lequel se trouve l'UE", a assuré l'hôte de la rencontre, le Premier ministre slovaque Robert Fico, indique La Croix. L'objectif est de parvenir  à "une feuille de route des sujets les plus importants que nous souhaitons traiter dans les six prochains mois", a-t-il précisé.

Protection des frontières de l'Union, coopération policière et judiciaire, relance de l'Europe de la défense

 "Tout l'enjeu du sommet est de surmonter ces désaccords et de recentrer l'action de l'Europe sur un petit nombre de priorités partagées par tous" [Les Echos]. Mais "des sujets comme les travailleurs détachés ou la répartition des réfugiés dans l’UE depuis l’Italie et la Grèce restent hautement conflictuels" [Libération].

"Chacun connaît la situation. Le Royaume-Uni a décidé de sortir (de l'UE). Il y a des interrogations sur l'avenir de l'Europe. Soit c'est la dislocation, soit c'est la dilution, soit c'est, au contraire, la volonté commune de donner un projet à l'Europe : c'est ce que j'appelle la nouvelle impulsion", a déclaré François Hollande avant l'ouverture du sommet [Franceinfo]. Cette impulsion "doit porter sur trois priorités. La première, c'est la sécurité. Il n'y a pas de continent, il n'y a pas d'ensemble qui n'assure pas sa sécurité, sa protection", a détaillé le président français. "La France fait l'effort principal pour la défense européenne, mais elle ne peut pas être seule, elle ne veut pas être seule", a ajouté le chef de l'Etat qui a ensuite expliqué que la préparation de l'avenir et la jeunesse étaient aussi ses deux priorités.

Selon Le Monde, les 27 se pencheront principalement sur les propositions franco-allemandes sur la sécurité et la défense. Paris et Berlin veulent un déploiement sur le terrain plus rapide et plus massif du corps de gardes-frontières européens, le contrôle systématique de toutes les personnes entrant et sortant de l’UE et prônent l’allocation de fonds européens pour aider à la recherche et au développement dans l’industrie de défense".

Le président du Conseil européen a annoncé qu'un consensus a avait été trouvé sur le renforcement de la protection des frontières extérieures de l'UE. "Bratislava devra marquer 'un tournant décisif' sur ce point, a demandé le président du Conseil européen".  Il sera également question de mobiliser des "ressources militaires communes", de mettre en place "un quartier général unique" et de créer "avant la fin de l’année" un fonds européen pour stimuler la recherche et l’innovation dans l’industrie de la défense [Libération]. Le journal ajoute qu'il faudra attendre "un autre sommet, prévu à Rome en mars 2017 à l’occasion des 60 ans du traité fondateur de la construction européenne" pour que soient prises "les grandes décisions".

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