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Au Royaume-Uni, Cameron piégé par une opinion publique volatile sur la question européenne

Revue de presse 14.10.2015

L'échéance du référendum sur le Brexit, concédé par David Cameron pour assurer sa réélection, approche à grands pas. A l'inverse, les propositions de réforme qu'il entend mettre sur la table des négociations pour rassurer la population anglaise se font attendre. Outre-Manche, le "non" gagne inexorablement du terrain, pendant que Bruxelles s'impatiente.

David Cameron au Conseil européen de juin

Ce jeudi se tiendra un Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement à Bruxelles. Un Conseil durant lequel David Cameron aurait voulu que la question d'une réforme de l'Union européenne soit mise sur la table. "Signe de l'impatience de Bruxelles, la question britannique vient d'être évacuée du sommet européen prévu jeudi à Bruxelles", estime Le Figaro. Pour l'Opinion, il y aura malgré tout une "brève discussion sur la place du Royaume-Uni dans l’UE".

Pour le locataire du 10 Downing Street le calendrier s'accélère. Lors de la dernière campagne électorale ayant mené à son maintien à la tête du gouvernement, il "avait promis, au plus tard en 2017, un référendum pour demander aux Britanniques s'ils souhaitent rester membres de l'Union ou la quitter", rappellent les Echos. Le quotidien précise qu'à ce moment "personne n'était capable de garantir le résultat du scrutin. […] Mais tout semblait alors aller dans le même sens, celui d'un maintien du Royaume-Uni". Cependant, "cinq mois plus tard, tout a changé. […] Certains sondages ont donné les partisans du Brexit majoritaires".

Le Monde évoque un David Cameron qui "s'est piégé avec cette promesse, il est trop tard pour reculer". L'Opinion s'attarde sur la position de la chancelière allemande, "une excellente tacticienne [qui] ne comprend pas comment le Premier ministre a pu se faire enfermer par les eurosceptiques dans le débat sur le Brexit, avec cette idée saugrenue de référendum".

Pour sortir vainqueur de ce débat national, le chef du parti conservateur s'appuie sur l'Allemagne. L'Opinion prend des airs de tabloïd et titre "David et Angela, couple européen de l’année". Pour le correspondant allemand du journal, "la chancelière allemande est habituée à se coltiner les grandes questions qui embarrassent les Vingt-Huit".         
Angela Merkel prend les choses en main, "au point que le duo qu’elle forme avec David Cameron déterminera dans les mois qui viennent, bien plus que le traditionnel couple franco-allemand, l’avenir de l’Europe". Du point de vue allemand, l'Union européenne perdrait "sa deuxième économie", "un membre permanent du Conseil de sécurité à l'ONU" et allié des Etats-Unis. "Et surtout, l’Allemagne se retrouverait encore plus en tête-à-tête avec la France".

Pour pouvoir obtenir le maintien du Royaume-Uni dans l'Union, Cameron entend convaincre qu'une Union européenne réformée est la solution. Mais il "n'a toujours pas saisi le moment pour dresser la liste crédible des réformes qu'il attend de l'Europe" estime Le Figaro.

Le Monde dresse une liste de quatre réformes essentielles pour les Britanniques. "D'abord, [sur] la compétitivité". Ensuite, pour qu'il ait plus de souveraineté en supprimant le principe "d'Union sans cesse plus étroite" des traités fondateurs. En dopant le principe de subsidiarité, les Parlements nationaux pourraient bloquer l'application des directives. En troisième lieu, les Britanniques souhaitent moins "d'abus de l'Etat-providence" et enfin une modification des règles de vote pour empêcher que la City se voie imposer une règlementation trop inconfortable. Certaines de ces propositions pourraient être acceptées par l'Allemagne, une réforme de la zone euro mise à part [l'Opinion].

Seulement, pour un référendum devant se tenir mi-2016, il est plus qu'incertain que ces réformes, même si elles étaient mises en œuvre par une renégociation des Traités, aient un impact suffisant sur l'opinion anglaise [Le Monde].           
En cas d'échec à maintenir le Royaume-Uni, les conséquences pourraient dépasser la seule dévaluation du pound. Le Monde envisage le scénario et estime que "le gouvernement Cameron explosera et l’Ecosse demandera son indépendance, avec une réelle chance de succès".

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