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Au Portugal, une coalition de gauche historique sur le point de renverser le gouvernement

Revue de presse 09.11.2015

Plus d'un mois après les élections législatives au Portugal, les débats persistent autour de la constitution d'un gouvernement. La coalition de droite nommée par le président pourrait être renversée mardi par une alliance de la gauche plurielle, inédite en 40 ans de démocratie portugaise.

Le Parlement portugais, théâtre de la première coalition de gauche

"La Commission politique du Parti socialiste portugais a annoncé dans la nuit qu'elle demanderait à ses députés de faire tomber, demain, le gouvernement minoritaire de droite, dont le programme est débattu à partir d’aujourd’hui au Parlement" rapporte Le Figaro.

"Avec 122 sièges sur 230 au Parlement, l'ensemble de la gauche dispose de la majorité nécessaire pour rejeter le programme du gouvernement de droite, ce qui signifierait sa démission automatique", précise L'Express.

"L'instance dirigeante du parti […] a aussi donné son feu vert à la formation d'un gouvernement socialiste soutenu par une alliance inédite avec les partis de gauche antilibérale" [La Croix].

En effet, "après le Bloc de Gauche mardi 3 novembre, c'est le Parti communiste portugais (PCP) qui a accepté de s'allier avec le Parti socialiste (PS) pour former un gouvernement de gauche", explique Euractiv.

Il faut rappeler que le président de la République "avait refusé d'entendre le leader du PS, Antonio Costa, qui, avec les dirigeants du PCP et du BE, lui avait assuré que la gauche était en mesure de constituer un gouvernement stable. Affirmant qu'il ne voulait pas nommer un gouvernement dépendant de forces 'eurosceptiques', il avait nommé Pedro Passos Coelho à la tête du gouvernement" [Euractiv].

Or, au Portugal, un gouvernement désigné par le pouvoir présidentiel ne peut être renversé que par une majorité absolue de députés.

Pour pouvoir sceller les alliances nécessaires, des concessions ont dû être accordées. Les forces de la gauche radicale "renoncent à leur programme isolationniste, prévoyant la sortie de l’Otan et de l’euro, tandis que le PS accepte une remontée des salaires et des retraites plus rapide que prévu", explique Libération. Pour le journal, il s'agit d'un "scénario 'à la française' auquel le Portugal a toujours échappé depuis la fin de la dictature, en 1974".

"L’Europe devrait avoir les yeux rivés sur le Portugal, où le paysage politique est suspendu à un fil. Ce qui va s’y jouer demain pourrait rouvrir une page que la troïka a mis tant de morgue à vouloir refermer après le coup d’État ­financier infligé à la Grèce", annonce L'Humanité, qui estime qu'il s'agit de "la première fois depuis le début de la crise qu’un parti social-démocrate se rend à l’évidence désagréable de l’impasse des politiques d’austérité".

Pour le quotidien, "l’Eurogroupe a de quoi se ronger les ongles" au regard d'une "centaine de patrons [qui] menacent, dans une tribune, de retirer leurs investissements", mais il faudrait aussi s'inquiéter d'un président qui "pourrait, en dépit de toute légitimité démocratique, maintenir un gouvernement fantoche de transition qui paralyserait le pays pendant plusieurs mois" [L'Humanité].

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