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Attentat de Londres : l'un des trois assaillants avait été signalé par l'Italie

Revue de presse 07.06.2017

A la veille des élections législatives britanniques, la polémique sur l'efficacité des services de sécurité a repris de l'ampleur hier. Deux journaux italiens ont en effet annoncé mardi 6 juin que l'un des auteurs de l'attentat de Londres avait été signalé par les autorités italiennes un an plus tôt. Une nouvelle révélation qui soulève des questions sur de possibles failles dans les systèmes de lutte antiterroristes britanniques et européens.

Le troisième assaillant identifié

L'identité du troisième assaillant de l'attentat perpétré samedi à Londres, ayant causé la mort de 7 personnes et fait une cinquantaine de blessés, a été dévoilée hier par la police de Londres. Il s'agit de Youssef Zaghba, un Italien d'origine marocaine, âgé de 22 ans. Selon les informations des quotidiens italiens Corriere Della Serra et La Repubblica révélées mardi 6 juin, l'individu aurait été repéré et dûment signalé par les services de renseignement italiens, indique France 24.

Selon le Corrierre Della Serra, Youssef Zaghba aurait en effet été arrêté en mars 2016, à l'aéroport de Bologne, alors qu'il s'apprêtait à s'envoler vers la Turquie puis la Syrie. Interrogé par les policiers sur le motif de son départ en Syrie, le jeune homme aurait répondu : "je vais faire le terroriste", affirme La Repubblica. Dans son téléphone aurait également été retrouvée "une vidéo de décapitation dans le désert", indique Le Monde. Interdit d'embarquer, Youssef Zaghba, aurait ensuite été arrêté par les autorités italiennes, qui lui ont confisqué son passeport et son téléphone et "inscrit son nom sur la liste des personnes à risque". Cependant, faute de preuves contre le jeune homme, l'individu aurait ensuite été relâché, explique Franceinfo. Toujours selon les  deux quotidiens italiens, les services de renseignement en Italie auraient toutefois "signalé sa présence et ses fréquents déplacements aux autorités marocaines et aux autorités britanniques". Youssef Zaghba avait en effet récemment trouvé un emploi saisonnier dans un restaurant de Londres [Le Parisien].

Malgré ces récentes informations, outre-Manche, "la police britannique et le MI5, les renseignements intérieurs, affirment qu’ils ne connaissaient pas Zaghba", relate Le Monde.

Polémique autour des services de sécurité et de renseignement

Si la lumière reste à faire sur le cas du jeune Youssef Zaghba, il n'en demeure pas moins que Khuram Butt, autre djihadiste impliqué dans l'attentat de Londres, était connu des autorités britanniques. Il avait en outre "fait l'objet d'une enquête en 2015", "fréquentait un groupe d’extrémistes connu de l’est de Londres" et "faisait du prosélytisme auprès des jeunes du quartier", résume Le Monde. Malgré ces agissements, "la police avait cessé sa surveillance de Butt, estimant qu’il ne présentait pas de danger immédiat", poursuit le journal.

C'est donc la question même de la capacité des services de sécurité britanniques à lutter contre la menace terroriste qui fait polémique dans le pays [France 24]. A la veille des élections législatives, accusée "d'avoir affaibli les renseignements", Theresa May se trouve par conséquent en mauvaise posture [La Tribune de Genève]. En déplacement au Pays de Galles, la Première ministre britannique a assuré que "les services de police et de renseignement allaient entreprendre un examen de leurs méthodes de travail" [France 24].

Vers un budget européen pour la défense

Plus largement, après une nouvelle attaque au couteau contre un policier français perpétrée hier sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame à Paris, la question de l'efficacité de la lutte antiterroriste dans toute l'Europe est également posée [France 24].

En réponse à ces multiples défis, la Commission européenne va dévoiler aujourd'hui mercredi 7 juin sa proposition détaillée de création d'un fonds pour financer la défense européenne, informe Le Parisien. Dans un contexte marqué par le Brexit et le désengagement des Américains, le président de l'exécutif européen Jean-Claude Juncker a notamment annoncé qu'il entendait "doter l'UE d''une autonomie stratégique' en matière de défense, par le biais notamment d'une politique industrielle commune, basée sur des financements faisant aujourd'hui défaut au secteur".