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Attentat de Londres : l'enquête se poursuit à deux jours des législatives

Revue de presse 06.06.2017

Deux semaines seulement après Manchester, la ville de Londres a été frappée, samedi 3 juin, par un attentat terroriste faisant au moins 7 morts et une cinquantaine de blessés. Alors que l'enquête se poursuit, les élections législatives du 8 juin sont maintenues, tandis que l'impact du Brexit sur la coopération antiterroriste pose à nouveau question.

Theresa May

Deux assaillants identifiés

Dans la nuit de samedi peu après 23 heures, trois assaillants à bord d'une camionnette ont foncé sur la foule présente sur le London Bridge, avant de se diriger vers le Borough Market et d'attaquer des passants au couteau. Les trois auteurs de cette attaque, revendiquée dimanche par le groupe Etat islamique, ont ensuite été abattus par les policiers.

Lundi 5 juin, "afin de mener au mieux l'enquête", "seuls l'identité et les photos" de deux des trois terroristes ont été révélées [RTL]. Il s'agit de Khuram Butt et Rachid Redouane, tous deux résidents du quartier multictulturel de Barking dans l'est de Londres, "où la police a arrêté plusieurs personnes ces derniers jours" [Le Monde]. Le premier, un citoyen britannique de 27 ans né au Pakistan, était connu des services de sécurité et faisait l'objet d'une enquête des services britanniques. Sa radicalisation avait été signalée aux services de renseignement, sans toutefois laisser penser qu'il préparait un attentat, a déclaré Mark Rowley, commandant de l’unité antiterroriste de Londres. "Butt était pourtant interdit dans deux mosquées de la capitale pour sa radicalisation. Il était également apparu dans un documentaire de Channel 4 “Mes voisins les djihadistes", note Euronews.

Le second, âgé de 30 ans, Rachid Redouane, était pour sa part inconnu des services de renseignement [Le Guardian]. Selon la chaîne de télévision publique irlandaise RTE, citée par Le Monde, " il serait de nationalité marocaine et aurait résidé en Irlande". L'individu serait également "marié à une Ecossaise".

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean Yves Le Drian, a confirmé hier soir que deux Français étaient toujours portés disparus [Europe 1].

Niveau d'alerte maintenu à "sévère"

A quelques jours des élections législatives britanniques, confirmées à la date prévue du 8 juin, Theresa May a annoncé que le niveau d'alerte dans le pays était maintenu à "sévère". Il correspond au "deuxième plus haut niveau d'alerte après celui de "critique", qui avait été momentanément activé après l'attentat commis à la sortie d'un concert à Manchester le 22 mai", précise France 24.

Si depuis samedi des mesures supplémentaires ont été mises en place, notamment sur plusieurs ponts de Londres, la Première ministre britannique est depuis plusieurs jours "sous le feu des critiques" [L'Express]. Des reproches qui se concentrent sur la réduction de 20 000 hommes dans la police "lorsqu'elle était ministre de l'Intérieur, entre 2010 et 2016", précise le journal. La locataire de Downing Street s'est également attiré les foudres du Guardian, après son discours ferme prononcé dimanche, rapporte BFM TV. Le journal britannique dénonce les multiples "amalgames" formulés par Theresa May à cette occasion, ainsi que son choix affiché "de combattre une idéologie plutôt que le terrorisme en lui-même".

Une levée de boucliers dont pourraient bien profiter les adversaires de la Première ministre, alors que l'écart entre conservateurs et travaillistes a déjà "fondu" ces derniers jours [Le Parisien]. Selon le journal, les opposants de Theresa May "ne manqueront pas de rappeler que durant ses six ans à la tête du ministère de l'Intérieur (2010-2016) 13 % des postes de policiers ont été supprimés et que le budget de la police a diminué de 20 % de 2010 à 2015". Les électeurs britanniques pourraient ainsi être tentés de "sanctionner" leur Première ministre "au profit du Labour de Jeremy Corbyn".

Quel impact pour la coopération antiterroriste après le Brexit ?

Les attentats commis ces derniers mois sur le sol britannique relancent par ailleurs la question de l'avenir de la coopération antiterroriste entre l'Union européenne et Londres, analyse Le Monde. Selon de nombreux experts, cette dernière ne devrait pas être impactée car "le partage d’informations 'ne passe pas par la case Bruxelles', explique l’eurodéputé français Arnaud Danjean (PPE), ayant travaillé à la DGSE et interrogé par le journal.

Cependant, "le retrait du Royaume-Uni pourrait avoir des répercussions dans des secteurs où l’UE centralise des échanges d’informations en matière de coopération policière ou judiciaire", admet quant à lui Steve Peers, également interrogé par le quotidien.