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Attentat d'Istanbul : la Turquie, cible privilégiée du terrorisme

Revue de presse 03.01.2017

2017 aura commencé dans l'horreur en Turquie. Dans la nuit du passage à la nouvelle année, un homme a tué 39 personnes au fusil d'assaut dans une discothèque à Istanbul. L'attaque terroriste, revendiquée le 2 janvier par Daech, s'ajoute aux nombreux autres attentats qui ont ensanglanté la Turquie tout au long de l'année 2016. Le pays, luttant désormais à la fois contre Daech et les Kurdes du PKK, est en première ligne quant à la menace terroriste.

La Turquie, cible privilégiée du terrorisme

19 attentats en 2016

La tuerie survenue le soir de la Saint-Sylvestre est la dernière d'une longue série d'attentats terroristes en Turquie. "La violence est devenue presque habituelle en Turquie : en 2016, le pays a été frappé par 19 attentats", rapporte Franceinfo. "Là-bas, depuis juillet 2015, au moins 400 personnes sont mortes dans de tels événements", précise le média.

C'est la deuxième fois que Daech revendique un attentat sur le sol turc. "Contrairement à l'attaque de Diyarbakir [première attaque revendiquée en Turquie de l'organisation terroriste, ayant causé la mort de 9 personnes par une voiture piégée le 4 novembre 2016 NDLR], ce n'est pas une zone kurde qui a été frappée dans la nuit de samedi à dimanche mais Istanbul, le principal centre culturel et économique du pays", souligne Le JDD.

Retour de bâton

Le nouveau porte-parole de l'organisation Etat islamique, Abu-I-Hassan Al-Muhajir avait "désigné, fin 2015, 'deux cibles principales' : la Turquie et les théologiens opposés au jihad", explique Romain Caillet, spécialiste de l'islamisme radical à Franceinfo.

Un retour de bâton pour le président turc Recep Tayyip Erdogan selon France 24. "Le président Erdogan semble avoir été piégé par son propre jeu. La Turquie a été un temps décrite comme l’autoroute du jihad, ce n’est plus le cas aujourd’hui, mais les liens qui avaient pu être noués par le passé peuvent se retourner contre elle. C’est, semble-t-il, ce qu’il se passe aujourd’hui", analyse David Rigoulet-Roze, universitaire spécialiste du Moyen-Orient interviewé par la chaîne d'information.

La Turquie a en effet radicalement changé d'approche concernant Daech. "On voit [dans l'attentat d'Istanbul] une mesure de rétorsion de l'EI au durcissement de la Turquie à son égard : jusque-là, Ankara a soutenu la rébellion syrienne en lutte contre le régime de Bachar el-Assad et s'est montrée peu regardante sur la composition des groupes qui ont transformé la Turquie en base arrière", lit-on sur le site de L'Express.

Ankara est maintenant activement engagée dans la lutte contre l'organisation Etat islamique. "Membre de la coalition internationale qui combat Daech en Syrie et en Irak, la Turquie a déclenché en août une offensive – baptisée "Bouclier de l’Euphrate" – dans le nord de la Syrie pour repousser les jihadistes vers le Sud", rappelle LCI. "C’est à partir du moment où la Turquie a clairement établi sa position vis-à-vis de Daech qu’elle a été la cible d’attentats (des djihadistes, ndlr)", explique ainsi à la chaîne Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire au ministère de la Défense et spécialiste du terrorisme.

Par l'intermédiaire de son porte-parole, le gouvernement turc s'est dit, dans une déclaration après l'attentat d'Istanbul, "déterminé" à continuer son offensive militaire dans le nord de la Syrie contre le "terrorisme" [Le Figaro avec l'AFP].

Une violence renforcée par le conflit avec les Kurdes

Les attentats terroristes frappant la Turquie ne sont pas le seul fait d'islamistes radicaux. "En juillet 2015, lorsque Recep Tayyip Erdogan a lancé une 'guerre contre le terrorisme', il ciblait de façon 'synchronisée' le PKK [organisation indépendantiste kurde turque, considérée comme terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et la Turquie NDLR] et l'Etat islamique", souligne Franceinfo.

Dans son intervention en Syrie, la Turquie ne vise pas que Daech mais également les milices kurdes syriennes, rappelle LCI, "une stratégie [qui] semble avoir renforcé les groupes les plus radicaux, qui ont multiplié les attentats ces derniers mois". "Dernière attaque en date, celle, il y a à peine trois semaines, perpétrée par les Faucons de la Liberté du Kurdistan (TAK), un groupe radical kurde proche du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), dans les environs du stade de Besiktas et qui a fait 45 morts, dont une majorité de policiers", relate le média.

Daech et le PKK ont une approche différente quant aux cibles des attentats, précise LCI : "Quand les djihadistes s’attaquent davantage aux grands centres urbains que sont Istanbul, Ankara, ou même Gaziantep, dans le but de faire un maximum de victimes et, donc, d’être médiatisés, les groupes kurdes visent avant tout les symboles de pouvoir, bâtiments officiels ou membres des forces de l’ordre par exemple".