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Assistants parlementaires : poursuivi par la justice, le FN dénonce 19 eurodéputés

Revue de presse 31.05.2017

A dix jours du premier tour des élections législatives, les affaires politico-judiciaires semblent repartir de plus belle. Le Parisien et Le Figaro ont révélé mardi 30 mai que 19 eurodéputés, dont la nouvelle ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez, font l'objet d'une enquête préliminaire du parquet de Paris pour "abus de confiance", après dénonciation d'une élue FN. Un nouveau rebondissement qui intervient alors que le Front national est lui-même visé par des soupçons d'emplois fictifs au Parlement européen et que Marine Le Pen refuse pour l'heure de répondre aux convocations des juges.

Marielle de Sarnez

Marielle de Sarnez

Des accusations qui ciblent l'ensemble du spectre politique

"Les collaborateurs parlementaires des élus français n'ont jamais autant intéressé la justice", amorce Le Figaro. L'affaire des assistants parlementaires des députés français à Bruxelles a en effet connu un nouveau rebondissement, mardi 30 mai, après la publication par Le Parisien et Le Figaro, d'une liste de 19 eurodéputés, visés par une enquête du parquet de Paris pour "abus de confiance". A l'origine du nouveau développement de cette affaire, le Front national, par l'intermédiaire de l'eurodéputée Sophie Montel, a lui-même transmis à la justice cette liste de 19 élus, issus de huit formations politiques différentes [Europe 1].

 "Je suis contrainte de porter à votre connaissance des éléments attestant que plusieurs élus français au Parlement européen ont à leur service des assistants ayant par ailleurs des fonctions au sein de leur formation politique respective", a ainsi écrit l'élue frontiste dans sa lettre de dénonciation [Le Parisien].

C'est donc "au nom  du principe d'égalité" devant la justice, que l'eurodéputée aurait demandé au procureur de la République, François Molins, ainsi qu'au patron de l'Office européen de lutte antifraude (Olaf), de faire la lumière sur cette affaire, complète le journal. En effet, Sophie Montel, tout comme 16 autres cadres du FN dont Marine Le Pen, est elle-même poursuivie par la justice, à un stade nettement plus avancé, pour avoir employé comme assistants parlementaires des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti en France, rappelle La Croix.

"On a creusé un peu, on s'est dit 'est-ce qu'on est les seuls dans ce cas-là, qui n'a rien d'illégal ?' On a découvert que beaucoup d'eurodéputés français sont logiquement dans la même situation, c'est-à-dire qu'ils ont des assistants parlementaires qui sont aussi en responsabilité dans leur mouvement politique", a pour sa part déclaré Florian Philippot, numéro 2 du parti et invité d'Europe 1.

Ce nouveau rebondissement judiciaire, aux airs de contre-offensive politique, ressemblerait donc fort à une tentative du Front national "d'échapper aux accusations qui le visent, sur le dos des autres partis", analyse L'Express. En effet, encore protégée par son immunité parlementaire, en passe d'être levée par le Parlement européen, Mme Le Pen refuse pour l'heure de se rendre aux convocations des juges.

Des élus consternés

Contactés par le JDD, 10 eurodéputés concernés par l'affaire ont exprimé "leur étonnement voire leur colère". "Je suis considéré comme un adversaire du FN, quel privilège !", a notamment ironisé l'eurodéputé écologiste Yanick Jadot. Le rejoignant dans sa stupéfaction, l'ancien ministre Jean Arthuis, élu sous l'étiquette UDI, a quant à lui rappelé que l'activité de ses assistants était "déclarée, contrôlée et validée par l'administration du Parlement". Sur la même ligne, Marielle de Sarnez, actuelle ministre des Affaires européennes, interpellée sur le travail effectué par sa collaboratrice parlementaire (en circonscription et non à Bruxelles) Philippine Laniesse, également conseillère régionale en Ile-de-France, a affirmé être en conformité avec le règlement en vigueur au sein de l'organe législatif européen [Ouest France].

Dans une logique d'éclaircissement, le journal La Croix, est revenu sur le "contrôle sévère des contrats d’assistant" au Parlement, en rappelant que "les assistants ont le droit de poursuivre des activités externes", mais seulement après vérification que ces activités n'engendrent pas de conflit d'intérêts.

Les eurodéputés (LR) Brice Hortefeux et Jérôme Lavrilleux ont quant à eux annoncé leur intention de porter plainte pour diffamation contre Sophie Montel, indique Le Huffington Post