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Asile et immigration : la France et l'Allemagne veulent faire bouger l'Europe

Revue de presse 17.01.2018

Avant le sommet franco-britannique de Sandhurst, Emmanuel Macron s'est rendu mardi 16 janvier à Calais pour défendre sa politique migratoire et demander des changements dans le traité du Touquet. Le président a appelé à l'amélioration de la politique européenne de migration, un souhait également exprimé par l'Allemagne.

Emmanuel Macron - Calais

Emmanuel Macron lors de sa visite à Calais le 16 janvier 2018. Crédits : Twitter - @EmmanuelMacron

Calais, "ville symbole"

"Au moment où la préparation de la loi sur l’asile et l’immigration provoque des critiques au sein même de la majorité", Emmanuel Macron s'est rendu à Calais, mardi 16 janvier, pour défendre sa politique migratoire [RFI]. Selon FranceInfo, le président "est allé au contact de tous les acteurs - migrants, élus, associations - de cette 'crise migratoire' dont Calais est la ville symbole depuis 20 ans".

Lors de ce déplacement, M. Macron "a vigoureusement défendu (…) sa politique migratoire qui veut conjuguer le 'devoir d'humanité' et l''ordre républicain'". RFI estime qu'il a surtout "mis en avant sa détermination à être ferme". En effet, pour Emmanuel Macron "l'ordre républicain vaut pour tout le monde" [FranceInfo].

Alors que doit se tenir jeudi 18 janvier le sommet franco-britannique, le président a aussi évoqué des "pistes de travail avec les Britanniques" [FranceInfo]. Emmanuel Macron cherche à renégocier "le traité du Touquet qui organise le contrôle des frontières entre les deux pays" [RFI]. D'après FranceInfo l'objectif du président est de "'mieux gérer' le dossier des mineurs isolés non accompagnés'", mais aussi de "'renforcer la coopération policière à Calais' ainsi qu''avec les Etats d'origine et de transit'". Enfin, le chef de l'Etat a appelé à "développer un fonds pour soutenir les projets importants pour le Calaisis".

Le président veut aussi modifier la politique européenne d'immigration. Il souhaite "améliorer la procédure de Dublin, qui oblige un migrant à demander l’asile dans le premier pays européen où il entre" [RFI]. La radio juge qu'Emmanuel Macron cherche à "obtenir une harmonisation des règles de l’asile avec la création à terme d’un office européen de l’asile". Et de conclure : "en matière d’asile et d’immigration aussi, Emmanuel Macron veut faire bouger l’Europe".

L'Allemagne attend une réponse européenne

Outre-Rhin, le gouvernement demande une meilleure répartition des migrants au sein de l'Union européenne et "une réponse européenne face aux défis de la migration" [Les Echos]. "Nous avons beaucoup progressé (...) mais nous sommes encore très loin d'avoir réglé ce problème en général", a déclaré mardi, le ministre de l'Intérieur allemand Thomas de Maizière. Le quotidien économique indique que le ministre vise particulièrement "les Etats d'Europe de l'Est, dont la Pologne ou la Hongrie, qui refusent d'appliquer les quotas migratoires de l'Union européenne".

Alors que les conservateurs (CDU/CSU) et les sociaux-démocrates (SPD) sont en pleine négociation pour former une coalition, l'immigration est un sujet de premier ordre. Dans l'accord du 12 janvier dernier visant à fixer des bases de discussions, "le bloc CDU/CSU et le SPD se disent prêts à accepter entre 180 000 et 220 000 migrants chaque année" [Le Figaro]. Les Echos ajoutent que les dirigeants des deux camps ont appelé à "un système d'asile européen, y compris un mécanisme équitable de répartition des réfugiés".

Mardi, les ministères de l'Intérieur français et allemand ont publié leurs chiffres sur l'immigration pour l'année 2017.

L'Allemagne enregistre une chute avec 186 000 demandes d'asile, soit une baisse "de 33% par rapport à l'année précédente" où ils étaient 280 000, rapporte Le Figaro. Un chiffre qui reste "encore (…) trop élevé" pour Thomas de Maizière.

En France "100 412 demandes [ont été] enregistrées [par] l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) (…) mais, si l'on remonte à la première étape de la démarche qui débute en préfecture, on est à 121.200 demandes" [Le Point]. "Tous n’accèdent pas en effet à l’Ofpra du fait de la 'procédure Dublin' qui prévoit le transfert du demandeur vers un autre pays d’Europe s’il y est déjà enregistré", rappelle La Croix. "L’an dernier, 35,8 % des demandeurs ont obtenu un statut de réfugié contre 37,7 % en 2016", précise le journal.