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Après les attentats en France, le mouvement Pegida veut lui aussi être Charlie

Revue de presse 13.01.2015

Dresde est le théâtre d'un nouveau triste record : le mouvement Pegida a rassemblé 25 000 personnes hier, dénonçant l'islam et s'adonnant aux amalgames anti-musulmans en lien avec les attentats de la semaine dernière en France. Les anti-manifestants, partout en Allemagne, étaient bien plus nombreux avec près de 100 000 personnes.

Mosquée

"Contrairement à ce que la classe politique allemande espérait, les sympathisants de Pegida (…) n’ont fait aucune trêve", constate Le Nouvel Obs. Suite aux attentats, "ils se sentent renforcés dans leurs convictions que l’Allemagne court à sa perte si elle continue à laisser trop d’immigrés musulmans rentrer dans leur pays", commente le site de l'hebdomadaire. Les fondateurs du mouvement n'ont pas manifesté l'intention de créer un parti politique, "mais rien ne les empêche de se rapprocher de l’AfD, le parti eurosceptique créée en avril 2013 avec lequel ils se sont découverts de nombreux points communs, notamment sur le thème de l’immigration", ajoute Le Nouvel Obs. Le Figaro remarque que "le mouvement anti-islam Pegida fait des émules en dehors de l'Allemagne", citant la Norvège, la Suède, l'Autriche et la Suisse.

"Si dans l'ensemble du pays, les contre-manifestations ont plus mobilisé que Pegida lundi soir, ce n'est pas le cas à Dresde, où les opposants au mouvement étaient près de 8 000", note Le Monde. "Après la chancelière, Angela Merkel, qui avait appelé les Allemands à ne pas suivre Pegida lors de ses vœux au pays, le ministre de la Justice, Heiko Maas, s'est fermement prononcé dimanche contre l'hommage 'honteux' aux personnes tuées à Paris", en vain, explique le site du quotidien.

Pour RFI, les "affiches en hommages aux victimes des attentats, et même quelques caricatures de Charlie Hebdo", représentaient "une scène surréaliste dans une manifestation d’extrême-droite". "L'organisation a appelé à porter un brassard noir en signe de deuil lors de son traditionnel rassemblement du lundi à Dresde", rappelle Courrier International. "Si les mêmes personnes qui, il y a une semaine, dénonçaient une presse mensongère, défilent maintenant avec un brassard noir pour défendre la liberté de la presse, on assiste à un summum d'hypocrisie", a commenté le ministre de la Justice allemand Heiko Maas. Le site de l'hebdomadaire souligne qu'un "collectif de dessinateurs de presse francophones dénonce lui aussi l'instrumentalisation de la peur par Pegida. Sur leur page Facebook, les 'caricaturistes unis contre Pegida' expriment leur 'dégoût' de voir les victimes des attentats récupérés par des 'charognards'".

Le Nouvel Observateur a rencontré la "communauté musulmane" de Dresde, qui "craint pour sa sécurité". Le site de l'hebdomadaire explique que "tous les politologues du pays cherchent à résoudre l'énigme de Dresde, haut-lieu du mouvement malgré la part infime de musulmans en Saxe : 0,1% soit environ 4.000 personnes".

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