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Appel à l’aide de la Grèce : entre désespoir et arrogance

Revue de presse 09.03.2015

À l’occasion de la réunion de l’Eurogroupe qui se tient aujourd'hui à Bruxelles, le ministre des Finances grec présentera son programme de réformes. Un événement capital pour la Grèce puisqu’il déterminera si l’UE est prête à apporter son aide financière au pays, étranglé par ses dettes au FMI. Malgré une situation très préoccupante pour la Grèce, la presse française décrit une attitude certes nerveuse, mais surtout intransigeante de la part des dirigeants de Syriza.

 

Yanis Varoufakis

L’étau se resserre autour de la Grèce qui est, titre Le Monde, "aux abois" : après les 310 millions d’euros déjà remboursés au Fonds monétaire international (FMI), elle doit encore en verser 6 milliards pour la fin du mois, ce qui représente "une somme considérable pour un pays financièrement fragile."

Le gouvernement grec va profiter de la réunion de l’Eurogroupe  pour demander aux pays présents des aides financières supplémentaires qui lui permettront de rembourser ses créanciers. Or, pour obtenir une telle faveur, le gouvernement Tsipras doit présenter un programme de réformes jugé acceptable par les institutions européennes.

Le Figaro estime que l’UE essaie de calmer le jeu face à un gouvernement grec "nerveux".

En effet, Les Echos rapportent que Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe, "a répondu positivement" aux propositions de réformes du gouvernement grec, car interprétées comme un "premier geste de bonne volonté" de la part du ministre des Finances Yanis Varoufakis.

Pour faire monter la pression, ce dernier a pourtant annoncé dimanche que si les ministres des Finances de la zone euro n’acceptaient pas les réformes proposées par le gouvernement grec, de nouvelles élections ou même un référendum sur un accord sur la dette pourraient être organisés [Euronews]. L’économiste grec sait combien cette annonce est dangereuse : la Grèce avait déjà brandi la possibilité d’un référendum en novembre 2011, "provoquant un mouvement de panique sur les marchés financiers et la colère de ses partenaires européens," rappelle Le Monde.

La tension monte entre les deux camps, d’autant plus que la personnalité de Varoufakis irrite beaucoup, que ce soit en Europe ou même dans son propre pays, notent Libération et L'Obs.

Face à la fermeté grecque, les négociations s’annoncent donc âpres car, comme l’affirment des sources diplomatiques bruxelloises au Monde, "Tsipras n’a pas été élu pour faire les réformes que les Européens exigent de lui".

Mais les institutions se veulent rassurantes et compréhensives face à un pays en détresse. "Nous devons faire attention à ce que la situation n’empire pas en Grèce. Ce qui m'inquiète, c'est que tout le monde n'a pas encore compris, au sein de l'Union européenne, le sérieux de la situation en Grèce", a prévenu le président de la Commission Jean-Claude Juncker, dans un entretien accordé au journal allemand Die Welt paru dimanche. Avant d'ajouter : "il n’y aura jamais de [sortie de la Grèce de la zone euro]."

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