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Anniversaire du traité de Rome : les Européens affirment leur unité

Revue de presse 27.03.2017

Samedi 25 mars, à l'occasion du 60e anniversaire du traité de Rome, les dirigeants des pays de l'Union européenne, à l'exception du Royaume Uni, se sont réunis dans la capitale italienne et ont réaffirmé leur volonté d'une Europe unie. A la marge du sommet, les citoyens se sont rassemblés dans plusieurs pays d'Europe afin de manifester leur soutien au projet européen.

Célébrations 60 ème anniversaire du traité de Rome

60 ans du traité de Rome : quel avenir pour l'Europe ?

Des dirigeants "à la hauteur de l'enjeu historique"

A l'occasion des 60 ans du traité de Rome, la capitale italienne a "vécu samedi 25 mars au rythme des célébrations (…) et des manifestations pro et anti-Europe", relate France Info. Les 27 dirigeants européens, quelques heures avant le début des manifestations, et sous haute surveillance policière, ont adopté la "Déclaration de Rome" qui doit répondre aux difficultés auxquelles fait face l'Union européenne. "Pour François Hollande, il s’agit d’une nouvelle profession de foi : 'Nous serons plus forts ensemble pour lutter contre le retour des empires, les pressions qui viennent de l’extérieur, les nationalismes, les extrémismes'".

Cette déclaration, à la veille du déclenchement de la procédure de sortie du Royaume-Uni de l’Union, permet aux dirigeants de s'offrir un sommet "symbolique, paisible et ensoleillé", souligne Libération. Dans leur déclaration, les 27 réaffirment que l'UE "est une et indivisible", en réponse explicite au Brexit [France 24]. Donald Tusk, dont le discours a été largement salué, a déclaré : "Aujourd’hui à Rome, nous renouvelons l’alliance unique de nations libres qui a été lancée il y a soixante ans par nos prédécesseurs". Avant le Sommet, le président du Conseil européen avait pris soin de rappeler les dirigeants à l'ordre : "Prouvez aujourd’hui que vous êtes les dirigeants de l’Europe ".

"De son côté, le président de la Commission Jean-Claude Juncker, extrêmement détendu comme ses partenaires, a sorti le même stylo que celui qui avait servi aux Six en 1957 : 'Il y a de signatures qui durent', a-t-il plaisanté, promettant qu’il y aurait 'un centième anniversaire de l’UE'", rapporte Libération.

Le président du Conseil italien, Paolo Gentiloni, a lui déploré les difficultés économiques de ces dernières années qui seraient une des causes de la montée des nationalismes. Selon lui, la Déclaration de Rome offre un nouveau départ. "L'Union repart", a-t-il déclaré. "Et elle a une vision pour les dix prochaines années" [France 24]. Pour sa part, la chancelière allemande, Angela Merkel, a reconnu que l'UE devait répondre aux demandes des nouvelles générations pour lesquelles la Seconde Guerre mondiale appartient à l'Histoire. "Nous devrons à l'avenir nous préoccuper en priorité de la question de l'emploi", a-t-elle dit [France 24].

D'après La Croix, les pays méditerranéens ont réussi à imposer la mention des questions sociales dans le texte, alors que les pays nordiques et de l’Est considèrent d’ordinaire que cet aspect relève des politiques nationales. "Au final, le texte consacre bien une 'Union qui lutte contre le chômage, les discriminations, l’exclusion sociale et la pauvreté'. Mais il reconnaît la 'diversité des systèmes nationaux'. La Déclaration rappelle aussi le 'principe de subsidiarité', selon lequel les différents dossiers doivent être traités à l’échelon le plus efficace", estime le journal.

"Les craintes d'un blocage, en particulier de la part de la Pologne, ne se sont pas matérialisées", précisent Les Echos. "Le texte signé par les Vingt-Sept est le fruit d'un habile compromis sur la question d'une Europe à plusieurs vitesses, (…) les dirigeants européens ont donc tenté de se montrer à la hauteur de l'enjeu historique".

La presse européenne entre optimisme et sentiment d'inachevé

Et aux célébrations officielles s'est jointe une importante mobilisation citoyenne, soulignée dans l'ensemble de la presse européenne. Comme le rapporte notamment La Libre (Belgique), en marge des discours des chefs d'Etat et de gouvernement, "une dizaine de milliers de manifestants les engageaient à faire preuve de volonté et d’ambition". Ces derniers ont défilé "dans les rues de Rome, lors d’une 'Marche pour l’Europe' organisée par plusieurs organisations pro-européennes. (…). Lui ont répondu en écho des manifestations pro-européennes à Berlin, à Varsovie - alors que la Pologne est dirigée par un gouvernement très eurosceptique - et même à Londres, où près de 80 000 personnes ont marché pour l’Europe, alors que vont s’ouvrir les négociations pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE".

Le Brexit, qui doit être officiellement lancé le 29 mars, n'aura d'ailleurs été que peu évoqué, s'étonne The Guardian. Le Royaume-Uni "ne fut mentionné qu'une seule fois, et  brièvement, pendant les commémorations d'un sommet incontestablement sombre à Rome qui marquait les 60 ans de l'Union", écrit le quotidien britannique. The Telegraph (Royaume-Uni) ainsi que La Repubblica (Italie) rapportent en contraste les paroles de Jean-Claude Juncker, se lamentant : "le Brexit est une 'tragédie' pour l'Union européenne".

D'après l'hebdomadaire allemand Die Zeit : "deux messages doivent être retenus de ce sommet à Rome : malgré le Brexit et toutes les fractures existantes, nous restons ensemble et nous avons un plan". Le journal Italien Corriere Della Sera détaille ce plan, présent dans la Déclaration qu'il juge  "équilibrée", mais aussi "allusive et ambiguë". Le "fruit d'un long et complexe travail de médiation" qui aurait pu s'effondrer "sous les revendications des gouvernements". "Le résultat final est un miracle d'équilibre" estime le journal. La mention de la protection sociale est apparue "à la demande de la Grèce". Quant à celle de l'Etat de droit, il s'agirait d'un "message caché adressé à la Pologne et la Hongrie". "L'Europe à plusieurs vitesses" n'est pas inscrite explicitement, mais la possibilité d'avancer "à des rythmes différents" est évoquée, rappelle le quotidien basé à Milan. En outre, à la demande de la France et de l'Italie, la "croissance soutenue et durable" et les "investissements", viennent "contrebalancer" les "réformes structurelles".

A l'issue de la Déclaration, un sentiment d'inachevé se fait tout de même sentir dans la presse européenne. Le quotidien allemand Die Welt souligne : "la Communauté souhaite réformer - mais ne sait pas encore comment faire." Ce sentiment s'accompagne, pour certains journaux, d'une certaine défiance envers l'avenir de l'UE : "On célèbre le 60e anniversaire de la signature du traité de Rome, à un moment ou le projet européen se trouve menacé par des pulsions souverainistes, populistes et xénophobes" souligne le quotidien catalan El Periodico. Avant de poursuivre : "Le dilemme est le suivant : l'Europe est une construction incomplète qui peut se décomposer si on ne relance pas le processus d'intégration". Pour le journal, "malheureusement depuis l'échec constitutionnel de 2005, beaucoup pensent que le projet fédéraliste est devenu une utopie."

The Economist, hebdomadaire britannique, se montre plus optimiste, rappelant la vision d'un des fondateurs de l'UE, Jean Monnet, qui concevait les crises comme le meilleur moyen d'avancer vers l'objectif d'une "union toujours plus étroite". Selon ce Père fondateur, "l'Europe sera forgée par les crises et sera la somme des solutions apportées à ces crises". Le journal, cependant, en arrive à la conclusion tranchée : "Ce dont l'Europe a vraiment besoin est de repenser le projet européen dans son ensemble. L'idée la plus évidente est d'abandonner la rigidité d'un modèle unique pour tous et d'adopter une plus grande  flexibilité."

Die Welt, déjà tourné vers les prochaines échéances pour l'Europe attend "un prochain test" avec "l'ennemi de l'UE Marine Le Pen qui se présente en France pour la présidence".

 

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