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Angela Merkel tire sur la France et l'Italie pour favoriser sa campagne

Revue de presse 08.12.2014

La chancelière allemande se représente à la tête de son parti, la CDU, mardi 9 décembre. Dans une interview publiée par le quotidien allemand Die Welt, elle rappelle à l'ordre ses voisins européens, la France et l'Italie, au sujet de leurs déficits. Ceux-ci ont obtenu un nouveau délai de la part de la Commission il y a une semaine environ.

Angela Merkel

"Rarement, elle a été aussi directe", estime Le Figaro à propos d'Angela Merkel, pour qui "le compte n'y est pas". Si les critiques s'adressent à la France et l'Italie, pour le site du quotidien, "elle cherche à minimiser le sentiment d'affrontement entre Paris et Berlin en englobant l'Italie dans son constat". Les remontrances réciproques entre les deux pays sont régulières. La dernière en date était celle de Günther Oettinger, commissaire européen à l'Economie numérique, qui "avait déjà appelé Bruxelles à la fermeté contre la France, un pays 'déficitaire récidiviste'", rappelle Le Figaro. 

Les deux partenaires avaient pourtant tenté de minimiser leurs différends lors de la présentation du rapport franco-allemand Pisani-Enderlein. Mais pour Challenges, "en dépit de plusieurs initiatives et rencontres ministérielles franco-allemandes, les lignes de fractures ne semblent pas avoir beaucoup bougé entre les deux capitales, Paris réclamant un soutien franc de son partenaire allemand à la croissance, et Berlin insistant sur les réformes et le sérieux budgétaire".

Cette nouvelle pique allemande intervient alors que la chancelière allemande est en campagne pour rester à la tête de son parti. Selon Europe 1, "Angela Merkel a repris l'un de ses thèmes favoris : sermonner la France". Cela a été accueilli "froidement" en France, notamment par Jean-Luc Mélenchon qui tweete "Fermez-la madame Merkel ! La France est libre. Occupez-vous de vos pauvres et de vos équipements en ruines !".

Avant lui, Michel Sapin, ministre français des Finances, avait répondu à la chancelière en indiquant que les réformes françaises étaient entreprises pour la France et non pas "pour faire plaisir" aux dirigeants européens. Le ministre français a également affirmé que le propos d'Angela Merkel s’explique par le fait "qu'elle est à la veille du grand congrès de son propre parti". "En septembre, en effet, Angela Merkel jugeait le programme de réformes du gouvernement de Manuel Valls 'impressionnant'", rappelle L'Express, "mais la chancelière allemande est à deux jours de sa réélection attendue à la tête de son parti CDU, dont les militants sont extrêmement sensibles au discours de rigueur de celle qui dirige depuis neuf ans la première économie européenne".

Les Échos renchérissent en parlant de "calcul de politique intérieure, pour donner un gage à l’aile droite du parti conservateur". Le site du quotidien estime qu'"elle n’a pas à se mêler du détail des mesures que la France doit prendre pour respecter ses engagements budgétaires". D’autant que les mesures de rigueur, pronées par Angela Merkel sont de plus en plus combattues, y compris par Christine Lagarde, la directrice du FMI, pour qui "les annonces d’investissements dans la zone euro ne suffiront pas à relancer la croissance".

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