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Angela Merkel favorable à un renforcement de la zone euro

Revue de presse 21.06.2017

Mardi 20 juin, à l'occasion de la journée de l'industrie allemande et devant une assemblée de chefs d'entreprise à Berlin, Angela Merkel s'est à nouveau déclarée favorable à une restructuration de la zone euro. Entre la volonté d'un renforcement de l'Union européenne après le Brexit et le ménagement de son électorat, la chancelière allemande reste cependant prudente sur ses positions.

Angela Merkel

Angela Merkel rejoint avec prudence les propositions d'Emmanuel Macron sur la zone euro

"A deux jours d’un Conseil européen important à double titre – parce qu’il coïncide avec le début des négociations sur le Brexit et qu’il est le premier auquel assistera Emmanuel Macron depuis son élection – Angela Merkel a réaffirmé qu’elle était prête à discuter des propositions du nouveau président français en faveur du renforcement de la zone euro", annonce Le Monde.

Devant un parterre de chefs d’entreprise réunis à Berlin, à l’occasion de la journée de l’industrie allemande, la chancelière s'est déclarée prête à considérer un budget de la zone euro, ainsi qu'un ministre des Finances de la zone euro [Die Welt].

De telles réformes avaient été défendues par Emmanuel Macron lors de sa campagne pour l'élection présidentielle. Celui-ci avançait "que la zone euro avait désespérément besoin d'une restructuration", proposant un budget propre au groupe ainsi qu'un ministre des Finances et un parlement de la zone euro, rappelle le quotidien allemand Die Welt. Ces positions, "fermement pro-européennes" ont "encouragé la position d'Angela Merkel dans sa campagne pour les élections législatives de septembre", estime la BBC (Royaume-Uni).

Ainsi, la chancelière allemande a reconnu que "la cohésion économique des États membres de la zone euro laisse à désirer. (…) On peut naturellement réfléchir à un ministre des Finances commun si les conditions sont réunies", a-t-elle cependant ajouté, prudente [Les Echos].

"Sur le fond, les propos de Mme Merkel ne sont pas nouveaux", souligne Le Monde. "Ils s’inscrivent dans la droite ligne de ceux qu’elle a prononcés lors de la première conférence de presse qu’elle a tenue aux côtés de M. Macron". Cette première rencontre avait débouché sur la création d'un groupe de travail, "qui devra remettre ses conclusions avant le prochain conseil des ministres franco-allemand, prévu le 13 juillet à Paris", ajoute le journal. Il regardera notamment "comment la zone peut coordonner ses politiques économiques et harmoniser ses régimes fiscaux", note Die Welt.

"Mais reformer la zone euro reste un défi majeur", prévient la BBC. En effet, "la crise financière de 2008 et la crise de la dette de la zone euro qui a suivi ont entrainé un fort taux de chômage ainsi que des coupes douloureuses dans le secteur public dans la plupart des Etats membres".

Renforcement du couple franco-allemand pour relancer l'Europe

Après ces déclarations, "le message est clair : face au nouveau président français, qui se présente comme le champion de la 'refondation' de l’Europe, Berlin n’entend pas apparaître en retrait", analyse Le Monde. D'autant plus qu'"Angela Merkel et Emmanuel Macron partagent la vision d'une Europe plus intégrée, avec une plus forte coopération" [BBC]. Cela permettrait au "vieux couple franco-allemand qui fut autrefois le moteur politique de l'Union européenne" d'être réanimé, "aidé entre autres par la décision du Royaume-Uni de quitter l'Union", note la BBC.

En effet, les deux pays voient le Brexit comme une opportunité à ne pas rater. C'est pourquoi, "au lendemain de l'ouverture des négociations sur le Brexit à Bruxelles, Merkel a affirmé qu'il était essentiel pour l'Europe de ne pas se laisser distraire par le départ du Royaume-Uni", rapporte Politico. L'ouverture des négociations représente en effet le risque, estime la chancelière, "que nous ne nous focalisions plus suffisamment sur notre propre futur" [Politico].

Angela Merkel ménage son électorat à quelques mois des législatives

Cependant, en pleine période électorale, Le Monde reste prudent. Pour le quotidien "à trois mois des élections législatives allemandes du 24 septembre (…) [Angela Merkel] a manifestement l’intention de ne pas laisser son adversaire, le social-démocrate Martin Schulz, profiter de son statut d’ancien président du Parlement européen pour se présenter comme le seul défenseur d’une politique européenne ambitieuse".

La chancelière, qui brigue un quatrième mandat, défend par conséquent une vision pro-européenne qui "semble également plaire aux électeurs allemands", tout en restant prudente, encouragée par son électorat, qui a "encore à l'esprit la crise de la dette grecque" et reste" sensible à l'idée que [l'argent de l'Allemagne] renfloue d'autres pays" [BBC].

L'enjeu sera donc pour elle de maintenir un équilibre, "forgeant une alliance avec Emmanuel Macron tout en gardant un œil sur l'électorat allemand" [BBC].