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Aide du FMI à l'Ukraine : à quel prix ?

Revue de presse 28.03.2014

"Ukraine : le sauvetage du FMI sera douloureux" titre Le Figaro. Le Parlement ukrainien a finalement approuvé hier soir en deuxième lecture les mesures d'austérité exigées par le Fonds monétaire international. Le montant du prêt que le FMI a décidé d’accorder à l’Ukraine pour lui éviter la faillite s'élèvera entre 10,7 et 13 milliards de dollars sur les deux prochaines années. En contrepartie, les conditions au versement de cette aide sont strictes et sont mal accueillies par la population ukrainienne. La presse revient sur les commentaires et les critiques concernant le plan de sauvetage proposé par le FMI.

FMI Ukraine aide Christine Lagarde

"Le pays est au bord de la faillite économique et financière. Si ces lois ne sont pas acceptées, nous prévoyons un défaut de paiement et nous prévoyons une baisse de 10% du produit intérieur brut" a plaidé le Premier ministre ukrainien avant le vote du Parlement sur les mesures d'austérité réclamées par le FMI en contrepartie de son aide [Euronews]. Devant l'urgence de la situation, 246 voix se sont prononcées sur l'adoption de ces mesures, approuvant ainsi le plan d'aide prévu [Le Figaro]. Un soutien financier destiné à soutenir Kiev dans ses efforts pour rembourser les dix milliards de dollars de dettes qu'elle possède, rappelle le quotidien. Ce plan du FMI s'inscrit dans l'aide internationale qui s'élève à 27 milliards de dollars au total sur 2 ans, à laquelle contribuent déjà l'UE (à hauteur de 1,6 milliard d'euros), le Japon (1,5 milliard de dollars), les Etats-Unis (1 milliard de dollars) et la Banque européenne de développement (1 milliard) [Le Figaro].

Si Le Point parle d'une "aide financière vitale", il existe toutefois un revers à cette médaille. Le Figaro commente une "mise sous tutelle financière du pays et une vaste opération de nettoyage de l'économie ukrainienne minée par la corruption, les subventions en tout genre, et le gaspillage". Parmi les mesures annoncées à mettre en place, l'Ukraine n'a pas d'autre choix que d'augmenter de 50 % les prix du gaz à partir du 1er mai. Une décision sur laquelle Le Monde revient en détail. Sont aussi annoncés le flottement de la monnaie, le gel des retraites, du salaire minimum, une politique budgétaire de rigueur, etc. La lutte contre la corruption est aussi un des gros dossiers auquel Kiev doit s'attaquer [Libération].

Ces contreparties seront le fardeau du prochain gouvernement, alors que la course à l'élection présidentielle du 25 mai prochain s'engage. L'ex-Première ministre Ioulia Timochenko a annoncé hier sa candidature [Libération], se présentant comme la "candidate de l'unité ukrainienne" [Le Monde], face au favori Petro Porochenko.

Concernant ces mesures à mettre en place, la presse fait état de "contreparties douloureuses pour la population" [Le Figaro], ou encore de "mesures d'austérité qui s'annoncent controversées" [Le Point]. "En Ukraine, la pilule du FMI passe mal" titre L'Opinion. Le chef du gouvernement ukrainien, Arseni Iatseniouk, annonce une période difficile : "Ces décisions ne susciteront pas les applaudissements, mais ce sont nos enfants qui nous applaudiront parce que nous aurons sauvé le pays" [Les Echos]. Un commentaire similaire a été fait par le gouverneur de la banque centrale ukrainienne, Stefan Koubiv : "Ce sera douloureux" [Le Figaro].

Mediapart rappelle les critiques dont a fait l'objet la stratégie de la Troïka pour le sauvetage de la Grèce : "Après de tels aveux d’échec, le FMI, pensait-on, allait tirer les leçons et changer ses méthodes d’approche. Erreur. Le FMI maintient sa ligne comme en Grèce, comme en Argentine, comme partout ailleurs", déplore la journaliste Martine Orange.

Pour l'instant, rien n'est encore définitif car le Conseil d'administration du FMI doit encore se réunir en avril pour avaliser l'accord donné par les députés ukrainiens [Le Figaro].

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